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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 22:45

 

Essai

 - quelque peu téméraire - 

d'illustration

du poème d'Arthur Rimbaud

'Le Bateau Ivre'

(1ère Partie)

 

Brésil, sur le rio Negro

 

Danse du soleil Cheyenne - vers 1850

 

Caterina Brunetto - 'Voilier' - huile sur toile

 

Laos, sur le Mékong

 

Sur une plage de Thaïlande

 

'Les Quatre cents coups' - Antoine sur la plage - film de François Truffaut - 1959

 

'Emporté par le vent' - aquarelle de Winslow Homer - 1904

 

Phare en Méditerranée

 

Sur une plage du Brésil

 

'Requins (l'Epave)' - aquarelle de Winslow Homer - 1885

 

Catherine Van den Steen - Genèse. Ciel et mer' - huile sur toile - 2005

 

Vidéo de Bill Viola - 'The Dreamers' - 2013

 

Sur une plage d'Afrique du Sud au lever du jour

 

Afrique du Sud, coucher de soleil près de Capetown

 

Brésil, scène d'orage dans le Pantanal

 

envol de colombes - image web

 

Coucher de soleil dans les Caraibes

 

En mer, quelque part

 

aurore boréale - image web

 

Extrait de la vidéo de Bill Viola - 'Fire Woman' - 2005

 

 

Gros temps en Méditerranée

 

 

Italie, la Vierge de Portofino un jour de tempête

 

''Dans la jungle, Floride' - aquarelle de Winslow Homer - 1904

 

Arc-en-ciel sur un rivage - image web

 

Bolivie, dans le Salar de Uyuni

 

Brésil/Argentine, dans la région des chutes d'Iguazu

 

 

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Hommage à Arthur Rimbaud
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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 17:34

 

 

Avec le souhait que la Nouvelle Année,

qui nous tend les bras,

apporte à tous les visiteurs de ce modeste blog,

fidèles, occasionnels ou accidentels,

autant de grands et de petits bonheurs.

 

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Published by Jean-François - dans Photographie - Asie - Art
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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 17:22

 

 

En ce temps là, l'Univers n'était qu'incandescence.

 

 

Des soleils aveuglants illuminaient des astres en fusion.

 

 

 

Le Monde était magma, éruptions, cataclysmes.

 

 

 

 

Rien n'était défini, tout était en naissance.

 

 

 

 

Lorsque le froid survint, tout soudain se figea.

 

 

Palais étincelants, cathédrales englouties, cascades pétrifiées, orgues opalescentes, les roches évoluèrent sous le regard hypnotique d'un soleil indigo.

 

 

 

 

 

 

Bien après que la Mer eut submergé la Terre, les gemmes se souvinrent des mondes abyssaux. 

 

 

 

 

 

 

Et survint le Miracle, la vie embryonnaire, qu'au coeur de leur prison de pierre, les roches secrétement conservèrent.

 

 

Le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris - où ces photos ont été prises - vient d'entr'ouvrir les portes de sa Galerie de Minéralogie, longtemps fermée au public , pour présenter aux visiteurs une partie de sa fabuleuse collection, sans doute la plus belle du Monde, dans le cadre d'une exposition intitulée 'Trésors de la Terre' qui comprend quelques joyaux de la collection de 'pierres à images' de l'écrivain Roger Caillois (décédé en 1978).

Un pur émerveillement !

 

 

 

Ces cailloux mystiques, aux couleurs sidérantes, paraissent avoir absorbé les fulgurances de la Genèse.

 

 

 

Vieux de plusieurs millions d'années, ils nous regardent et écrivent un langage que nous ne parvenons pas, hélas, à déchiffrer.

 

 

 

 

Le petit fantôme d'agate, venu du fond des âges, semble, pour sa part, trouver bien plaisantes nos vaines interrogations.

 

 

 

Au Xème siècle de notre ère, un collectionneur chinois, Tou Wan, avait écrit un 'Catalogue des Pierres de la Forêt Nuageuse'. Ses critères de sélection étaient que ses trouvailles devaient être

Bizarres,

Insolites

Fantastiques.

Je ne peux que souhaiter aux lectrices et lecteurs de ce modeste blog que l'Année qui s'annonce soit l'occasion d'aussi excitantes découvertes.

 

BONNE et HEUREUSE ANNEE 2015 !!

 

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Rêves de pierre. Pierres de rêve.
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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 18:15

 

 

Un drôle de petit cheval a traversé le ciel gris de Paris.

 

 

Et voilà qu'à son passage les cadenas du pont de l'Archevéché se sont mis à tintinnabuler frénétiquement.

 

 

Au même moment, de grandes fleurs ont éclos sur les façades d'immeubles jusqu'alors bien austères.

 

 

Les murs aveugles se sont vus enrichis de belles enluminures.

 

 

 

Des oiseaux par milliers se sont échappés des murs qui les retenaient prisonniers.

 

 

Les jacarandas mauves de l'avenue Carnot ont soudain refleuri.

 

 

 

De longues rangées d'immeubles jusqu'à ce jour unies dans une monochrome rectitude se sont vues dotées par enchantement de volets aux couleurs délicates ou de façades pimpantes.

 

 

Juste retour des choses, les berges de la Seine ont trouvé plaisir à observer à leur tour le ballet incessant des bateaux-mouches.

 

 

 

Considérées depuis toujours comme les irréprochables balises d'une confiante navigation urbaine, les plaques indicatrices du nom des rues et des places se sont mises à délivrer des informations fantaisistes.

 

 

 

De leur côté, les panneaux de signalisation routière, pourtant présumés plus sages, ont décidé d'afficher des directions troublantes.

 

 

 

 

Un peu partout sont apparus de sibyllins messages.

 

 

 

 

 

Les habitants ont commencé à danser sur la place publique et à s'adonner au rêve.

 

 

 

 

Les artistes ont tôt fait d'illustrer ces rêves sur les murs défraichis.

 

 

 

Le petit cheval s'est évanoui dans les nuées d'un soir d'orage et les habitants ont été brutalement tirés de leurs rêves.

 

 

Il semble que personne, parmi les habitants, ne se soit rendu compte du passage du petit cheval. Les seuls témoins seraient les sphinges de l'hôtel de Sully, mais elles gardent obstinément le silence... et faire parler une sphinge est une chose qui relève de l'impossible..

 

 

 

Le mystère restera donc entier, mais si, par le plus grand des hasards, il survenait que, passant par le pont de l'Archevêché, vous entendiez soudain les cadenas tintinnabuler frénétiquement, sachez alors, qu'au dessus de vos têtes, il y a fort à parier qu'un petit cheval folâtre au milieu des nuages à l'aplomb de la Ville Lumière.

 

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Le Petit Cheval ( poésie urbaine)
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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 19:31

 

 

Il s'est posé toutes voiles dehors au beau milieu des arbres du Bois de Boulogne, à Paris.

 

 

 

Navire-insecte aux élytres déployées, il étincelle dans la lumière.

 

 

Les gentils pensionnaires du Jardin d'Acclimatation voisin l'ont tout de suite adopté.

 

 

D'où vient-il ? Ses aveuglants murs-icebergs aux formes sensuelles semblent suggérer une boréale provenance.

 

 

 

 

Se pourrait-il que son Capitaine soit cet enigmatique géant ?

 

Thomas Schütte - 'Sourcier dans la boue'

Les voiles de cette intrigante chrysalide reflètent à l'envie le paysage alentour, non sans malicieusement déformer les orgueilleuses demeures de Neuilly tout proche.

 

 

 

A peine amarré, le vaisseau venu d'ailleurs a été abordé par une foule avide d'explorer l'incroyable complexité de sa mâture, de ses drisses, de ses réas, de ses haubans.

 

 

 

 

Dans les coursives, baignées de lumières et de sons étranges, eau et miroirs rivalisent pour multiplier à l'infini l'image des visiteurs.

 

 

 

 

Se pourrait-il aussi que, dans un jaillissement d'écume, ce mystérieux navire ait en fait surgi des flots ?

 

 

Vus de l'intérieur, on croirait observer les poissons derrière les hublots du Nautilus de Jules Vernes.

 

 

Ici, l'amateur de lignes droites perd tout sens de la réalité car ce ne sont partout que courbes, contrecourbes, plans inclinés et lignes ondulantes.

 

 

 

 

On en viendrait presque à oublier que cette coque étincelante abrite un musée et qu'elle sert d'écrin à une lumineuse collection d'oeuvres qui ira s'agrandissant au fil du temps.

 

Gerhard Richter - 'Carotte'

 

Bertrand Lavier - 'Empress of India II'

 

Olafur Eliasson - 'Grotto'

 

Magie d'une réalisation hors du commun qu'un architecte de génie, épris d'espace et de lumière, a conçu pour abriter la collection d'un mécène.

 

 

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Oeuvre de l'architecte américain de 85 ans, Frank Gehry, créateur célèbre du 'Guggenheim' de Bilbao, la Fondation Louis Vuitton a été inaugurée le 24 Octobre dernier pour abriter la collection d'art contemporain de Bernard Arnault et permettre la découverte de la création artistique actuelle à travers expositions temporaires et événements pluridisciplinaires.

Le bâtiment, dans la transparence de ses douze voiles de verre, est tellement beau et la performance technique - irréalisable il y a quelques années seulement - tellement stupéfiante, que le contenant a quelque peu tendance à éclipser le contenu.

Mais faut-il vraiment se plaindre qu'un tel navire de lumière ait choisi Paris pour venir s'amarrer au beau milieu des arbres ?

 

 

 

 

 

Un Vaisseau dans le Bois - La Fondation Louis Vuitton à Paris
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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 15:37

 

Il est une ville, baignée par les eaux froides du Pacifique, qui ne ressemble à aucune autre. Une ville montagne russe où 47 collines jouent à saute-moutons. Une ville où le climat fantasque peut, en plein cœur de l'été, vous faire passer sans crier gare d'une chaleur étouffante à un froid mordant.

San Francisco, rebelle et fière de l'être, se moque bien des conventions.

 

 

Bien sûr, il y a les clichés, le Golden Gate, les cable cars, Alcatraz et les lions de mer de Fisherman's wharf, mais ce qui frappe le voyageur curieux, c'est qu'ici, à la différence de tant de cités qui déclinent l'infinie varieté des palettes de gris, on a vraiment l'impression que les habitants disposent en permanence d'un libre accès à une réserve inépuisable de peinture vive dont ils usent à discrètion.

 

 

 

Un peu partout en ville, on rencontre ces adorables maisons-patisseries aux teintes acidulées, qui paraissent tout droit sorties d'une BD haute en couleurs.

 

 

 

 

 

Ici, on aime sa ville et son joli pont, et on le fait savoir  Pas étonnant dans ces conditions si on le représente sur la façade de sa maison.

 

 

En fait, les murs de San Francisco racontent bien des choses. Qu'il s'agisse d'un imaginaire idyllique ou de la nostalgie des beaux jours du Summer of Love, là où est né le mouvement Hippie dans les années 60, les murs sont les médiateurs des aspirations, des révoltes et des rêves des habitants.

 

 

 

 

 

 

Mais ce qui caractérise par dessus tout, et qui a fait la réputation des fresques murales de San Francisco, c'est qu'ici, l'indignation s'est exprimée dès les années 80 à la brosse et au pinceau et se poursuit toujours aujourd'hui au pochoir et à la bombe aérosol.

A Balmy Alley, dans le quartier de Mission, qui jouxte Castrolà où flotte le drapeau arc-en-ciel des libertés homosexuelles, les déracinés mexicains, les Chicanos, dignes successeurs de Diego Rivera, rejoints ensuite par d'autres exilés de toute l'Amérique latine, ont peint sur les murs et les portes de garage leur désaccord avec la politique menée par les Etats Unis dans leurs pays d'origine, célébrant au passage Monseigneur Oscar Romero qui affirmait  :"Personne ne devrait jamais obéir à une loi injuste". 

 

 

 

 

 

C'est pourtant, au coeur du même quartier, à la vue de l'incroyable, de l'invraisemblable façade de la Maison des Femmes que l'on mesure vraiment l'extraordinaire force d'expression de l'imagerie murale. Ces fresques sont l'oeuvre de sept muralistas assistées de quelques volontaires, qui ont voulu ainsi glorifier le pouvoir féminin et les luttes des femmes à travers le monde.

 

 

 

 

 

 

Il y a des milliers de fresques murales à San Francisco. Si nombre d'entre elles sont toujours l'expression de revendications ou d'indignations, la pure expression artistique y tient toujours une large part et les centimètres carrés disponibles en certains lieux sont chèrement disputés.

 

 

 

 

 

 

 

Dans le quartier de Haight-Ashbury, un nostalgique du Flower Power est absorbé dans ses souvenirs. Le drôle de dinosaure disséqué par Nichos semble, lui, affalé sur les véhicules d'une civilisation qu'il a renoncé à comprendre.

 

 

 

Sur un mur de Clarion Alley, ou même le sol a été recouvert de dessins colorés, la rêveuse pêcheuse d'étoiles du regretté Moebius semble quitter avec regret le monde interstellaire.

 

 

 

Les feux dorés du couchant illuminent une dernière fois la Baie où se silhouette le célèbre pont qu'ici on aime tant.

Une ville décidément pas comme les autres...

 

 

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Les couleurs de San Francisco
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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 21:53

 

Les vitrines de nos villes sont de petits théâtres dont les acteurs, mannequins rêveurs au regard fixe, traversés, tels des ectoplasmes, par le tohu-bohu urbain dont une vitre-miroir projette l'image en filigrane, interprètent pour un public aléatoire et pressé, des comédies et des drames immobiles et muets.

 

 

 

 

Il y a quelque temps de cela, un crime affreux ensanglanta une vitrine du quartier.

 

 

On soupçonna bientôt le gang des perruques d'être impliqué dans cette sordide affaire.

 

 

En dépit toutefois d'une surveillance policière aussi assidue que discrète, la culpabilité de ses membres ne put jamais être établie et ils finirent par être mis hors de cause.

 

 

Il en résulta cependant un lourd climat d'insécurité, et pendant de longs mois, on s'espionna avec tenacité d'une vitrine à l'autre.

 

 

 

 

 

 

Avec le temps, les suspicions s'atténuèrent et le quartier retrouva peu à peu son animation coutumière, rythmée par l'impérieux calendrier des soldes et des collections saisonnières.

 

 

C'est alors que l'on recommença à parler de la grande Madame Irma.

 

 

Elle avait eu son heure de gloire il y a de cela des lustres, à une époque où le claquement de ses talons aiguilles résonnait fort tard sur le pavé du centre ville, tandis que, dans les hôtels du voisinage, les portiers de nuit résistaient tant bien que mal aux délices de l'assoupissement.

 

 

On murmurait même qu'à une certaine époque la Brigade des Moeurs s'était intéressée de près à son cas.

 

 

Toujours est-il qu'elle organisait à présent des fêtes somptueuses où il était de bon ton de venir et d'y être vu.

 

 

 

 

Ce qui faisait l'originalité de ces fêtes, c'est qu'il y régnait une fantaisie débridée et que l'inventivité et l'extravagance des costumes était la règle pour franchir en douceur le seuil de l'établissement de Madame Irma.

 

 

 

 

 

 

Comme il était à prévoir, ceux qui n'étaient pas invités à ces folles soirées ne tardèrent pas à répandre  des rumeurs assassines.

 

 

On prétendit qu'au cours de ces soirées se déroulaient des exhibitions fort dévêtues.

 

 

 

Une employée de maison, dont Madame Irma s"était séparée pour indélicatesse, s'en alla raconter à la police avoir assisté à des scènes proprement scandaleuses.

 

 

Au cours de soirées particulièrement arrosées, de belles étrangères auraient été retrouvées dans un état de délabrement comateux.

 

 

 

Lorqu'au petit matin suivant, l'une d'entre elles tenta de se jeter dans le vide, c'en était trop.

 

 

La reine de la nuit fut expulsée du territoire, reconduite à la frontière, et au joyeux tempo des rythmes endiablés de son établissement succéda un silence angoissant.

 

 

On ne revit jamais Madame Irma, mais beaucoup regrettent en secret le temps des joyeuses soirées.

 

 

Ironie du sort, en lieu et place de l'établissement qui provoqua tant de vertueux remous, on peut maintenant trouver un magasin de mannequins de vitrine .... fort dévêtus !

 

 

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Elles sont à Paris, à Rome, à San Francisco ou encore à Melbourne, ces vitrines aménagées avec talent, où des personnages idéalisés nous regardent avec des yeux qui jamais ne se ferment. Les mannequins de vitrine sont des faiseurs de rêves ... pour peu que l'on ait tant soit peu d'imagination .. 

 

 

Histoires de vitrines
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Published by Jean-François - dans Photographies - Vitrines
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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 21:40

 

Ce serait un euphémisme de dire que les images dont l'Actualité nous abreuve quotidiennement, ne reflètent pas une vision particulièrement sereine du Monde qui nous entoure.

Notre Terre recèle pourtant d'infinies beautés dont la seule contemplation suffit à nous apaiser.

Ces quelques illustrations, fruit de mes pérégrinations à travers le Monde, n'ont pour objectif que de transmettre l'impression de sérénité que leur vision confère, moments suspendus, alors qu'autour tout n'est que bruit, agitation et fureur.

 

Brésil, sur le Rio Negro

 

 

Coucher de soleil sur les dunes du Namib

 

 

Petit matin dans la forêt amazonienne

 

 

Jour tranquille dans la région de Montpellier

 

 

Départ pour la pêche dans le golfe de Gênes

 

 

Birmanie, pêcheur sur la lac Inle

 

 

Chine, sur la Grande Muraille

 

 

Baleine à bosse au large de l'Afrique du Sud

 

 

Bali, le bain des chevaux au crépuscule

 

 

Laos, le repas des moines

 

Soirée paisible à Moorea, Polynésie française

 

 

Prairie ensoleillée et ruisseau quelque part en France

 

 

Italie, le lac Trasimène

 

 

Birmanie, retour de rizière

 

 

Chine, sur la rivière Li

 

 

Afrique du Sud, dans le jardin botanique du Cap

 

 

Tanzanie, crépuscule dans le parc de Chobe

 

 

Sérénité bouddhique dans un temple laotien

 

On pourrait ainsi multiplier à l'infini les exemples de la beauté du Monde. Il ne faudrait pas pour autant verser dans l'angélisme et ne regarder que le bon côté des choses,  car toute médaille a son revers qu'il serait bien imprudent et inconscient d'ignorer.

Le but de ces quelques images était simplement de montrer qu'il est toujours possible de trouver un peu de sérénité en contemplant le Monde, tout en sachant que derrière le plus paisible des paysages peut souvent se cacher une réalité bien cruelle.

 

 

Brésil, caîman dans un marécage du Pantanal

 

 

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Images d'un Monde Serein
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Published by Jean-François - dans Photographie - Voyages
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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 18:55

 

En visite dans les Parcs Nationaux de l'Ouest américain, après avoir admiré les beautés naturelles de Zion, s'être immergé dans la magie d'Antelope Canyon ou cheminé au coeur de la forêt pétrifiée de Bryce, on serait un peu tenté de douter que Mère Nature puisse encore nous laisser béats d'admiration..

Elle nous réserve pourtant la surprise de découvrir la plus extraordinaire, la plus gigantesque, la plus fantastique, la plus incroyable des merveilles ;

le Grand Canyon.

 

 

Le Grand Canyon, on a tous l'impression de déjà le connaître, tant son image est familière, mais lorsqu'il apparaît au détour de la route, on ne peut qu'avoir le souffle coupé.

 

 

On l' imaginait ocre, brun et rouge brique, et voilà que tout le paysage baigne dans une douce lumière bleutée dont les nuances délicates se fondent, à la limite du champ visuel, en un voile subtil qui nimbe les lointains reliefs.

 

 

Partout où le regard porte, ce ne sont qu'amoncellements de roches qui se chevauchent et s'entrechoquent. Des canyons débouchent sur d'autres canyons, à l'infini, dans ce qui semble être le résultat complexe d'un bouleversement minéral des premiers âges de la Terre.

 

 

Le Grand Canyon est immense, et l'on ressent vraiment sur place cette écrasante impression d'immensité.

Le Parc National, dans le Nord-Ouest de l'Arizona, couvre une superficie deux fois supérieure à celle du Luxembourg. et le Canyon principal s'y étire sur une longueur totale de 446 kilomètres. On estime que les roches les plus anciennes qui constituent son socle et affleurent en plusieurs endroits au fond du canyon, joliment qualifiées de 'shistes de Vishnou', sont âgées de 1 milliard 700 millions d'années !!

 

 

A titre de comparaison, la Colorado river, responsable du travail de sape qui l'a conduite à serpenter en un brillant ruban émeraude, prés de 2 kilomètres plus bas, n'est âgée que de 60 millions d'années, née après le soulèvement des Montagnes Rocheuses, alors que les ptérodactyles voletaient encore au-dessus des énormes herbivores et des méchants tigres à dents de sabre.

 

 

 

 

 

 

Façonné par la mer, la pluie, le vent et les fleuves, le Grand Canyon a aussi connu les soulèvements tectoniques, les secousses sismiques (45 tremblements de terre, rien qu'au 20ème siècle) et même les éruptions volcaniques (la dernière remontant tout de même au haut Moyen-Age, le nôtre, pas celui géologique).

 

 

Le résultat de tout cela est un mille-feuilles de 40 couches géologiques bien visibles, véritable livre ouvert sur l'histoire de la Terre, pour la plus grande joie des spécialistes..

 

 

C'est par égard sans doute pour l'âge vénérable de cet environnement minéral que bien des arbres, au bord du vide, se découvrent respectueusement.

 

 

 

Un spectacle aussi impressionnant et grandiose a naturellement donné naissance à des superstitions et des croyances, et les noms donnés à certaines formations remarquables reflètent l'imaginaire qu'a pu susciter leur aspect : Temple d'Isis, Pyramide de Chéops, Temple de Buddha, Ranch Fantôme ...

 

 

On pourrait croire, devant la majesté des lieux, tant, à l'échelle humaine, la disproportion est évidente, que jamais l'Homme ne pourra porter atteinte à une telle merveille de la Nature. Ce serait oublier que l'homme est un apprenti-sorcier.

Le Grand Canyon est incroyablement riche en minerais précieux et stratégiques. Dans les années 50/60, au plus fort de la Guerre Froide, 800,000 tonnes d'un minerai à très forte concentration d'uranium ont été extraites d'une mine située sur la rive Sud du Canyon. Les ouvriers, en majorité indiens, étaient descendus par benne dans des conditions acrobatiques et travaillaient dans l'excavation sans protection particulière. 

 

 

Les communautés indiennes, d'abord favorables à l'implantation des mines en considération des bénéfices procurés, ont ensuite pris conscience des risques sanitaires encourus et des pollutions engendrées, notamment concernant l'eau potable. Des analyses, effectuées sur des échantillons d'eau de la Colorado River, n'ont pas été particulièrement rassurantes !

 

 

Si la mine de la rive Sud, ainsi d'ailleurs que beaucoup d'autres, a été depuis démantelée, il en existe toujours plusieurs en activité, et le débat fait toujours rage entre défenseurs et opposants à une extension de l'extraction. Ce débat connait des hauts et des bas en fonction des fluctuations des marchés et du désir temporairement plus ou moins aigu d'indépendance énergétique.

 

 

Le site du Grand Canyon est inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO et reçoit chaque année près de 5 millions de visiteurs.

Dans la partie Ouest du Canyon, une grande passerelle à plancher de verre, en forme de fer à cheval, le 'Skywalk', surplombe le vide afin de donner aux touristes le grand frisson et l'illusion de planer 2 kilomètres au-dessus du Colorado. Cette construction dénature d'autant plus le site qu'il est prévu d'y adjoindre un hôtel-restaurant et un casino, mais, mis à part cette exception notoire, il faut admettre que, dans le reste du Parc, - et il est grand - l'impression d'un contact privilégié avec une Nature d'une extraordinaire beauté est toujours bien réelle.

 

 

Les visiteurs qui communient chaque soir à la Grand Messe du coucher du soleil sur ces témoins des origines de la Terre, ont-ils conscience que l'Homme, dans sa quête frénétique de Puissance et de Profit, pourrait bien, au final, libérer les démons qui sommeillent depuis tant de millions et de millions d'années au plus profond d'une aussi belle Nature ? 

 

 

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Grand Canyon. Les Premiers Matins du Monde.
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Published by Jean-François - dans Photographie - Voyages
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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 10:24

 

Erosion, érosion, que de folies commises en ton nom !

L'Ouest des Etats-Unis, c'est un fait reconnu, est prodigue en délires géologiques de tous ordres, mais là où cela frise la démence c'est bien dans Bryce Canyon, au Sud-Ouest de l'Utah.

Ce n'est pas à proprement parler un Canyon, mais plutôt une succession d'amphithéâtres s'étirant sur plus de 20 kilomètres, dans lesquels s'aligne un gigantesque jeu de quilles qui semble avoir été mis en place pour le divertissement de géants mythologiques.

 

 

Encore une fois, c'est la mer, dont nous sommes tous issus, qui est à l'origine de cette parade minérale. 

La mer, c'est connu, monte et descend, puis remonte et redescend, indéfiniment, Elle a fait cela au cours des ères géologiques alors qu'elle recouvrait puis abandonnait  la région, déposant à chaque fois une nouvelle couche de sédiments.

 

 

Après que la mer, il y a environ 40 à 60 millions d'années, eut fait place à des lacs intérieurs recouvrant ce qui était toujours un plateau, se déroula un phénomène que les éminents spécialistes ont qualifié de 'formation géologique de Clarion' consistant en dépôts successifs de roches sédimentaires, sables argiles et calcaires friables.

 

 

Quand le plateau se retrouva asséché, les deux compères que sont la pluie et le vent, qui n'attendaient que cela, se ruèrent  sur les parties les plus tendres de cet appétissant mille-feuilles et le grignotèrent à belles dents, patiemment, aidés en cela par l'alternance de froids et de chaleurs extrêmes qui faisait éclater des pans entiers de roche.

 

 

Etant donné que la partie supérieure du mille-feuilles est constituée par une roche plus dure, qui de ce fait sert de parapluie aux couches inférieures, l'érosion a sculpté ces étranges colonnes que, dans nos régions, on désigne sous le vocable de 'cheminées de fées' et auxquelles les américains ont donné le drôle de nom de 'hoodoos'.

 

 

Pas évident de saisir la subtilité du mot 'hoodoo'. Le verbe to hood signifie encapuchonner, ce qui pourrait le relier à l'aspect décidément phallique de certaines 'cheminées'. Mais 'hoodoo' ou 'oodoo' signifie aussi 'vaudou' et là, on entre dans une toute autre dimension, celle de l'aspect magique du site. 

 

 

Les indiens Paiute, qui habitaient la région avant l'arrivée des colons blancs, considéraient que ces rochers bizarres étaient les restes pétrifiés d'anciens êtres, punis pour avoir mal agi.

Nul doute que les fautifs devaient être bien nombreux, vu l'étendue du site. Quant à la blanche 'reine Victoria', il est tout de même improbable qu'elle ait été changée en pierre pour fautes commises au cours de son interminable règne !

 

 

Le charpentier Ebenezer Bryce qui, en 1875, s'établit dans la région et devait par la suite donner son nom au site, se souciait, lui, fort peu du prétendu mauvais sort qui entourait ces étranges formations. Avec le bon sens terre-à-terre des paysans, il aurait déclaré :

" Foutu endroit pour perdre une vache"

 

 

Dans la lumière du matin, les hoodoos, puisqu'il faut les appeler ainsi, revêtent, pour la plupart d'entre eux, une forte coloration rougeâtre due à la présence d'hématite, alors que d'autres adoptent des teintes allant du jaune soutenu au blanc diaphane en fonction de leur composition chimique..

 

 

L'envie devient alors pressante, puisqu'un arbre semble indiquer le chemin, d'aller voir en bas quelle magie se dissimule dans les méandres d'un tel labyrinthe.

 

 

La descente est longue, avec, chemin faisant , l'arrière-pensée qu'il faudra ensuite remonter dans la chaleur de midi, le souffle court, car on est quand même à 2000/2500 mètres d'altitude.

 

 

 

En bas, le spectacle est saisissant lorsqu'on se faufile entre les gigantesques hoodoos dont certains peuvent atteindre 35 mètres.

 

 

En approchant de la partie basse de l'amphithéâtre, la végétation, d'abord incapable de rivaliser avec les géants de pierre, finit par se mélanger à ceux-ci pour créer un paysage chaotique où le vert des feuillages vient atténuer quelque peu le grand chambardement minéral.

 

 

 

On pourrait croire ce paysage figé à jamais. Il n'en est rien. A une échelle sans commune mesure avec nos pauvres petites existences, l'érosion continue inlassablement son travail de sape. Les arches que l'on aperçoit dans la muraille ceinturant le site finiront par s'écrouler, libérant de nouveaux hoodoos, qui viendront s'ajouter à l'immobile parade de leurs congénères, tandis que de vieux hoodoos, autrefois majestueux, connaitront la déchéance et finiront simples monticules.

 

 

Ainsi va la vie géologique ! Mais la magie est bien réelle. Les êtres pétrifiés suivent de leur regard de pierre ces drôles de randonneurs assoiffés qui parcourent le fascinant décor, cet incroyable dédale que l'on croirait sorti tout droit d'une BD fantastique.

 

 

Et le fantastique est bien là. Tapi au plus profond du Canyon, un dragon veille. Il n'est pas franchement intimidant ce dragon, qui bat des ailes comme un chapon et dont les flammèches qu'il crachouille auraient bien du mal à déclancher un feu de brousailles, même par temps de grande sécheresse.

 

 

Qui peut pourtant prétendre qu'une fois l'obscurité venue, le petit dragon ne se transformera pas en un fabuleux animal ailé et qu'il ne s'en ira pas rejoindre les âmes errantes pétrifiées dont la plainte est parfois entendue au cours des nuits sans lune ?

 

 

Les hoodoos de Bryce Canyon font partie de l'imaginaire américain. Reconstitués en béton armé et peints de couleurs vives, ils constituent le décor de la plus célèbre des attractions des parcs Disneyland à travers le monde, la 'Big Thunder Mountain', des montagnes russes parcourues à une allure démente par un train fou qui emmène ses passagers épris de sensations fortes à travers une mine hantée, peuplée de bébêtes inquiétantes.

Magie toujours ...

 

oooOOOooo

 

Les photos illustrant cet article sont de l'auteur, à l'exception de la dernière, qui est un cliché de Jeff Bergman. pris sur le site du parc Disneyland d'Orlando (Fl) et que l'on peut retrouver à l'adresse suivante:

www.dadsguidetowdw.com/big-thunder-mountain-railroad.html

 

Le Dragon de Bryce Canyon
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Published by Jean-François - dans Photographie - Voyages
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