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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 18:00

Cette fois-ci, je vous convie à une promenade poético-relaxante, qui combine découverte pédestre et navigation tranquille sur ces canaux qui font le charme du Nord-Est de la capitale.

Départ du parc de La Villette dans le 19ème Arrondissement.

 

 

Non loin de l'embarcadère, là où le Bassin de La Villette rejoint le canal de l'Ourcq, le manège Jules Verne tourne inlassablement et le joli Nautilus bleu-pâle du Capitaine Nemo obtient toujours les faveurs des enfants épris d'aventure.

A la jonction du bassin et du canal Saint-Denis, les péniches amarrées ont des noms évocateurs;

 

 

Nous voilà partis. A l'entrée du canal Saint-Martin, un gentil réverbère semble veiller affectueusement sur les furtifs occupants temporaires de la berge.

 

 

Côté quai de Valmy, passée la place de la bataille de Stalingrad, les taggeurs et autres adeptes du street art ont donné libre cours à leur talent ou exprimé leurs révoltes.en couleurs somptueuses.

 

Mais revenons au canal Saint-Martin au fil duquel nous voguons maintenant paisiblement. Il relie le bassin de La Villette au port de l'Arsenal qu'il rejoint après 9 écluses et 2 ponts tournants et après avoir disparu sous terre, ou plutôt sous le boulevard Jules Ferry, le boulevard Richard Lenoir et la place de la Bastille, soit un total de.4,55 km, dont 2 en souterrain, pour une dénivellation totale.d'environ 25m.

Ce serait bien sûr un lieu commun que d'évoquer le charme incontestable de ce canal, avec ses écluses aux eaux bouillonnantes, ses élégantes et romantiques passerelles, ses berges bordées de platanes centenaires et ses rives où il fait bon flâner, truffées de restos sympa et de boutiques originales.

 

 

 

 

Bien sûr, un esprit chagrin pourrait se demander pourquoi a t'on affublé de noms lugubres certains lieux traversés, comme le bassin des Morts ou l'écluse des Morts, Tout bonnement parce que s'élevait là autrefois, dans le quadrilatère constitué par le quai de Jemmapes, la rue des écluses St. Martin, la rue Louis Blanc et la rue de la Grange aux Belles (un si joli nom...), le sinistre Gibet de Montfaucon qui pouvait exposer à la vue du bon peuple de Paris jusqu'à 50 pendus à la fois, à des stades divers de décomposition. Il a été détruit en 1760, mais sa simple évocation rafraîchit tout de même l'atmosphère.

Tiens, à propos d'atmoshère, voilà que le passage dans l'écluse des Récollets nous donne l'occasion de rêver devant le si romantique Hotel du Nord.

 

 

Même si le célèbre film de Marcel Carné fut en fait tourné aux studios de Billancourt et le décor de l'hotel entièrement reconstitué, il n'en demeure pas moins que l'endroit dégage un charme certain, même s'il ne s'agit plus que d'une façade et que le café-restaurant qui occupe le rez-de-chaussée a un décor d"époque" lui aussi reconstitué.

Passées les écluses du Temple, le canal disparaît sous terre dans ce que l'on appelle les voûtes. ll ne réapparaîtra à l'air libre qu'après la place de la Bastille, traversant la "marina" de l'Arsenal, plus évocatrice de plaisances hauturières que du coeur historique de la capitale.

Là dessous, il régne une atmosphère (décidément !) étrange.

 

 

La ventilation et l'éclairage des voûtes sont assurés par des "oculi", sorte de puits de lumière grillagés circulaires , espacés chacun de 60 ou 120 mètres, qui débouchent directement au dessus sur les squares et espaces verts de la longue promenade qui se termine au square St. Sabin.

 

 

Bien que cette pérégrination dans les entrailles parisiennes soit bien "envoûtante", il serait tout de même dommage de ne pas jeter un oeil sur ce qui se passe en surface où le trafic incessant du boulevard Richard-Lenoir ignore superbement qu'en dessous coule une rivière.

 

 

On a beau être un tag, on n'en a pas moins soif, semble affirmer ce personnage apperçu au travers des fontaines du square Richard-Lenoir et qui paraît absorber goûlument cette eau providentielle.

 

 

Et dire que certains prétendent qu'il n'y a pas de cigognes à Paris !!

 

Au numéro 57 du boulevard, un ancien hôtel particulier à l'impressionnante façade de style Louis XVI / Empire, tranche avec l'anonymat des immeubles environnants, évocateur d'un passé fort différent de la vie actuelle du quartier. 

Arrivés place de la Bastille, on ne peut qu'être saisi par ce maëlstrom incessant d'une circulation automobile débridée (sauf bien sûr si on continue à jouer les égoutiers dans le canal...). Il suffit pourtant d'à peine quelques pas pour vous retrouver hors du temps, hors du bruit et de la foule, avec l'impression d'être soudainement plongé plusieurs siècles en arrière quand les sabots des chevaux résonnaient encore sur les pavés.

 

 

Au débouché du boulevard Richard-Lenoir sur la place de la Bastille, tout près de l'accès au métro, l'entrée de la cour Damoye passe pratiquement inaperçue tant les terrasses des cafés sont envahissantes, pourtant, à peine franchi le seuil, on est en plein XVIIIème siècle. .et au calme. La cour pavée est bordée de beaux immeubles restaurés, caractéristiques de l'époque,avec boutiques d'artisans et poutres apparentes en rez-de-chaussée. Un vrai bonheur !

Le quartier Saint-Antoine est d'ailleurs prodigue en heureuses surprises.pour qui sait échapper au brouhaha incessant des voies principales.

 

 

Le passage du Cheval Blanc, par exemple, auquel on accède par un coude discret depuis la place, côté rue de la Roquette, offre une amusante succession de cours qui nous font voyager au fil du calendrer: cour Janvier, cour Février et ainsi de suite  jusqu'à Juin. Toutes sont bordées d'ateliers, certains à pans de bois datant du XIXème siècle, qui servirent longtemps de dépôts aux artisans du Faubourg.

Après avoir emprunté la rue de Lappe, plus active la nuit que le jour  et où les paveurs semblent n'avoir tenu aucun compte des instructions pourtant explicites de l'établissement devant lequel ils travaillent... 

 

 

...nous traversons la rue de Charonne et pénétrons dans le passage Lhomme qui sera l'aboutissement de cette deuxième balade parisienne.

 

 

Un hâvre de paix. On se croirait loin, quelque part en province..Les glycines embaument et les vignes s'accrochent aux façades. Fait plutôt rare à Paris, on entend les oiseaux...

 

 

Quelques anciens ateliers subsistent, fleurant bon la colle et le vernis, évocateurs de la vie du Faubourg au siècle dernier.

 

 

La porte défraîchie d'un garage d'antan nous laisse imaginer la sortie du dimanche de la torpedo de nos grands-pères.

Paris décidément n'en finit pas de nous surprendre.

 

oooOOooo

Balades à la rencontre d'un Paris insolite (2)

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Published by Jean-François
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marine D 03/09/2013 22:26

Il y a beaucoup de poésie dans ces anciens quartiers et le Canal Saint Martin, des lieux que j'aimeras découvrir...

Jean-François 04/09/2013 11:54

Flâner le long du canal St Martin est certes l'une des plus agréables balades que l'on puisse faire à Paris, mais il y en a bien d'autres et j'espère avoir l'occasion d'en présenter quelques unes prochainement.

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