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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 18:48

 

Sigiriya, inscrit au patrimoine mondial par l'UNESCO, est le site archéologique le plus visité du Sri Lanka.

Sirigiya, c'est le rêve insensé, au Vème siècle de notre ère, d'un souverain parricide qui, pris de remord et craignant une réincarnation fatale, décida de transférer sa capitale au sommet d'un énorme et mystérieux rocher, monolithe posé en plein coeur d'une jungle hostile.

 

 

Sirigiya, c'est la volonté de recréer le paradis sur terre, un lieu de beauté où tout serait en harmonie avec la nature, dans un splendide isolement, loin de la fureur destructrice des hommes.

Sirigiya, le 'rocher du lion', ainsi nommé parce que, au stade ultime de l'ascension pour parvenir au saint des saints, le palais du roi au sommet du monolithe, il fallait passer entre les pattes d'un énorme et impressionnant lion de pierre, peint de vives couleurs.

Il n'en reste aujourd'hui que les griffes.

 

 

Depuis le toit du rocher, où avaient été aménagés jardins parfumés, piscines et parterres fleuris autour des habitations royales, le souverain pouvait contempler, quelques deux cents mètres plus bas, le bel ordonnancement de sa capitale et l'harmonieuse disposition des douves, bassins, étangs et jeux d'eaux, alternant avec les corps d'habitation, les parcs ombragés et les jardins de pierre utilisant habilement la configuration naturelle du terrain où d'imposants blocs rocheux émergeaient du sol.

 

 

Là-haut, lorsque les brumes du matin enveloppaient le rocher, le roi pouvait se sentir l'égal d'un Dieu, dominant le reste du monde.

 

 

Pour accentuer cette impression, il avait fait recouvrir le rocher d'une couche d'un plâtre blanc lumineux. Vu d'en bas, cela donnait l'impression que le rocher flottait comme un nuage habité par des êtres divins.

Il avait en outre demandé à ses artistes de peindre sur ce revêtement des images féminines à la beauté rayonnante, témoignant ainsi de l'opulence et de la grandeur du souverain.

 

 

 

 

Richement parées et représentées à mi-corps, elles paraissaient flotter dans l'espace, telles des nymphes célestes.

Les chroniqueurs assurent qu'il y avait un total de quelques cinq cent figures féminines qui agrémentaient ainsi le blanc nuage. Quinze siècles plus tard, elles ne sont plus que vingt et une à avoir échappé aux outrages du temps car protégées par une anfractuosité du rocher.

 

 

 

En 1967, ces dernières survivantes faillirent bien disparaître à jamais, victimes d'un vandalisme qui effaça irrémédiablement le visage de deux d'entre elles et recouvrit les autres d'une peinture verte que les autorités sri-lankaises eurent bien de la peine à éliminer, au prix sans doute d'un certain défraîchissement des vives couleurs originelles.

 

 

L'dentité de ces demoiselles a fait couler beaucoup d'encre.

A la différence de leurs consoeurs indiennes d'Ajanta, toute connotation religieuse est absente. Ce sont des êtres de chair et de sang, à la féminité triomphante, incroyablement vivantes, aux formes généreuses, voluptueuses et désirables, mais jamais provocantes. Elles célèbrent le pouvoir et la splendeur du maître de la cité des dieux.

 

 

L'hypothèse la plus vraisemblable est que les jeunes femmes du harem royal servirent de modèles à ces fresques délicates, sans doute les plus belles que l'on puisse trouver datant de cette période et qui prouvent la très grande habileté des artistes au service du roi.

Cette hypothèse est confortée par le fait que toutes portent au cou un très fin tatouage en forme de petit collier, probable témoignage de leur appartenance au souverain.

 

 

 

 

Toutes portent une profusion de bijoux précieux, mais certaines d'entre elles arborent en outre des coiffures très élaborées et des rangées de bracelets, pouvant signifier qu'il s'agissait de membres de la famille royale, accompagnées de leurs suivantes.

 

 

Images fragiles, émouvantes, aux couleurs vibrantes, parfois à demi effacées, ces demoiselles au sourire énigmatique fascinent toujours, comme elles ont dû à l'époque fasciner les visiteurs de ce monarque qui se prenait pour un dieu.

 

 

A la dix-huitième année de son règne, apprenant que son frère, décidé à venger la mort de leur père, approchait de la citadelle à la tête d'une armée, le roi, sourd aux conseils de ses mages, descendit de son rocher pour aller le combattre. Trahi par son chef des armées qui fit battre ses soldats en retraite, il se retrouva seul, isolé, sur son éléphant de guerre.

Les chroniqueurs racontent que, plutôt que de se rendre, il préféra se trancher la gorge avec sa dague sertie de pierres précieuses.

Il s'appelait Kasyapa. Il avait régné de 477 à 495 de notre ère.

C'en était fini d'un beau rêve. Il n'avait duré que dix-huit ans, dix-huit petites années, une infime goutte d'eau dans l'océan de l'histoire. 

 

image web, vue aérienne du site

Délavé par les pluies tropicales, le blanc nuage se dissipa peu à peu et le grand monolithe retourna se poser au milieu de la jungle. 

Reconverti un temps en monastère par les prêtres qui n'avaient que modérément apprécié cet étalage de plaisirs séculiers, le site, qui terrorisait les habitants de la région, qui le pensaient hanté, finit par sombrer dans l'oubli.

Quinze siècles s'écoulèrent, jusqu'à ce jour de 1831, où un officier britannique, venu chasser l'éléphant dans les parages, ne le redécouvrit, rongé et envahi par une épaisse végétation.

 

 

On peut se demander si ce roi tourmenté, qui avait soulevé une montagne pour en faire le siège céleste de son pouvoir divin, trouva quelque repos dans une vie ultérieure.

Toujours est-il que son palais reste à ce jour bien protégé. D'énormes essaims de frelons, que les anglais appellent 'hornets' ont vaillament résisté à toute tentative d'éradication. On les surnomme les 'gardiens de Sigiriya'.

 

 

Ils inspirent une crainte respectueuse aux essaims de touristes qui montent à l'assaut du site aux heures chaudes de la journée.

Peut-être au fond est-ce pour cela que les demoiselles survivantes ont conservé leur énigmatique sourire ??

 

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Les Demoiselles de Sigiriya
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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 22:42

 

 

Essai

- toujours aussi téméraire - 

d'illustration 

du poème d'Arthur Rimbaud

'Le Bateau Ivre'

(2ème partie)

 

Ferdinand Hodler - 'Le lac de Thoune et le glacier de Stockhorn' huile sur toile, ca 1913

 

Henri (le Douanier) Rousseau - 'La Charmeuse de serpents' - huile sur toile - 1907 - (détail)

 

Australie, dans l'aquarium de Sydney

 

Mouette à tête noire dans les Caraïbes

 

Moorea, l'île soeur, apperçue de Tahiti au crépuscule

 

Algues en mer Rouge

 

Australie, envol de sternes dans la région de Melbourne

 

Bill Viola, projection vidéo - 'Ascension' - 2000

 

Emil Nolde -'Mer au crépuscule avec voilier' - Aquarelle - ca 1930

 

Chili, épave sur une plage de l'île de Chiloé

 

Emil Nolde - 'Deux bateaux à vapeur' huile sur toile

 

Emil Nolde - 'Mer bleu-jaune' - Aquarelle

 

Jean-Michel Othoniel - 'Le Bateau de larmes' - 2005  et figures de tatouage

 

Emil Nolde - 'Soleil du tropique' - huile sur toile - 1914

 

Brésil/Argentine, dans la région des chutes d'Iguazu

 

Italie, crépuscule sur la 'passeggiata al mare'de Nervi, Ligurie

 

Crépuscule sur la côte sud-est australienne

 

Scène nocturne à Moorea, Polynésie française

 

Afrique du Sud, lever du soleil près du Cap

 

Emil Nolde - La Mer III' - huile sur toile - 1913

 

Flaque d'eau - image web, photo de Michèle Trinckquel

 

Paris, dessin de 'Seth' (Julien Malland) sur un mur du quartier de la Butte aux Cailles

 

Anonyme, huile sur toile - 'Trois-mâts barque'

 

Zeng Fanzhi - 'Swimming' - huile sur toile - 2006 et surimpression d'une représentation ancienne des pontons de Cadiz

 

 

 

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Hommage à Arthur Rimbaud (2)
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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 22:45

 

Essai

 - quelque peu téméraire - 

d'illustration

du poème d'Arthur Rimbaud

'Le Bateau Ivre'

(1ère Partie)

 

Brésil, sur le rio Negro

 

Danse du soleil Cheyenne - vers 1850

 

Caterina Brunetto - 'Voilier' - huile sur toile

 

Laos, sur le Mékong

 

Sur une plage de Thaïlande

 

'Les Quatre cents coups' - Antoine sur la plage - film de François Truffaut - 1959

 

'Emporté par le vent' - aquarelle de Winslow Homer - 1904

 

Phare en Méditerranée

 

Sur une plage du Brésil

 

'Requins (l'Epave)' - aquarelle de Winslow Homer - 1885

 

Catherine Van den Steen - Genèse. Ciel et mer' - huile sur toile - 2005

 

Vidéo de Bill Viola - 'The Dreamers' - 2013

 

Sur une plage d'Afrique du Sud au lever du jour

 

Afrique du Sud, coucher de soleil près de Capetown

 

Brésil, scène d'orage dans le Pantanal

 

envol de colombes - image web

 

Coucher de soleil dans les Caraibes

 

En mer, quelque part

 

aurore boréale - image web

 

Extrait de la vidéo de Bill Viola - 'Fire Woman' - 2005

 

 

Gros temps en Méditerranée

 

 

Italie, la Vierge de Portofino un jour de tempête

 

''Dans la jungle, Floride' - aquarelle de Winslow Homer - 1904

 

Arc-en-ciel sur un rivage - image web

 

Bolivie, dans le Salar de Uyuni

 

Brésil/Argentine, dans la région des chutes d'Iguazu

 

 

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Hommage à Arthur Rimbaud
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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 17:34

 

 

Avec le souhait que la Nouvelle Année,

qui nous tend les bras,

apporte à tous les visiteurs de ce modeste blog,

fidèles, occasionnels ou accidentels,

autant de grands et de petits bonheurs.

 

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Published by Jean-François - dans Photographie - Asie - Art
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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 17:22

 

 

En ce temps là, l'Univers n'était qu'incandescence.

 

 

Des soleils aveuglants illuminaient des astres en fusion.

 

 

 

Le Monde était magma, éruptions, cataclysmes.

 

 

 

 

Rien n'était défini, tout était en naissance.

 

 

 

 

Lorsque le froid survint, tout soudain se figea.

 

 

Palais étincelants, cathédrales englouties, cascades pétrifiées, orgues opalescentes, les roches évoluèrent sous le regard hypnotique d'un soleil indigo.

 

 

 

 

 

 

Bien après que la Mer eut submergé la Terre, les gemmes se souvinrent des mondes abyssaux. 

 

 

 

 

 

 

Et survint le Miracle, la vie embryonnaire, qu'au coeur de leur prison de pierre, les roches secrétement conservèrent.

 

 

Le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris - où ces photos ont été prises - vient d'entr'ouvrir les portes de sa Galerie de Minéralogie, longtemps fermée au public , pour présenter aux visiteurs une partie de sa fabuleuse collection, sans doute la plus belle du Monde, dans le cadre d'une exposition intitulée 'Trésors de la Terre' qui comprend quelques joyaux de la collection de 'pierres à images' de l'écrivain Roger Caillois (décédé en 1978).

Un pur émerveillement !

 

 

 

Ces cailloux mystiques, aux couleurs sidérantes, paraissent avoir absorbé les fulgurances de la Genèse.

 

 

 

Vieux de plusieurs millions d'années, ils nous regardent et écrivent un langage que nous ne parvenons pas, hélas, à déchiffrer.

 

 

 

 

Le petit fantôme d'agate, venu du fond des âges, semble, pour sa part, trouver bien plaisantes nos vaines interrogations.

 

 

 

Au Xème siècle de notre ère, un collectionneur chinois, Tou Wan, avait écrit un 'Catalogue des Pierres de la Forêt Nuageuse'. Ses critères de sélection étaient que ses trouvailles devaient être

Bizarres,

Insolites

Fantastiques.

Je ne peux que souhaiter aux lectrices et lecteurs de ce modeste blog que l'Année qui s'annonce soit l'occasion d'aussi excitantes découvertes.

 

BONNE et HEUREUSE ANNEE 2015 !!

 

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Rêves de pierre. Pierres de rêve.
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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 18:15

 

 

Un drôle de petit cheval a traversé le ciel gris de Paris.

 

 

Et voilà qu'à son passage les cadenas du pont de l'Archevéché se sont mis à tintinnabuler frénétiquement.

 

 

Au même moment, de grandes fleurs ont éclos sur les façades d'immeubles jusqu'alors bien austères.

 

 

Les murs aveugles se sont vus enrichis de belles enluminures.

 

 

 

Des oiseaux par milliers se sont échappés des murs qui les retenaient prisonniers.

 

 

Les jacarandas mauves de l'avenue Carnot ont soudain refleuri.

 

 

 

De longues rangées d'immeubles jusqu'à ce jour unies dans une monochrome rectitude se sont vues dotées par enchantement de volets aux couleurs délicates ou de façades pimpantes.

 

 

Juste retour des choses, les berges de la Seine ont trouvé plaisir à observer à leur tour le ballet incessant des bateaux-mouches.

 

 

 

Considérées depuis toujours comme les irréprochables balises d'une confiante navigation urbaine, les plaques indicatrices du nom des rues et des places se sont mises à délivrer des informations fantaisistes.

 

 

 

De leur côté, les panneaux de signalisation routière, pourtant présumés plus sages, ont décidé d'afficher des directions troublantes.

 

 

 

 

Un peu partout sont apparus de sibyllins messages.

 

 

 

 

 

Les habitants ont commencé à danser sur la place publique et à s'adonner au rêve.

 

 

 

 

Les artistes ont tôt fait d'illustrer ces rêves sur les murs défraichis.

 

 

 

Le petit cheval s'est évanoui dans les nuées d'un soir d'orage et les habitants ont été brutalement tirés de leurs rêves.

 

 

Il semble que personne, parmi les habitants, ne se soit rendu compte du passage du petit cheval. Les seuls témoins seraient les sphinges de l'hôtel de Sully, mais elles gardent obstinément le silence... et faire parler une sphinge est une chose qui relève de l'impossible..

 

 

 

Le mystère restera donc entier, mais si, par le plus grand des hasards, il survenait que, passant par le pont de l'Archevêché, vous entendiez soudain les cadenas tintinnabuler frénétiquement, sachez alors, qu'au dessus de vos têtes, il y a fort à parier qu'un petit cheval folâtre au milieu des nuages à l'aplomb de la Ville Lumière.

 

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Le Petit Cheval ( poésie urbaine)
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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 19:31

 

 

Il s'est posé toutes voiles dehors au beau milieu des arbres du Bois de Boulogne, à Paris.

 

 

 

Navire-insecte aux élytres déployées, il étincelle dans la lumière.

 

 

Les gentils pensionnaires du Jardin d'Acclimatation voisin l'ont tout de suite adopté.

 

 

D'où vient-il ? Ses aveuglants murs-icebergs aux formes sensuelles semblent suggérer une boréale provenance.

 

 

 

 

Se pourrait-il que son Capitaine soit cet enigmatique géant ?

 

Thomas Schütte - 'Sourcier dans la boue'

Les voiles de cette intrigante chrysalide reflètent à l'envie le paysage alentour, non sans malicieusement déformer les orgueilleuses demeures de Neuilly tout proche.

 

 

 

A peine amarré, le vaisseau venu d'ailleurs a été abordé par une foule avide d'explorer l'incroyable complexité de sa mâture, de ses drisses, de ses réas, de ses haubans.

 

 

 

 

Dans les coursives, baignées de lumières et de sons étranges, eau et miroirs rivalisent pour multiplier à l'infini l'image des visiteurs.

 

 

 

 

Se pourrait-il aussi que, dans un jaillissement d'écume, ce mystérieux navire ait en fait surgi des flots ?

 

 

Vus de l'intérieur, on croirait observer les poissons derrière les hublots du Nautilus de Jules Vernes.

 

 

Ici, l'amateur de lignes droites perd tout sens de la réalité car ce ne sont partout que courbes, contrecourbes, plans inclinés et lignes ondulantes.

 

 

 

 

On en viendrait presque à oublier que cette coque étincelante abrite un musée et qu'elle sert d'écrin à une lumineuse collection d'oeuvres qui ira s'agrandissant au fil du temps.

 

Gerhard Richter - 'Carotte'

 

Bertrand Lavier - 'Empress of India II'

 

Olafur Eliasson - 'Grotto'

 

Magie d'une réalisation hors du commun qu'un architecte de génie, épris d'espace et de lumière, a conçu pour abriter la collection d'un mécène.

 

 

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Oeuvre de l'architecte américain de 85 ans, Frank Gehry, créateur célèbre du 'Guggenheim' de Bilbao, la Fondation Louis Vuitton a été inaugurée le 24 Octobre dernier pour abriter la collection d'art contemporain de Bernard Arnault et permettre la découverte de la création artistique actuelle à travers expositions temporaires et événements pluridisciplinaires.

Le bâtiment, dans la transparence de ses douze voiles de verre, est tellement beau et la performance technique - irréalisable il y a quelques années seulement - tellement stupéfiante, que le contenant a quelque peu tendance à éclipser le contenu.

Mais faut-il vraiment se plaindre qu'un tel navire de lumière ait choisi Paris pour venir s'amarrer au beau milieu des arbres ?

 

 

 

 

 

Un Vaisseau dans le Bois - La Fondation Louis Vuitton à Paris
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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 15:37

 

Il est une ville, baignée par les eaux froides du Pacifique, qui ne ressemble à aucune autre. Une ville montagne russe où 47 collines jouent à saute-moutons. Une ville où le climat fantasque peut, en plein cœur de l'été, vous faire passer sans crier gare d'une chaleur étouffante à un froid mordant.

San Francisco, rebelle et fière de l'être, se moque bien des conventions.

 

 

Bien sûr, il y a les clichés, le Golden Gate, les cable cars, Alcatraz et les lions de mer de Fisherman's wharf, mais ce qui frappe le voyageur curieux, c'est qu'ici, à la différence de tant de cités qui déclinent l'infinie varieté des palettes de gris, on a vraiment l'impression que les habitants disposent en permanence d'un libre accès à une réserve inépuisable de peinture vive dont ils usent à discrètion.

 

 

 

Un peu partout en ville, on rencontre ces adorables maisons-patisseries aux teintes acidulées, qui paraissent tout droit sorties d'une BD haute en couleurs.

 

 

 

 

 

Ici, on aime sa ville et son joli pont, et on le fait savoir  Pas étonnant dans ces conditions si on le représente sur la façade de sa maison.

 

 

En fait, les murs de San Francisco racontent bien des choses. Qu'il s'agisse d'un imaginaire idyllique ou de la nostalgie des beaux jours du Summer of Love, là où est né le mouvement Hippie dans les années 60, les murs sont les médiateurs des aspirations, des révoltes et des rêves des habitants.

 

 

 

 

 

 

Mais ce qui caractérise par dessus tout, et qui a fait la réputation des fresques murales de San Francisco, c'est qu'ici, l'indignation s'est exprimée dès les années 80 à la brosse et au pinceau et se poursuit toujours aujourd'hui au pochoir et à la bombe aérosol.

A Balmy Alley, dans le quartier de Mission, qui jouxte Castrolà où flotte le drapeau arc-en-ciel des libertés homosexuelles, les déracinés mexicains, les Chicanos, dignes successeurs de Diego Rivera, rejoints ensuite par d'autres exilés de toute l'Amérique latine, ont peint sur les murs et les portes de garage leur désaccord avec la politique menée par les Etats Unis dans leurs pays d'origine, célébrant au passage Monseigneur Oscar Romero qui affirmait  :"Personne ne devrait jamais obéir à une loi injuste". 

 

 

 

 

 

C'est pourtant, au coeur du même quartier, à la vue de l'incroyable, de l'invraisemblable façade de la Maison des Femmes que l'on mesure vraiment l'extraordinaire force d'expression de l'imagerie murale. Ces fresques sont l'oeuvre de sept muralistas assistées de quelques volontaires, qui ont voulu ainsi glorifier le pouvoir féminin et les luttes des femmes à travers le monde.

 

 

 

 

 

 

Il y a des milliers de fresques murales à San Francisco. Si nombre d'entre elles sont toujours l'expression de revendications ou d'indignations, la pure expression artistique y tient toujours une large part et les centimètres carrés disponibles en certains lieux sont chèrement disputés.

 

 

 

 

 

 

 

Dans le quartier de Haight-Ashbury, un nostalgique du Flower Power est absorbé dans ses souvenirs. Le drôle de dinosaure disséqué par Nichos semble, lui, affalé sur les véhicules d'une civilisation qu'il a renoncé à comprendre.

 

 

 

Sur un mur de Clarion Alley, ou même le sol a été recouvert de dessins colorés, la rêveuse pêcheuse d'étoiles du regretté Moebius semble quitter avec regret le monde interstellaire.

 

 

 

Les feux dorés du couchant illuminent une dernière fois la Baie où se silhouette le célèbre pont qu'ici on aime tant.

Une ville décidément pas comme les autres...

 

 

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Les couleurs de San Francisco
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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 21:53

 

Les vitrines de nos villes sont de petits théâtres dont les acteurs, mannequins rêveurs au regard fixe, traversés, tels des ectoplasmes, par le tohu-bohu urbain dont une vitre-miroir projette l'image en filigrane, interprètent pour un public aléatoire et pressé, des comédies et des drames immobiles et muets.

 

 

 

 

Il y a quelque temps de cela, un crime affreux ensanglanta une vitrine du quartier.

 

 

On soupçonna bientôt le gang des perruques d'être impliqué dans cette sordide affaire.

 

 

En dépit toutefois d'une surveillance policière aussi assidue que discrète, la culpabilité de ses membres ne put jamais être établie et ils finirent par être mis hors de cause.

 

 

Il en résulta cependant un lourd climat d'insécurité, et pendant de longs mois, on s'espionna avec tenacité d'une vitrine à l'autre.

 

 

 

 

 

 

Avec le temps, les suspicions s'atténuèrent et le quartier retrouva peu à peu son animation coutumière, rythmée par l'impérieux calendrier des soldes et des collections saisonnières.

 

 

C'est alors que l'on recommença à parler de la grande Madame Irma.

 

 

Elle avait eu son heure de gloire il y a de cela des lustres, à une époque où le claquement de ses talons aiguilles résonnait fort tard sur le pavé du centre ville, tandis que, dans les hôtels du voisinage, les portiers de nuit résistaient tant bien que mal aux délices de l'assoupissement.

 

 

On murmurait même qu'à une certaine époque la Brigade des Moeurs s'était intéressée de près à son cas.

 

 

Toujours est-il qu'elle organisait à présent des fêtes somptueuses où il était de bon ton de venir et d'y être vu.

 

 

 

 

Ce qui faisait l'originalité de ces fêtes, c'est qu'il y régnait une fantaisie débridée et que l'inventivité et l'extravagance des costumes était la règle pour franchir en douceur le seuil de l'établissement de Madame Irma.

 

 

 

 

 

 

Comme il était à prévoir, ceux qui n'étaient pas invités à ces folles soirées ne tardèrent pas à répandre  des rumeurs assassines.

 

 

On prétendit qu'au cours de ces soirées se déroulaient des exhibitions fort dévêtues.

 

 

 

Une employée de maison, dont Madame Irma s"était séparée pour indélicatesse, s'en alla raconter à la police avoir assisté à des scènes proprement scandaleuses.

 

 

Au cours de soirées particulièrement arrosées, de belles étrangères auraient été retrouvées dans un état de délabrement comateux.

 

 

 

Lorqu'au petit matin suivant, l'une d'entre elles tenta de se jeter dans le vide, c'en était trop.

 

 

La reine de la nuit fut expulsée du territoire, reconduite à la frontière, et au joyeux tempo des rythmes endiablés de son établissement succéda un silence angoissant.

 

 

On ne revit jamais Madame Irma, mais beaucoup regrettent en secret le temps des joyeuses soirées.

 

 

Ironie du sort, en lieu et place de l'établissement qui provoqua tant de vertueux remous, on peut maintenant trouver un magasin de mannequins de vitrine .... fort dévêtus !

 

 

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Elles sont à Paris, à Rome, à San Francisco ou encore à Melbourne, ces vitrines aménagées avec talent, où des personnages idéalisés nous regardent avec des yeux qui jamais ne se ferment. Les mannequins de vitrine sont des faiseurs de rêves ... pour peu que l'on ait tant soit peu d'imagination .. 

 

 

Histoires de vitrines
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Published by Jean-François - dans Photographies - Vitrines
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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 21:40

 

Ce serait un euphémisme de dire que les images dont l'Actualité nous abreuve quotidiennement, ne reflètent pas une vision particulièrement sereine du Monde qui nous entoure.

Notre Terre recèle pourtant d'infinies beautés dont la seule contemplation suffit à nous apaiser.

Ces quelques illustrations, fruit de mes pérégrinations à travers le Monde, n'ont pour objectif que de transmettre l'impression de sérénité que leur vision confère, moments suspendus, alors qu'autour tout n'est que bruit, agitation et fureur.

 

Brésil, sur le Rio Negro

 

 

Coucher de soleil sur les dunes du Namib

 

 

Petit matin dans la forêt amazonienne

 

 

Jour tranquille dans la région de Montpellier

 

 

Départ pour la pêche dans le golfe de Gênes

 

 

Birmanie, pêcheur sur la lac Inle

 

 

Chine, sur la Grande Muraille

 

 

Baleine à bosse au large de l'Afrique du Sud

 

 

Bali, le bain des chevaux au crépuscule

 

 

Laos, le repas des moines

 

Soirée paisible à Moorea, Polynésie française

 

 

Prairie ensoleillée et ruisseau quelque part en France

 

 

Italie, le lac Trasimène

 

 

Birmanie, retour de rizière

 

 

Chine, sur la rivière Li

 

 

Afrique du Sud, dans le jardin botanique du Cap

 

 

Tanzanie, crépuscule dans le parc de Chobe

 

 

Sérénité bouddhique dans un temple laotien

 

On pourrait ainsi multiplier à l'infini les exemples de la beauté du Monde. Il ne faudrait pas pour autant verser dans l'angélisme et ne regarder que le bon côté des choses,  car toute médaille a son revers qu'il serait bien imprudent et inconscient d'ignorer.

Le but de ces quelques images était simplement de montrer qu'il est toujours possible de trouver un peu de sérénité en contemplant le Monde, tout en sachant que derrière le plus paisible des paysages peut souvent se cacher une réalité bien cruelle.

 

 

Brésil, caîman dans un marécage du Pantanal

 

 

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Images d'un Monde Serein
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Published by Jean-François - dans Photographie - Voyages
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