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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 15:37

 

Il est une ville, baignée par les eaux froides du Pacifique, qui ne ressemble à aucune autre. Une ville montagne russe où 47 collines jouent à saute-moutons. Une ville où le climat fantasque peut, en plein cœur de l'été, vous faire passer sans crier gare d'une chaleur étouffante à un froid mordant.

San Francisco, rebelle et fière de l'être, se moque bien des conventions.

 

 

Bien sûr, il y a les clichés, le Golden Gate, les cable cars, Alcatraz et les lions de mer de Fisherman's wharf, mais ce qui frappe le voyageur curieux, c'est qu'ici, à la différence de tant de cités qui déclinent l'infinie varieté des palettes de gris, on a vraiment l'impression que les habitants disposent en permanence d'un libre accès à une réserve inépuisable de peinture vive dont ils usent à discrètion.

 

 

 

Un peu partout en ville, on rencontre ces adorables maisons-patisseries aux teintes acidulées, qui paraissent tout droit sorties d'une BD haute en couleurs.

 

 

 

 

 

Ici, on aime sa ville et son joli pont, et on le fait savoir  Pas étonnant dans ces conditions si on le représente sur la façade de sa maison.

 

 

En fait, les murs de San Francisco racontent bien des choses. Qu'il s'agisse d'un imaginaire idyllique ou de la nostalgie des beaux jours du Summer of Love, là où est né le mouvement Hippie dans les années 60, les murs sont les médiateurs des aspirations, des révoltes et des rêves des habitants.

 

 

 

 

 

 

Mais ce qui caractérise par dessus tout, et qui a fait la réputation des fresques murales de San Francisco, c'est qu'ici, l'indignation s'est exprimée dès les années 80 à la brosse et au pinceau et se poursuit toujours aujourd'hui au pochoir et à la bombe aérosol.

A Balmy Alley, dans le quartier de Mission, qui jouxte Castrolà où flotte le drapeau arc-en-ciel des libertés homosexuelles, les déracinés mexicains, les Chicanos, dignes successeurs de Diego Rivera, rejoints ensuite par d'autres exilés de toute l'Amérique latine, ont peint sur les murs et les portes de garage leur désaccord avec la politique menée par les Etats Unis dans leurs pays d'origine, célébrant au passage Monseigneur Oscar Romero qui affirmait  :"Personne ne devrait jamais obéir à une loi injuste". 

 

 

 

 

 

C'est pourtant, au coeur du même quartier, à la vue de l'incroyable, de l'invraisemblable façade de la Maison des Femmes que l'on mesure vraiment l'extraordinaire force d'expression de l'imagerie murale. Ces fresques sont l'oeuvre de sept muralistas assistées de quelques volontaires, qui ont voulu ainsi glorifier le pouvoir féminin et les luttes des femmes à travers le monde.

 

 

 

 

 

 

Il y a des milliers de fresques murales à San Francisco. Si nombre d'entre elles sont toujours l'expression de revendications ou d'indignations, la pure expression artistique y tient toujours une large part et les centimètres carrés disponibles en certains lieux sont chèrement disputés.

 

 

 

 

 

 

 

Dans le quartier de Haight-Ashbury, un nostalgique du Flower Power est absorbé dans ses souvenirs. Le drôle de dinosaure disséqué par Nichos semble, lui, affalé sur les véhicules d'une civilisation qu'il a renoncé à comprendre.

 

 

 

Sur un mur de Clarion Alley, ou même le sol a été recouvert de dessins colorés, la rêveuse pêcheuse d'étoiles du regretté Moebius semble quitter avec regret le monde interstellaire.

 

 

 

Les feux dorés du couchant illuminent une dernière fois la Baie où se silhouette le célèbre pont qu'ici on aime tant.

Une ville décidément pas comme les autres...

 

 

oooOOOooo

 

 

 

 

 

Les couleurs de San Francisco

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commentaires

Frieda 29/01/2015 09:45

Il y a sur cette page
Un personnage et un BB sur ses pieds
Quelle Image!!!
Merci et belle journée
Frieda

Frieda 06/01/2015 19:10

Quel beau voyage!
Le poète dit dans sa chanson
Fais moi voyager....
Sans décoller
Sourires et merci
Frieda

Jean-François 06/01/2015 22:19

Un plaisir en vérité de faire partager les impressions fugitives d'une ville aussi fascinante et si différente des autres villes des Etats-Unis.Un endroit où l'on se dit que l'on aimerait bien vivre...
Merci Frieda pour la visite.

JACQUELINE 19/10/2014 12:26

Grandiose! La démesure est américaine dans les murales aussi! San Francisco la ville de toutes les expressions et celle des révoltes! Le pouvoir ne pourra jamais effacer l'expression!
Merci de ce grand bol...d'air frais!
Bonne semaine à venir

JACQUELINE 20/10/2014 13:26

tu preches une convaincue!!!!!!!!!!!!!! :-)
Rome est une découverte sans fin!!
A bientot!!

Jean-François 20/10/2014 11:55

C'est l'avantage d'être abonné à des revues comme 'Beaux Arts' !! Je te conseille aussi la visite des fresques de la maison d'Auguste au mont Palatin. Cela semble génial mais les visites sont limitées à 15 minutes par groupes de 20 personnes pour préserver le rouge pompéien. J'attend ton article à ce sujet !

JACQUELINE 19/10/2014 20:02

tu l's vu l'expo????

Jean-François 19/10/2014 19:20

Bonsoir Jacqueline. Merci pour la visite. Il y a tant de fresques à San Francisco qu'il était difficile de faire un choix pour cet article. Ce qui est surtout impressionnant, c'est le respect pour les œuvres Lorsqu'un tagueur vient gribouiller sur une fresque, il y a toujours un artiste - ils sont organisés en comités - qui vient réparer le dommage. Une leçon à méditer dans nos contrées...Il y avait aussi des instituteurs qui amenaient leurs élèves et qui leur expliquaient la signification des œuvres !
Bonne semaine. (Attention à l'expo à la Villa Médicis, c'est chaud !!) . .

midolu 11/10/2014 22:18

Bonsoir Jean-François. Je passais, pour voir (je ne reçois pas de notification d'article), et surprise ! Bonne surprise ! La " maison bleue " de Maxime est toujours debout, adossée à la colline ... Merci pour cette promenade, colorée, révoltée, résistante.
À bientôt. Avec mes pensées amicales.

Jean-François 12/10/2014 12:52

Merci Midolu pour la visite surprise. Il y a des centaines de maisons bleues à San Francisco. Pour la tranquillité de ses habitants, il eut mieux valu que Maxime ne retrouve pas la sienne à Castro, car elle est désormais le point de ralliement de touristes français qui chantent et fument sur le trottoir devant cette maison-symbole.. Il n'en demeure pas moins que la chanson traduisait bien l'esprit de ce quartier dans une ville que l'on quitte toujours avec regret. Bon dimanche Midolu.
Amicalement.

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