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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 21:28

 

 

Imaginez un instant que le temps s'arrête et que d'un coup de baguette magique vous vous retrouviez dans la peau d'un voyageur intrépide parcourant l'Asie dans les années 1880 !!

Une expérience déroutante en vérité.

 

A cette époque, les grandes puissances européennes se partageaient le monde.

C'était le temps des colonies.

 

Les Indes étaient anglaises, Singapour et Ceylan étaient colonies de la couronne et la Birmanie ne tarderait pas à être occupée. Les français grignotaient peu à peu la totalité de la péninsule indochinoise. Ils bataillaient ferme au Nord contre les redoutables Pavillons Noirs de l'impératrice chinoise Cixi, et à l'Ouest contre les armées du royaume du Siam. Les hollandais de leur côté étendaient toujours un peu plus leur emprise sur l'archipel des Indes orientales au prix de combats incessants contre les belliqueux sultans de Sumatra et de Bornéo.

 

Le site d'Angkor venait d'être redécouvert.

Il y avait encore des samouraï au Japon et des tsars dans la Sainte Russie !!

 

Voyager à cette époque n'était donc pas une mince affaire.

 

Avant de poser le pied sur un quai grouillant d'une activité fébrile à Bombay, Colombo, Singapour ou Batavia, le voyageur avait eu tout loisir, au cours d'une interminable traversée maritime, de lier connaissance avec les autres passagers, fonctionnaires, militaires, missionnaires, diplomates ou commerçants qui, comme lui, se rendaient dans ces contrées exotiques et lointaines pour y exercer leurs fonctions ou tout simplement attirés par le goût du risque et l'appât du gain.

Fraîchement débarqué, le voyageur découvrait la moiteur du climat, la langueur tropicale, la beauté des femmes indigènes, la mousson, les torpeurs de l'opium, l'alcool, les fièvres .

 

Casque colonial et bottes étaient de rigueur si l'on s'aventurait hors du cercle restreint des blancs résidents, dont les épouses, qui s'ennuyaient ferme, organisaient sans relâche des fêtes où il était de bon ton d'être invité.

On ne s'intéressait guère en général à l'environnement local et à ses habitants. Il y eut même des lieux ou les serviteurs indigènes avaient interdiction de porter un vêtement au-dessus de la ceinture ! Question de bien montrer que l'on appartenait à un autre monde !

 

Photo d'époque. Auteur inconnu

 

Dans ce contexte, le voyageur aventureux qui se risquait sur des routes peu sûres pour admirer le paysage et qui se rendait dans les villages pour en rencontrer les habitants, faisait figure d'hurluberlu. S'il avait en plus l'intention de transporter avec lui l'encombrant matériel que représentait alors une chambre photo à soufflet avec ses accessoires, ce ne pouvait être qu'un fou.

 

Voici un album qui regroupe quelques unes de ces photos de voyage, que le jaune pisseux du papier albuminé ou le bleu de Prusse des cyanotypes rend émouvantes et fragiles. On y découvre des paysages tranquilles, des villageois vaquant à leurs tâches quotidiennes, des portraits indigènes, des ruines englouties dans leur gangue végétale.

 

Loin des mesquineries coloniales, du bruit de bottes des armées conquérantes et des ragots des cercles d'expatriés.

 

Si loin de nous... et pourtant si proche !

 

Aucune de ces photos n'est d'époque !! Magie du numérique et des logiciels de retouche ! Toutes les photos de cette vidéo ont été prises par l'auteur à l'occasion de divers voyages au fil des ans en Asie du Sud Est. Avouez tout de même que vous avez failli y croire !!

Le Voyage en Asie
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Published by Jean-François - dans Photographie - Asie - Art
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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 16:26

 

Un monde étrange les habite.

On y rencontre un bestiaire fabuleux, des dauphins, des tritons, des serpents, des sirènes, des batraciens, des tortues et des monstres marins de tous types.

On y rencontre des animaux mythiques, des lions, des chiens, des dragons, des chevaux, des centaures, des chimères, que sais-je encore.

On y rencontre aussi des titans, des esclaves, des cyclopes, des nymphes et des chérubins, des héros mythologiques et des dieux de l'Olympe.

Les fontaines monumentales, havres de fraîcheur et de sérénité, dont l'eau jaillissante et limpide, gargouillis à peine perceptible ou geyser grondant, nous attirent de façon magnétique.

Le monde étrange des fontaines s'est immobilisé dans des poses improbables. Les conques dans lesquelles les musiciens s'époumonent ne produisent aucun son, De la bouche des paysans changés en grenouilles les invectives sont muettes. L'aboiement des chiens, le rugissement des lions, le hennissement des chevaux est inaudible.

Ces animaux et ces personnages racontent des histoires dont la symbolique d'un autre temps nous échappe.

Seul nous parvient le bruit apaisant de l'eau.

Elle sourd de toutes ces bouches, humaines et animales.

Sa musique est un baume au cœur de l'été brûlant.

 

 

oooOOOooo

 

Fontaines
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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 18:06

 

Alors que je parcourais les salles de la très belle exposition que le Musée du Quai Branly consacra, l'hiver dernier; aux arts du Sepik, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le regard obsédant, inquisiteur et parfois halluciné des masques, sculptures et objets traditionnels de cette région, me fit soudain penser à cette croyance étonnante, étrange, incroyable même, qui connut son apogée en Mélanésie dans le courant du 20ème siècle, et que Gainsbourg chanta en son temps

 

le Culte du cargo

 

 

 

Il faut reconnaître que, pour les populations vivant en autarcie dans des régions montagneuses difficiles d'accès ou dans des poussières d'îles perdues au milieu du grand océan, le choc du premier contact avec l'homme blanc fut plutôt brutal, et l'espace-temps, pour ces populations, se trouva soudain raccourci de manière abyssale.

Lorsqu'en 1930, deux australiens, les frères Leahy, motivés par la recherche de métaux précieux - l'or, l'or toujours - se lancèrent dans l'exploration de ces montagnes intérieures de la Papouasie centrale, couvertes d'une jungle épaisse et jugées jusqu'alors inhabitées et infranchissables, ils étaient loin de se douter qu'un million d'hommes, totalement ignorés du monde, vivaient là, habitant des villages et cultivant leurs jardins sur les hauts plateaux ou dans les vallées profondes.

 

 

 

Le pas était franchi, ces populations se retrouvèrent, d'un coup d'un seul, propulsées dans le 20ème siècle.

Le film 'First contact' que les frères Leahy devaient produire bien après, illustre la totale stupéfaction des autochtones à la vue de ces fantômes pâles qui arrivaient par le chemin qu'avaient emprunté leurs ancêtres en route pour l'autre monde. Ces étrangers ne pouvaient toutefois être la réincarnation des ancêtres car ils parlaient un langage incompréhensible, transgressaient allégrement les tabous et ignoraient grossièrement les usages les plus élémentaires de la communauté.

Qui étaient-ils donc et d'où venaient-ils ?? Les Papous ouvraient de grands yeux.

A la peur initiale succéda une curiosité sans limite. Ils observaient les intrus sans relâche. Les étrangers étaient apparemment humains car ils déféquaient comme vous et moi !.

 

 

 

Dans l'impossibilité où ils étaient de concevoir d'où provenaient toutes ces richesses dont les blancs semblaient avoir un usage immodéré, ils en vinrent à considérer qu'il y avait un Dieu qui fournissait aux pâles étrangers tous ces biens dont ils ignoraient jusqu'alors l'existence. Cela devait faciliter grandement la tâche des missionnaires qui, avec les ethno-anthropologues de tous poils, ne tardèrent pas à emboîter le pas aux aventuriers-explorateurs afin, qui, de convertir, et qui, d'examiner de plus près, ces soit-disant 'rescapés de la préhistoire'.

Il était en effet aisé de convaincre ces indigènes crédules qu'un Dieu capable de fournir autant de choses merveilleuses, vêtements, nourriture, outils, médicaments et appareils divers, était infiniment préférable à des divinités ou des esprits qui ne savaient assurer que de maigres récoltes et l'élevage de quelques cochons. Les conversions suivirent en masse.

 

 

1942, Pearl Harbour, et bientôt le conflit le plus meurtrier de l'histoire ensanglante la quasi-totalité du Pacifique.

Les habitants voient, avec stupeur et crainte, les avions-bombardiers passer en rase-motte au-dessus de leurs villages. Ils assistent sur les côtes aux débarquement de troupes de diverses nationalités, engagées, avec des armes terribles, dans de féroces affrontements auxquels ils ne comprennent rien. Recrutés, parfois de force, dans les armées belligérantes, ils observent.

Ils observent ces bateaux qui déversent sur les plages des quantités inimaginables de matériel.et des soldats toujours plus nombreux.

Ils observent ces pistes d’atterrissage construites en pleine jungle en un temps record où des avions gigantesques déversent eux aussi leur lot d'équipement et de personnel.

Ils voient des hommes descendre des nuages suspendus à des voiles blanches...

 

 

 

Depuis quelque temps déjà, des mouvements animés par des 'prophètes' ont éclos un peu partout, mettant en doute la parole des missionnaires relative à ce Dieu-Providence dont ils parlent tant. Il n'est pas impossible après tout que Jésus soit en fait Papou, et certains vont jusqu'à affirmer que les premières pages de la Bible confirmant ce fait ont été volontairement arrachées afin de dissimuler la vérité aux indigènes.

Quant à l'énorme flux de marchandises - cargo en anglais - dont bénéficient les blancs, il serait en fait destiné aux Papous, mais les blancs, plus habiles et mieux organisés, l'aurait détourné à leur profit, coupant ainsi la relation directe entre les Papous et Dieu.

Différents personnages se déclarèrent 'messies' et s'employèrent à convaincre leurs adeptes qu'il fallait rétablir cette relation entre les Papous et Dieu afin de ramener le 'cargo' à ses propriétaires légitimes.

Ce fut le début du 'Culte du cargo', ou plutôt des cultes, car les formes en furent diverses et prirent parfois des aspects extravagants.

 

 

Des quais furent aménagés et des pistes d'atterrissage sommairement défrichées dans l'espoir que bateaux et avions viennent y décharger les marchandises tant convoitées. On construisit des tours de contrôle en bambou, on fabriqua des avions en paille, on bricola des talkie-walkie factices car on avait vu des militaires blancs commander par ce système l'arrivée du 'cargo'.

Dans certains villages, on transforma une case en bureau fictif car on avait vu les blancs s'échanger des morceaux de papier et cela devait sûrement conduire à l'arrivée des marchandises. On imitait partout les manières des pâles étrangers.

Mais les largesses escomptées n'arrivaient jamais.

 

 

 

Il arriva parfois que, sous l'influence d'un prophète, on alla trop loin, comme ce fut le cas en imitant la manière dont les blancs coupaient des fleurs pour les mettre dans des vases. Un prophète ayant décrété qu'il fallait détruire les récoltes pour amener l'âge d'or et l'abondance, l'administration coloniale intervint afin d'éviter la famine et envoya quelques leaders - qui avaient aussi des visées indépendantistes - constater en Australie, de leurs propres yeux, que le 'cargo' ne provenait pas du monde des esprits.,

Peter Lawrence a écrit, en 1974, dans son livre intitulé Les Cultes du cargo (p. 297-298, éditions Fayard) :

« Les indigènes ne pouvaient pas imaginer le système économique qui se cachait derrière la routine bureaucratique et les étalages des magasins, rien ne laissait croire que les Blancs fabriquaient eux-mêmes leurs marchandises. On ne les voyait pas travailler le métal ni faire les vêtements et les indigènes ne pouvaient pas deviner les procédés industriels permettant de fabriquer ces produits. Tout ce qu’ils voyaient, c’était l’arrivée des navires et des avions. »

 

 

On peut aussi imaginer sans peine l'ahurissement des autochtones lorsque, une fois la guerre terminée, ils assistèrent médusés au sabordage par les américains d'une partie de leur énorme matériel. Eux dont les conditions de vie étaient plutôt précaires, voyaient jeeps, péniches de débarquement, armement et surplus divers envoyés par le fond.

Les blancs étaient décidément bien difficiles à comprendre.

 

 

Un des prophètes toutefois, Paliau Moloat, est sorti du lot. Il était le fondateur du 'New Way of Paliau Church' qui fonctionnait à l'origine comme l'un de ces multiples 'Cargo cults'. Devenu leader indépendantiste, il goûta à diverses reprises aux geôles gouvernementales avant de contribuer réellement à la modernisation du pays, s'opposant notamment à la pratique des dots matrimoniales exubérantes et expliquant aux villageois qu'il était illusoire d'attendre l'arrivée d'un hypothétique navire ou avion chargé à ras-bord de marchandises désirables.

Il devint membre du Parlement et, à sa mort en 1991, ses disciples le désignèrent comme le dernier Prophète vivant.

Petit à petit, la modernisation rendait quelque peu douteux les cultes du cargo.

 

 

Il est un lieu cependant où ce phénomène devait perdurer jusqu'à nos jours. Dans l'île de Tanna au Vanuatu, les ex Nouvelles Hébrides, le culte de John Frum est encore épisodiquement pratiqué. Ce prophète avait annoncé la guerre du Pacifique deux ans avant sa survenue. Lorsque la guerre éclata, pour de bon, les églises se vidèrent et les fidèles devinrent des disciples de John Frum. Ce nom lui aurait été attribué ultérieurement par déformation de la manière dont les GI's américains saluaient les habitants : Hi, I'm John from America !

Toujours est-il que John Frum promettait maisons, vêtements, nourriture et moyens de transport et prônait un système économique basé sur l'échange, sans aucun instrument monétaire, chacun travaillant pour la communauté.

Aujourd'hui, on peut toujours découvrir à Tanna les croix de cérémonie, rouges comme celles qui étaient peintes sur les ambulances de l'armée américaine, marquant les lieux où se tenaient les réunions du culte.

 

photo en.wikipedia.org. croix John Frum sur l'île de Tanna - 1967

 

Les papous des hautes terres et les mélanésiens des îles oubliées se sont retrouvés trop vite confrontés à un monde matérialiste qu'ils ne pouvaient comprendre. Si l'on parle encore de cargo cult dans certaines régions du Pacifique, c'est à présent pour exprimer une résistance face aux valeurs des pays industrialisés.

Le terme de culte du cargo est toujours utilisé, y compris dans le langage informatique, pour désigner une forme de mimétisme consistant à imiter un système dont on ne maîtrise pas les rouages.

 

 

 

En sortant du Musée, poursuivi par le regard obsédant des masques du Sepik, les paroles de la chanson de Gainsbourg me trottaient dans la tête :

 

"Je sais moi des sorciers qui invoquent les jets

Dans la jungle de Nouvelle Guinée ... "

 

 

oooOOOooo

 

((sauf indication contraire, les photos ont été prises par l'auteur au Musée du Quai Branly, à l'occasion de l'exposition SEPIK - Arts de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

 

Le Culte du cargo
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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 17:45

 

Chaque année, traditionnellement en Juin et en Décembre, les grandes maisons de ventes aux enchères ayant pignon sur rue à Paris organisent des ventes de prestige de cet art qu'il est souvent convenu d'appeler tribal.

Sous ce vocable sont rassemblées des productions artistiques qu'à l'aube du 20ème siècle on désignait encore ignominieusement sous la dénomination d'art nègre et qui, au fil du temps, devinrent art primitif puis art tribal, avant d'être qualifiées, de façon plus ou moins égocentrique, d'art non-européen, ou bien extra-occidental, ou encore, plus généralement, d'arts lointains.. lointains par rapport à nous bien sûr...

La tendance est désormais en faveur d'une dénomination tenant compte de l'origine géographique des objets : art africain, art océanien, art amérindien etc. ce qui est tout de même plus approprié et convenable.

Les expositions publiques, qui ont lieu dans les quelques jours précédant les ventes, sont l'occasion pour le commun des mortels de franchir le seuil de ces respectables institutions et de venir fixer dans le blanc des yeux ces statues et ces fétiches qu'à l'origine ne pouvaient contempler, avec crainte et respect, que les rares initiés ayant accès à l'enclos sacré où ils étaient jalousement conservés.

 

 

 

 

On ne peut s"empêcher de penser, en regardant ces objets, que ce sont en fait, eux, qui nous regardent.

Habitués à la pénombre des maisons cérémonielles, les voila placés sur des piedestals, dans la lumière crue des projecteurs. Les visiteurs les examinent, de face, de dos, de profil. Cela rappelle vaguement, toutes proportions gardées, les marchés aux esclaves de triste mémoire.

Pour un peu, on leur demanderait de tirer la langue et on examinerait leur dentition...

 

 

.

 

Ils détenaient des pouvoirs magiques. Ils représentaient les ancêtres et leur permettaient de ne plus errer sans fin dans l'autre monde.

Les masques dansaient et régulaient la vie sociale de la communauté. Les voici devenus objets de vitrine..

Les statues ne quittaient pas le village et les voici devenues 'frequent travellers', habituées des vols inter-continentaux, traversant les océans d'une exposition à une autre, d'une salle des ventes à une autre, de musées en galeries et en collections particulières, achetées, vendues, exposées, prêtées, échangées, à un rythme souvent infernal.

Il y a de quoi, reconnaissez-le, avoir l'air un peu étonné de se trouver là.

 

 

 

 

Au pied des objets, des cartons indiquent leur provenance et donnent leurs mensurations. 

Au cours des ans, ces cartons n'ont cessé de gagner à la fois en hauteur et en largeur.

En hauteur, parce que la liste des possesseurs successifs des objets s'allonge au fil du temps : collection de M. et Mme X., collection du baron Y, collection de son excellence Z... Une garantie d'authenticité en fait car plus un 'pedigree' sera imposant et plus les chances seront grandes d'avoir affaire à un objet ancien, peut-être même d'origine 'pré-contact' comme on dit gracieusement pour signifier que l'intrusion blanche n'avait pas encore pollué les rites ancestraux autochtones. Les faussaires sont si habiles !

En largeur, parce qu'à des estimations à six chiffres, il arrive que se substituent des enchères à sept chiffres pour les objets de prestige dont certains ont connu l'atelier de Picasso ou vécu un temps sur le bureau d'un écrivain célèbre.

Et dire que les plus anciens d'entre ces objets ont peut-être été acquis à l'origine en échange d'un lot de verroterie de bazar ou d'une herminette en fer et quelques cartouches !!

 

 

 

 

Rescapés, pour les plus vénérables, des autodafés missionnaires, les voici à présent condamnés à brûler au feu des enchères. .

La competition sera féroce pour l'acquisition de ces nobles témoins d'un passé révolu.

Lorsque le marteau du commissaire-priseur concluera une lutte homérique entre de mystérieux enchérisseurs au téléphone, l'assistance fascinée applaudira à l'annonce du montant sidéral qui permettra à l'objet-phare de la vente de rejoindre la collection d'un amateur fortuné à Kansas City, Londres ou Genève. 

 

 

 

 

N'allez pas croire cependant qu'une fois la vente terminée vous ne reverrez plus cette superbe statuette que vous admiriez tant, car il y a de fortes chances qu'elle réapparaisse à l'occasion d'expositions aux quatre coins du globe.

Le démon de la spéculation étant un vil tentateur, il y a également de fortes probabilités pour que la dite statuette reprenne l'avion pour se frotter à nouveau au feu brûlant des enchères.

Le pedigree sur le carton explicatif mentionnera alors un nouveau possesseur et le prix estimatif sera quelque peu 'ajusté'...

 

 

 

 

 

Telle est la folle vie de ces chefs-d'oeuvre qui n'avaient pas été conçus comme art mais dont les qualités artistiques ont tardivement été reconnues et admirées.

On doit humblement admettre que l'on ignore parfois quelle en était la fonction précise mais un fait demeure : ils sont toujours indéniablement habités et une force singulière s'en dégage.

 

 

 

 

Ils poursuivront leur course à travers le monde, indifférents à l'agitation financière que leur commerce fait naître

Les musées eux-mêmes ne constitueront peut-être pour eux qu'un havre temporaire, car les musées aussi achètent, vendent, prêtent et échangent.

Ils continueront à nous observer de leurs yeux miroirs. Parfois, au contraire, leurs yeux mi-clos nous feront comprendre qu'ils ont accès à un monde dont nous sommes à jamais exclus.

 

 

.

 

 

oooOOOooo

 

 

 

(Toutes les photos ont été prises par l'auteur à l'occasion d'expositions publiques chez Christie's, Sotheby's et Artcurial, Paris)

 

Chères enchères
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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 17:03

 

     "Je ne sais pas parler de la Mer.

Tout ce que je sais,

c'est qu'elle me débarrasse soudain

de toutes mes obligations.

Chaque fois que je la regarde,

je deviens un noyé heureux"

 
                                                                                      Romain Gary

 

oooOOOooo

 

Pour les vagues, le rivage est l'aboutissement,

la fin d'un long voyage.

Pour qui regarde la Mer se briser obstinément sur le rivage,

c'est une toute autre affaire.

Une voix.

Une voix qui peut n'être qu'un léger souffle,

ou parfois s'enfler jusqu'à devenir hurlement.

Une voix venue de l'infini qui ouvre grand nos portes,

qui nous nettoie en dedans,

qui nous aère, nous dénoue, nous déverrouille

et nous laisse en fin de compte innocents et fragiles

face à l'immensité d'un Monde sans entraves.

 

 

Rivages
Rivages
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Published by Jean-François - dans Photographie - Mer
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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 18:33

 

Dans le merveilleux Jardin Exotique de Monaco, il est tout-à-fait possible d'imaginer qu'un coup de baguette magique vous a soudain transporté au cœur désertique du Nouveau Mexique.

Un Nouveau Mexique sans crotales, serpents cracheurs, scorpions et autres tarentules, et où la température diurne serait devenue miraculeusement plus conforme à nos conceptions d'une chaleur supportable.

Le Jardin Exotique de Monaco, nul ne l'ignore tant il est mondialement connu, abrite la plus belle collection qu'il soit possible de rêver, de ces plantes que l'on désignait autrefois vulgairement sous le vocable de 'plantes grasses' et que l'on nomme désormais plus délicatement, des succulentes.

Un monde d'agaves, d'aloès, de yuccas, de cierges, d'euphorbes, d'échinocactus et de melocactus et de tant d'autres espèces, un monde à donner le tournis au plus aguerri des cactophiles.

Et, cerise sur le gâteau - pardon, floraison sur le cactus - cette explosion épineuse déroule langoureusement ses fastes sur les pentes d'un impeccable jardin de rocailles.

Un lacis d'allées, de passerelles et d'escaliers offre à chaque instant, et de vertigineuse manière, ce que les dépliants touristiques appelent communément 'des vues à couper le souffle', sur la Grande Bleue scintillante, la sublime baie de Monte Carlo, et le célèbre rocher d'un Prince qui aimait tant la mer que, vu de loin, il donne l'impression qu'à son tour il va larguer les amarres et suivre les blancs paquebots qui croisent sous le soleil.

Les images ce cette vidéo ne sont pas une présentation à proprement parler du Jardin Exotique, mais une suite d'impressions visuelles, d'éblouissements, de sensations, et surtout de regards scrutant la texture, la géométrie étrange de ces plantes fascinantes et mystérieuses dont l'originalité ne cesse de surprendre.

 

oooOOOooo

 

Au Jardin Exotique de Monaco
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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 12:05

 

Il est un lieu à Paris où les statues sourient.

On serait même tenté de croire que ces sourires vous sont destinés. tant ils accompagnent obstinément votre déambulation tout au long des salles de cet endroit hors de l'agitation urbaine.

Une sensation bien apaisante à dire vrai en ces temps troublés.

Bien entendu, si les statues sourient ainsi ce n'est pas parce qu'elles apprécient particulièrement votre visite, mais plutôt parce que leur créateur a voulu traduire la sérénité irradiante et bienveillante qui émane des heureux élus ayant atteint le chemin de la sagesse.

Vous l'aurez deviné, ces sourires sont l'image de la paix rayonnante qui anime beaucoup de représentations bouddhiques.

Ils traduisent aussi la grâce infinie de certaines divinités du panthéon hindouiste ou bien encore évoquent la beauté fragile de civilisations éphémères et trop tôt disparues.

Ils éclairent votre parcours au sein de l'une des plus belles collections au monde de statuaire asiatique (compensant aussi parfois quelques spots défaillants ...), celle du musée Guimet, place d'Iéna, à Paris.

 

Un havre de sérénité.

 

 

ooo000ooo

 

Sourires
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Published by Jean-François - dans Photographie - Asie - Art
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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 18:06

 

On ne fait pas la grasse matinée dans la plus grande volière au monde !

Dans le Pantanal, à peine les premières lueurs de l'aube ont-elles commencé à dissoudre l'obscurité, que des milliers et des milliers d'oiseaux, des grands, des petits, des minuscules, des ras sur pattes ou au contraire juchés sur d'interminables échasses, décident brusquement, mais dans un désordre absolu, de participer à la grande cérémonie quotidienne : l'ouverture symphonique et cacophonique célébrant la naissance du jour..

 

jacquespoulardphoto.fr

 

Dans le cadre d'une compétition destinée sans aucun doute à démontrer que, dans le tintamarre général, il est toujours possible de surpasser son voisin, c'est à qui chantera, pépiera, sifflera, jacassera, caquetera ou trompettera le mieux et le plus fort..

Cependant, dès que le jour prend de la vigueur, la competition des ramages cède peu à peu la place à la confrontation des plumages. 

Il serait vain de décrire ici la diversité des livrées de tous ces volatiles tant est riche la palette de coloris dont ils se parent et qu'aucun nuancier ne parviendrait à assembler.

 

 

photo tourisme-brazil.com

 

Aigrettes neigeuses à la blancheur immaculée, spatules roses, ibis rouges ou verts, pénélopes bleues, toucans bicolores, moucherolles vermillon, paroare à tête écarlate et bec jaune, aras multicolores, la gamme est vaste jusqu'à l'emblématique ara hyacinthe, devenu rarissime, dont le bleu profond aurait rendu Yves Klein lui-même vert de jalousie. 

 

blogdestinomundo.com

 

Tout ce beau monde va désormais se livrer à l'activité commune à tous les animaux de la création : la quête continue et obsessionnelle de nourriture.

Une recherche tellement importante aux yeux de l'impatient hocco qu'il en oublie toujours de se coiffer avant de partir déjeuner !

 

photo tourisme-bresil.com

 

C'est au beau milieu de cette effervescence matinale que dame caîman était venue prendre position, surveillant sans en avoir l'air les déplacements d'une colonie de piranhas. 

On aurait pu croire qu'il s'agissait d'une branche dérivant à la surface de l'eau tant son immobilité était parfaite.

 

 

C'est alors qu'apparut sur la berge un magnifique cheval blanc.

Il était seul et resta lui aussi un long moment immobile, plongé sans aucun doute dans ses pensées équestres.

Notre caîmane en resta bouche bée, ce qui, après tout, n'est pas une attitude si inhabituelle que cela pour un caïman.

Elle ne pouvait simplement pas détacher son regard de cette blanche apparition.

 

 

Dire que ce fut un coup de foudre serait un bien faible mot, car longtemps qprès que le cheval eut disparu, elle demeura comme paralysée, oubliant même - fait exceptionnel - son petit déjeuner de piranhas.

Dès lors, elle n'eut plus qu'une idée en tête, revoir au plus vite le beau cheval blanc ..

 

 

 

Elle se mit à le guetter lorsqu'il se reposait dans son enclos.

Elle avait repéré les heures auxquelles il avait l'habitude de venir boire.

Elle se cachait alors et le contemplait de loin, dissimulée derrière un tapis de plantes aquatiques.

 

 

 

Puis, s'enhardissant peu à peu, elle se rapprocha chaque jour davantage jusqu'à venir s'immobiliser en face du groupe de chevaux qui se désaltéraient.

 

 

 

Elle pouvait passer ainsi des heures et des heures sans bouger, bien après que le groupe de chevaux se fut éloigné, repassant dans sa tête la blanche apparition.

Elle en vint même à le suivre quand il transportait des touristes en balade dans le marécage.

 

 

photo hiddenpousadasbrazil.com

 

Une telle situation ne pouvait passer longtemps inaperçue.

Le Pantanal a son concierge, le kamichi à collier, un gros oiseau un peu balourd, par ailleurs excellent nageur et planeur de haut vol, qui passe le plus clair de son temps juché au sommet des arbres à surveiller les allées et venues des habitants de ce domaine lacustre.

Rien ne lui échappe, ce qui, à l'occasion, présente l'avantage d'avertir tout le monde d'un danger immédiat, son cri tonitruant s'entendant à des kilomètres à la ronde.

 

 

Le kamichi avait bien entendu remarqué le manège de la caïmane.

On ne tarda donc pas à jaser dans les branchages.

 

 

Le grand héron cendré se tordit le cou pour avoir trop voulu observer une affaire aussi insolite.

 

 

Le milan des marais s'apitoya sur le comportement déplorable de l'infortunée caïmane qu'il voyait passer et repasser sous son perchoir.

 

 

Les palmipèdes bien-pensants s'offusquèrent.d'une situation aussi contraire aux bonnes moeurs.

 

 

Toute entière à sa poursuite du beau cheval blanc, notre caïmane en était arrivée à délaisser son nid, une faute impardonnable compte-tenu du nombre de prédateurs potentiels ravis de profiter d'une telle négligence. 

 

 

C'en était trop pour la famille qui décida de réunir un grand conseil auquel assistèrent même de lointains cousins venus des quatre coins du grand marécage.

 

photo tourisme-brazil.com

 

L'adulation de l'espèce chevaline n'entrant pas dans les normes comportementales habituelles des caïmans, la coupable fut vertement réprimandée et priée, sous peine d'exclusion définitive de la communauté, de s'en tenir aux us et coutumes de l'espèce.

Tout rentra donc dans l'ordre, et la vie au Pantanal put reprendre son cours normal.

 

 

A la saison humide, quand le soir descend à nouveau sur les prairies inondées et que l'obscurité commence à estomper les contours du paysage, on peut apercevoir, si on éclaire la surface de l'eau avec une torche, des dizaines de petits points lumineux qui vont par paires.

 

 

Ce sont les yeux des caïmans.

Il n'est pas inconcevable que, dans l'un de ces regards, subsiste encore l'image lumineuse d'un beau cheval blanc qui avait un temps jeté le trouble dans l'âme innocente d'une jeune caïmane.

Elle avait fini par admettre que les chevaux et les caïmans ne peuvent entretenir de liens affectifs durables.

 

 

 

(N.B. C'est toujours à dos de cheval - et non à califourchon sur un caïman - que les touristes découvrent le Pantanal et s'émerveillent de la beauté sauvage de ce site que l'on a qualifié de 'tableau vivant' ...)

 

 

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(photos de l'auteur, sauf indications contraires)

 

Le Caïman amoureux (2)
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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 22:10

 

Je m'en vais vous conter une histoire à laquelle il vous sera peut-être difficile d'adhérer.

Il était une fois une dame caïman - une caïmane si vous préférez - qui était tombée amoureuse d'un beau cheval blanc.

Tout à fait abracadabrantesque, penserez-vous.

Je vous rétorquerai qu'il n'y a pas si longtemps de cela, vous aviez fini par admettre qu'en dépit des difficultés, un petit oiseau et un petit poisson pouvaient fort bien s'aimer d'amour tendre.

 

Patrick O'Reilly - 'Chacun y trouve son compte' bronze - 2003

 

Alors, pourquoi pas une caïmane et un beau cheval blanc ?

La scène se passe au Brésil, dans le Pantanal, une immense zone inondable, grande comme la Belgique et plate comme une galette, qui se trouve dans le centre/sud-ouest du pays, à la limite de la Bolivie et du Paraguay.

 

 

 

Pendant 4 à 6 mois de l'année, durant la saison des pluies, les fleuves, notamment le rio Cuiaba et le rio Paraguay, débordent.

Le Pantanal est alors complétement noyé sous les eaux,

C'est la plus grande zone humide de la planète, et y parvenir à cette époque, ou immédiatement après, n'est pas une mince affaire.

 

 

 

Si toutefois vous parvenez à destination, vos yeux émerveillés découvrent un paradis originel, une extraordinaire réserve de flore et de faune sauvage que l'on a parfois surnommée :

le 'diamant vert du Brésil'

 

photo mauriciotravels.com

 

 

Pour ne parler que de la faune, songez que pas moins de 650 espèces d'oiseaux ont été répertoriées là,

Une liste, même incomplète, des innombrables espèces animales, allant du minuscule moustique au jaguar, qui ont élu domicile dans ce marécage géant, prendrait des pages et des pages..

Il convient tout de même de préciser que la probabilité de rencontrer un moustique est infiniment supérieure à celle de se trouver nez à nez avec un jaguar.

On peut très bien passer une vie entière dans le Pantanal sans apercevoir ne serait-ce que l'ombre de la moustache de ce noble félin.

 

                                                                                                                     ara bleu

 

                                                                                                                                                                                               tapir

 

                                                                                                                                                                                         capivara

 

Mais notre propos n'étant pas de parler des tapirs, tamanoirs, paresseux, capivaras, loutres géantes, anacondas et autres singes hurleurs qui peuplent ce paradis perdu, revenons donc à notre surprenante histoire.

Quand l'eau commence à transformer les prairies en lacs et que la décomposition des organismes végétaux donne aux marigots une étrange coloration rougeâtre, il y a deux catégories d'animaux qui deviennent incontournables dans le Pantanal :

les chevaux et les caîmans

 

 

 

 

Dans ce monde où l'on ne sait plus très bien où commence l'eau et où finit la terre, le cheval -  mis à part le bateau bien sûr - demeure le moyen de locomotion le plus commode.

Il n'est pas rare de rencontrer en chemin, les pantaneiros qui accompagnent leurs troupeaux, véritables centaures qui semblent ne faire qu'un avec leurs montures.

 

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photo wwf.org.br

 

Quant aux caïmans, on ne peut pas les manquer, ils sont partout !

Alors qu'en saison séche ils s'enterrent dans la boue pour noyer leur chagrin, dès qu'arrive la saison des pluies, ils ne se sentent plus de joie et envahissent allégrement cet immense et providentiel terrain de chasse. 

 

 

 

Les caïmans du Pantanal n'ont rien de commun avec leurs cousins les crocos africains, ces gros monstres qui passent le plus clair de leur temps la gueule ouverte, à attendre qu'un oiseau obligeant ait la bonté de venir leur nettoyer les crocs.

 

photo DDEA EDO photography

 

A côté de ces rescapés de la préhistoire, dans le gotha des sauriens, les caïmans font figure d'aristocrates, plus fins, plus racés, plus subtils, avec ce soupçon d'ironie qui leur donne l'air en permanence de se moquer du monde.

 

photo intolatinamerica.com

 

Ils ne sont que modérément dangereux pour l'homme, étant entendu qu'il est préférable que les jeunes enfants ne prennent pas la berge pour un terrain de jeux.

Le Pantanal n'est pas vraiment fait pour les petits enfants. mais qui aurait d'ailleurs l'idée saugrenue d'ouvrir une garderie au coeur du Pantanal ?

La nourriture favorite des caïmans, ce sont les piranhas.

Personne à ce jour n'a exprimé la moindre plainte à ce sujet. 

 

 

photo intolatinamerica.com

 

Deux espèces de caïmans fréquentent assidument le Pantanal, 

Il y a les caïmans à lunettes. Ils sont ainsi nommés, non parce que leur vue déficiente les oblige à porter cet accessoire, mais en raison d'une protubérance osseuse entre les yeux qui évoque vaguement la forme d'une monture.

Leurs proches parents, les jacaré, ont les dents du dessous qui ressortent lorsqu'ils ont la gueule fermée.

On les surnomme caïmans piranhas, c'est tout dire ! 

 

 

Le décor étant posé et les acteurs étant en place, il serait peut-être temps à présent d'en arriver à notre histoire de passion entre une dame caïman et un beau cheval blanc.

Mais voici que tout à coup la nuit tombe sur le Pantanal ...

 

photo tourisme-bresil.com

 

 

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(photos de l'auteur, sauf indication contraire)

 

à suivre ...

Le Caïman amoureux (1)
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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 23:52

 

Lorsqu'on descend le cours d'un fleuve et que l'on regarde la rive défiler lentement sous nos yeux, on a toujours l'impression que ce sont les berges qui glissent doucement, comme dans un film, alors que ce sont le fleuve et le bateau qui bougent.

Il nous semble que les gens sur la berge, les animaux, les maisons, les montagnes au loin se déplacent dans le sens contraire de notre marche, alors qu'ils sont immobiles.

En fait, ce sont les gens sur la berge, les animaux, les maisons, les montagnes au loin qui nous regardent passer.

Ils continueront à regarder le fleuve, même quand nous aurons disparu.

Nous aimerions aller à la rencontre de ces gens sur la berge, voir de près ces animaux, ces maisons, ces montagnes au loin, mais le fleuve ne s'arrête jamais. Il nous emporte et nous poursuivons inexorablement notre voyage.

 

La vidéo jointe déroule, au rythme lent du Fleuve, quelques souvenirs de beaux voyages effectués dans divers pays d'Afrique, d'Amérique et d'Asie.

 

" Tout ce que l'on voit passe avec le temps et rien de ce que nous voyons n'est stationnaire.

Le nom du Fleuve reste, mais l'eau s'est écoulée "   (Sénèque)

 

 

 

 

Au Fil du Fleuve
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Published by Jean-François - dans Photographie - Voyages
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  • : Pourquoi ce blog? Pour ne pas oublier tous ces rivages, proches ou lointains, que j'ai connus, pour faire partager ces regards, ces visions, ces impressions fugaces, ces moments suspendus et qui ne se reproduiront plus, pour le plaisir de montrer des images et d'inventer des histoires, pour rêver tout simplement..
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