Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 16:05

Cela faisait des lustres que je rêvais de visiter le palais Chhota Imambara à Lucknow dans le nord de l'Inde, cette capitale de l'état de l'Uttar Pradesh bien souvent ignorée des circuits touristiques.

Vu du bassin central, il faut reconnaître que l'architecture du palais, de style indo-islamique, est indéniablement élégante.

 

 

Flanqué de deux mini reproductions en plâtre blanc du Taj Mahal, l'ensemble dégage sans conteste une certaine grandeur.

 

 

 

La façade, ornée de superbes calligraphies en arabesques de marbre est admirablement sculptée.

 

 

Mais, direz-vous, pourquoi ce palais plutôt qu'un autre, dans ce pays qui regorge de monuments plus merveilleux les uns que les autres ?

La réponse est simple, je suis un inconditionnel du LUSTRE !

 

 

A peine franchi le seuil (inutile de lustrer ses chaussures pour l'occasion, il faut les laisser à l'extérieur..) on pénétre sous une voûte scintillante faite de dizaines et de dizaines de lustres, chandeliers et luminaires en tous genres.

 

 

Dans toutes les pièces, une cascade, que dis-je, une cataracte de perles de verre, de gouttelettes, de chapelets, de stalactites, de boules cristallines, de tentacules opalescents est déversée depuis le plafond sur le visiteur abasourdi.

 

 

 

Et comme on est en Inde, patrie incontestée de la couleur, l'oeil se perd dans un chatoiement multicolore, kaléidoscope qui fait écho aux couleurs vives des tapis, des murs et du plafond du palais.

 

 

Pour couronner le tout, des miroirs aux encadrements d'or fin, placés au coin de chaque pièce, renvoient à l'envie, l'image de ce déferlement scintillant.

 

 

 

Et n'oublions pas les appliques murales, plus discrètes, qui égrennent leurs perles brillantes dans les recoins, les encoignures, qui auraient autrement échappé au déluge cristallin ambiant.

 

 

Ce palais, on le comprend aisément, a été souvent décrit comme 'le Palais des Lumières'. Sa construction a démarré en 1838, à l'initiative du nabab - éclairé - Mohammed Ali Shah, l'un de ces seigneurs musulmans d'origine shiite persane qui contrôlèrent la région à partir du déclin des princes moghols... avec la bénédiction des autorités britanniques.

 

   

 

Il se trouve qu'en 1838, une effroyable famine sévissait dans la région. Le mérite revient à l'illustre nabab d'avoir instauré avant l'heure un programme 'Travail contre Nourriture' qui permit à des milliers d'ouvriers employés à la construction de l'ouvrage - et à leur famille - de ne pas mourir de faim.

 

 

Il convient de préciser toutefois qu'alors que les simples ouvriers travaillaient le jour quand la température flirtait allégrement avec les 50°, les gens de plus noble extraction travaillaient eux la nuit.. à la fraiche.

 

 

Ceci dit, le palais fut achevé en 1842 et servit en fin de compte de mausolée au nabab dont le tombeau, ainsi que ceux de son épouse et de ses enfants, se trouve dans le palais même.

 

 

Entretemps , ce seigneur épris de luxe et de lustres avait eu l'idée lumineuse de faire venir d'Europe (principalement de Belgique nous dit-on) ces chandeliers extraordinaires et multicolores.

 

 

On imagine sans peine les fêtes somptueuses qui ont pu se dérouler dans cet éblouissant environnement.

 

 

Allons, un dernier lustre pour la route ??

 

 

oooOOOooo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un Palais qui a du lustre
Repost 0
Published by Jean-François - dans Voyages
commenter cet article
6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 23:10

Vous ne vous en êtes peut-être pas encore vraiment rendu compte, mais il y a à Paris plus de lions que dans toute la savane africaine.

 

Bien sûr, vous penserez tout de suite au plus majestueux d'entre eux, place Denfert -Rochereau, sculpté par Bartholdi - celui de la statue de la Liberté -, réplique au tiers du lion de Belfort, mais il n'est que le représentant le plus visible de la foule de grands fauves qui s'est subrepticement appropriée la capitale.

 

Regardez bien, ils sont partout. Tapis sous votre fenêtre, rue Montorgueil.  

 

Dissimulé sous votre balcon, rue de Valois.

 

Jouant les descentes de lit, quai des Célestins.

 

Déguisés en cariatides ailées, avenue de Tourville.

 

Surveillant les allées et venues au-dessus de vos têtes, rue Condorcet.

 

Guettant vos moindres faits et gestes depuis le toit des Archives Nationales, rue des Archives (évidemment).

 

Boulevard de Ménilmontant, ils contrôlent carrément l'accès à votre immeuble.

 

Ce contrôle semble d'ailleurs s'exercer plus discrètement rue Vivienne.

 

Il convient toutefois de préciser que cette prise de pouvoir ne s'est effectuée que fort progressivement et qu'un esprit de revanche sur le triste sort du lion de Némée (dont l'image - ô combien humiliante - est toujours visible dans la cour carrée du Louvre) a longtemps animé les grands félins. 

 

Pour arriver à leurs fins il leur a bien souvent fallu tirer la langue, comme ici, boulevard Saint-Germain.

 

Pour survivre, ils ont parfois servi de repose-poulaines aux gisants de Saint-Denis.

 

Ils ont subi sans rugir les jeux stupides d'angelots frondeurs qui les utilisaient comme montures, ainsi qu'en témoigne ce bas-relief sur la porte d'un hotel particulier de la rue  Vieille-du-Temple

 

 Ils ont dû tenir avec les dents, qu'ils ont certes puissantes, (tout de même!) les marquises du Bon Marché.

 

La haute finance avait fini par en faire de ridicules accoudoirs, ainsi qu'on peut le vérifier au fronton du siège de la BNP, rue Bergère.

 

 

Mais quel chemin parcouru depuis ! Les grands fauves ont désormais placé leurs économies au Crédit Lyonnais, cela va sans dire, et ils ménent à présent une existence dorée, qu'illustre ce lion repu rue St.Honoré.

 

Plus besoin de se cacher derrière une guirlande de feuillage, comme ce lion craintif de la rue Charlemagne. 

 

Le monde appartient aux lions, dixit ce fier porteur de crinière, avenue de Villars.

 

 

Certains en deviennent bouffis d'orgueil à l'exemple de ce specimen indigne de la rue du Faubourg St.Honoré.

 

Mais c'est vraiment place Saint Sulpice que l'on peut mesurer l'étendue de l'emprise de la gent léonine sur Paris. Aux quatre points cardinaux de la fontaine des quatre évêques (qui ne furent jamais nommés cardinaux...), des lions rugissants tiennent solidement entre leurs griffes les armoiries de la ville.

 

L'un d'eux d'ailleurs est fou de rage et ne supporte pas l'ignominieuse présence d'un pigeon lèse-majesté venu souiller sa noble crinière.

 

Alors, si d'aventure vous rencontrez un lion endormi, tel celui du musée Jacquemart-André, boulevard Haussmann, de grâce, ne le réveillez surtout pas.

 

Comme vous pouvez le constater sur cette fresque murale de la rue de l'Ourcq, son réveil serait vraiment terrible.

oooOOOooo

 

Les Lions ont envahi Paris
Repost 0
Published by Jean-François
commenter cet article
19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 18:00

Cette fois-ci, je vous convie à une promenade poético-relaxante, qui combine découverte pédestre et navigation tranquille sur ces canaux qui font le charme du Nord-Est de la capitale.

Départ du parc de La Villette dans le 19ème Arrondissement.

 

 

Non loin de l'embarcadère, là où le Bassin de La Villette rejoint le canal de l'Ourcq, le manège Jules Verne tourne inlassablement et le joli Nautilus bleu-pâle du Capitaine Nemo obtient toujours les faveurs des enfants épris d'aventure.

A la jonction du bassin et du canal Saint-Denis, les péniches amarrées ont des noms évocateurs;

 

 

Nous voilà partis. A l'entrée du canal Saint-Martin, un gentil réverbère semble veiller affectueusement sur les furtifs occupants temporaires de la berge.

 

 

Côté quai de Valmy, passée la place de la bataille de Stalingrad, les taggeurs et autres adeptes du street art ont donné libre cours à leur talent ou exprimé leurs révoltes.en couleurs somptueuses.

 

Mais revenons au canal Saint-Martin au fil duquel nous voguons maintenant paisiblement. Il relie le bassin de La Villette au port de l'Arsenal qu'il rejoint après 9 écluses et 2 ponts tournants et après avoir disparu sous terre, ou plutôt sous le boulevard Jules Ferry, le boulevard Richard Lenoir et la place de la Bastille, soit un total de.4,55 km, dont 2 en souterrain, pour une dénivellation totale.d'environ 25m.

Ce serait bien sûr un lieu commun que d'évoquer le charme incontestable de ce canal, avec ses écluses aux eaux bouillonnantes, ses élégantes et romantiques passerelles, ses berges bordées de platanes centenaires et ses rives où il fait bon flâner, truffées de restos sympa et de boutiques originales.

 

 

 

 

Bien sûr, un esprit chagrin pourrait se demander pourquoi a t'on affublé de noms lugubres certains lieux traversés, comme le bassin des Morts ou l'écluse des Morts, Tout bonnement parce que s'élevait là autrefois, dans le quadrilatère constitué par le quai de Jemmapes, la rue des écluses St. Martin, la rue Louis Blanc et la rue de la Grange aux Belles (un si joli nom...), le sinistre Gibet de Montfaucon qui pouvait exposer à la vue du bon peuple de Paris jusqu'à 50 pendus à la fois, à des stades divers de décomposition. Il a été détruit en 1760, mais sa simple évocation rafraîchit tout de même l'atmosphère.

Tiens, à propos d'atmoshère, voilà que le passage dans l'écluse des Récollets nous donne l'occasion de rêver devant le si romantique Hotel du Nord.

 

 

Même si le célèbre film de Marcel Carné fut en fait tourné aux studios de Billancourt et le décor de l'hotel entièrement reconstitué, il n'en demeure pas moins que l'endroit dégage un charme certain, même s'il ne s'agit plus que d'une façade et que le café-restaurant qui occupe le rez-de-chaussée a un décor d"époque" lui aussi reconstitué.

Passées les écluses du Temple, le canal disparaît sous terre dans ce que l'on appelle les voûtes. ll ne réapparaîtra à l'air libre qu'après la place de la Bastille, traversant la "marina" de l'Arsenal, plus évocatrice de plaisances hauturières que du coeur historique de la capitale.

Là dessous, il régne une atmosphère (décidément !) étrange.

 

 

La ventilation et l'éclairage des voûtes sont assurés par des "oculi", sorte de puits de lumière grillagés circulaires , espacés chacun de 60 ou 120 mètres, qui débouchent directement au dessus sur les squares et espaces verts de la longue promenade qui se termine au square St. Sabin.

 

 

Bien que cette pérégrination dans les entrailles parisiennes soit bien "envoûtante", il serait tout de même dommage de ne pas jeter un oeil sur ce qui se passe en surface où le trafic incessant du boulevard Richard-Lenoir ignore superbement qu'en dessous coule une rivière.

 

 

On a beau être un tag, on n'en a pas moins soif, semble affirmer ce personnage apperçu au travers des fontaines du square Richard-Lenoir et qui paraît absorber goûlument cette eau providentielle.

 

 

Et dire que certains prétendent qu'il n'y a pas de cigognes à Paris !!

 

Au numéro 57 du boulevard, un ancien hôtel particulier à l'impressionnante façade de style Louis XVI / Empire, tranche avec l'anonymat des immeubles environnants, évocateur d'un passé fort différent de la vie actuelle du quartier. 

Arrivés place de la Bastille, on ne peut qu'être saisi par ce maëlstrom incessant d'une circulation automobile débridée (sauf bien sûr si on continue à jouer les égoutiers dans le canal...). Il suffit pourtant d'à peine quelques pas pour vous retrouver hors du temps, hors du bruit et de la foule, avec l'impression d'être soudainement plongé plusieurs siècles en arrière quand les sabots des chevaux résonnaient encore sur les pavés.

 

 

Au débouché du boulevard Richard-Lenoir sur la place de la Bastille, tout près de l'accès au métro, l'entrée de la cour Damoye passe pratiquement inaperçue tant les terrasses des cafés sont envahissantes, pourtant, à peine franchi le seuil, on est en plein XVIIIème siècle. .et au calme. La cour pavée est bordée de beaux immeubles restaurés, caractéristiques de l'époque,avec boutiques d'artisans et poutres apparentes en rez-de-chaussée. Un vrai bonheur !

Le quartier Saint-Antoine est d'ailleurs prodigue en heureuses surprises.pour qui sait échapper au brouhaha incessant des voies principales.

 

 

Le passage du Cheval Blanc, par exemple, auquel on accède par un coude discret depuis la place, côté rue de la Roquette, offre une amusante succession de cours qui nous font voyager au fil du calendrer: cour Janvier, cour Février et ainsi de suite  jusqu'à Juin. Toutes sont bordées d'ateliers, certains à pans de bois datant du XIXème siècle, qui servirent longtemps de dépôts aux artisans du Faubourg.

Après avoir emprunté la rue de Lappe, plus active la nuit que le jour  et où les paveurs semblent n'avoir tenu aucun compte des instructions pourtant explicites de l'établissement devant lequel ils travaillent... 

 

 

...nous traversons la rue de Charonne et pénétrons dans le passage Lhomme qui sera l'aboutissement de cette deuxième balade parisienne.

 

 

Un hâvre de paix. On se croirait loin, quelque part en province..Les glycines embaument et les vignes s'accrochent aux façades. Fait plutôt rare à Paris, on entend les oiseaux...

 

 

Quelques anciens ateliers subsistent, fleurant bon la colle et le vernis, évocateurs de la vie du Faubourg au siècle dernier.

 

 

La porte défraîchie d'un garage d'antan nous laisse imaginer la sortie du dimanche de la torpedo de nos grands-pères.

Paris décidément n'en finit pas de nous surprendre.

 

oooOOooo

Balades à la rencontre d'un Paris insolite (2)
Repost 0
Published by Jean-François
commenter cet article
15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 22:10

Pour la majorité de ses visiteurs, Paris c'est surtout la Tour Eiffel, Montmartre, Pigalle, le Louvre, Notre Dame et les Champs Elysées.

 

 

Force est de reconnaître cependant qu'à la différence des habitants stressés qui marchent le portable vissé à l'oreille en regardant le bout de leurs chaussures, les touristes eux, prennent le temps d'arpenter la capitale le nez en l'air. Ils y découvrent souvent des lieux et des détails ignorés même des parisiens.

 

 

Sans aller jusqu'à suivre à la lettre cette recommendation notée au bord du canal de l'Ourcq, car de malencontreuses déjections canines placées sous nos pas pourraient alors nous ramener aux dures réalités de la vie urbaine, il est un fait que si l'on ne lève pas suffisamment le menton on risque fort de passer à côté de bien des endroits, cachés ou insolites, révélateurs d'un Paris fascinant.

 

Vous êtes peut-être passés vingt fois devant le 42 de la rue Galande, dans le 5me Arrondissement.

 

 

Avez-vous jamais remarqué ce curieux bas-relief en pierre ?? Il représente un personnage auréolé, debout sur une barque traversant un fleuve impétueux, entouré par deux rameurs, un homme et une femme, se dirigeant vers une petite maisonnette sous les arbres. Il s'agit de la plus vieille enseigne de Paris,datant du début du 14ème siècle. Le rameur est St Julien l'Hospitalier,devenu passeur avec sa femme en expiation d'un crime. Le personnage auréolé n'est autre que Jésus, qui s'était fait passer pour un lépreux en sollicitant le passage. Les aubergistes du Moyen-Age plaçaient volontiers leur établissement  sous la protection de St Julien, considéré alors comme patron des voyageurs !!

 

A quelques pas de là, en franchissant allégrement six siècles, on trouve, au 27 de la rue Saint-Jacques, un bien étonnant cadran solaire.

 

 

Il est l'oeuvre de Salvador Dali et représente un visage en forme, bien sûr, de coquille St. Jacques en mémoire des pélerins qui passérent par là au fil des siècles.

 

 

Le cadran, qui n'est d'ailleurs pas particulièrement précis, fut inauguré par le Maître en personne en 1966 au cours d'une cérémonie délirante dans la pure tradition mégalomaniaque de l'artiste.

Aujourd'hui, de même que pour l'enseigne vénérable de la rue Galande., peu de gens lévent le nez et remarquent ce drôle de cadran.

 

Avant de quitter le quartier, accordons juste un petit clin d'oeil, rue Dante, à ces cariatides, visiblement fatiguées de supporter le poids d'un lourd balcon.

 

 

Mais en matière de cariatides, c'est bien dans le 3ème Arrondissement, dans le secteur des Arts et Métiers, qu'il faut musarder  La surprise est alors garantie.

On peut très bien passer au pied de l'immeuble du 39, rue Réaumur et ne rien remarquer du tout, car c'est au niveau du 4ème étage qu'il faut porter son regard, et pour cela il est préférable de se poster sur le trottoir d'en face.

 

Ces bustes de femme, disons un peu grassouillette, sont à l'image d'une seule et même personne, une danseuse d'origine américaine, Loïe Fuller, fort admirée à la fin du 19ème siècle, notamment par Toulouse-Lautrec et Rodin. Elle dansait parait-il divinement. Bien oubliée aujourd'hui, la voici condamnée à soutenir sans fin de son bras potelé le balcon de cet immeuble Art Déco.

Non loin de là, dans une vitrine qui reflète les ogives gothiques de Saint Nicolas des Champs, des mannequins paraissent esquisser un étrange ballet.

 

 

Un hommage peut-être à la danseuse disparue.

 

C'est toutefois au 57 de la rue de Turbigo que l'on peut découvrir la plus grande, la plus incroyable et la plus mystérieuse des cariatides de Paris.

 

 

Gigantesque femme-ange aux ailes largement déployées, haute de trois étages, vêtue à la mode Second Empire, elle tient un rameau de myrthe de la main gauche, et une curieuse petite bourse de la main droite, qui la fit surnommer un temps 'La Dame qu'a le sac'.

 

 

Elle a sans conteste quelque chose de troublant et d'énigmatique. Agnès Varda ne s'y était pas trompée, qui en fit une figure emblématique de son court-métrage sur les cariatides de Paris.

 

Poursuivant notre déambulation, après un court arrêt devant une vitrine du quartier pour contempler une partie de jambes en l'air, digne d'une revue des Folies Bergères,

 

 

nous franchissons le boulevard de Sébastopol, qui fait office de frontière avec le 2ème Arrondissement voisin.

 

Rue Réaumur, une vitrine au symbolisme onirique.

 

 

Cette autre, rue d'Aboukir, pourrait nous faire douter, s'il en était besoin, de notre perception des couleurs, et nous voici enfin place du Caire, à l'entrée du passage commerçant du même nom.

 

 

Avec ces têtes de déesses au gros nez, ces hiéroglyphes approximatifs, ces colonnes et ces fenêtres à l'orientale, on est en pleine egyptomanie triomphante.

 

 

L'immeuble fut en effet édifié à l'époque où Bonaparte menait, sur les rives du Nil, la campagne victorieuse que l'on sait.

Et maintenant, pour conclure en beauté cette première pérégrination dans un Paris méconnu, un nouveau grand saut dans le temps au 51 de la rue de Montmorency où se trouve la plus ancienne maison de Paris.. jusqu'à nouvel ordre, car la capitale, contrairement à d'autres villes, est plutôt chiche en authentiques demeures médievales et les revendications d'ancienneté sont parfois sujettes à caution.

 

 

L'austère demeure, à la façade plutôt ingrate, date de 1407.Elle abrite aujourd'hui un restaurant que le 'Guide du Routard' qualifierait de 'chic et cher'.

 

 

Son histoire pourtant n'est pas inintéressante. Elle appartenait à l'origine à un écrivain-juré de l'Université de Paris, Nicolas Flamel. Ce dernier, et son épouse Dame Pernelle, logeaient gratuitement à l'étage les travailleurs des environs grâce aux revenus des loyers des boutiques du rez-de-chaussée. Un bandeau courant sur l'édifice rend toujours hommage à la bonté de ce couple charitable.

 

 

Voilà, Paris est une mine inépuisable de découvertes et d'émotions, et j'espère revenir bientôt avec de nouvelles balades curieuses ou insolites.

 

oooOOOooo

 

Repost 0
Published by Jean-François
commenter cet article
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 15:34

 

Il fait froid.

Dans le parc délaissé, les statues, esseulées, se promènent.

 

015

 

Les arbres nus, réduits à l'essentiel, se découpent sur l'horizon,

comme radiographiés.

 

P1040671

 

Leurs branches, semblables à des neurones aux terminaisons foisonnantes,

paraissent puiser dans le ciel blanc la vie que la terre leur refuse. 

 

P1060747 (1)

 

Leur immobilité n'est qu'apparence.  

Les branches se tordent, se convulsent, se cabrent.

 

P1060745

 

Tour à tour zébrures cinglantes, ondulations abyssales.

 

P1060748

 

Grapheurs célestes, les arbres écrivent au-dessus de nos têtes,

à grands traits d'encre de Chine, une mystérieuse calligraphie.  

 

P1060744

 

Que signifient ces enroulements, ces enchevêtrements, cet inextricable labyrinthe ?

 

P1060750

 

Quel éclair aveuglant a soudainement figé ces noires contorsions,

ces fouets claquant dans le silence ?

 

750

 

Saisi au beau milieu d'une danse sauvage,     

est-ce le génie de la forêt qui bondit ainsi d'arbre en arbre ?

 

751 

 

Quand le printemps reverdira les bois il échappera de nouveau à nos regards,

et la sève nourricière irriguera une fois de plus les branches

Leurs rameaux assoiffés n'iront plus implorer le ciel ...

jusqu'à l'hiver prochain !

oooOOOooo

Hivernale
Repost 0
18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 13:05

 

Attendre, pour un banc, c'est une seconde nature. Tous les bancs attendent quelque chose ou quelqu'un... mais chacun à sa manière !

 

P1060764

 

Banc attendant un train sur la quai d'une gare.

 

P1060766-copie-1

 

Banc attendant un autre train sur le quai d'en face.. mais dans l'autre sens !

 

P1060448

 

Banc attendant que la messe soit dite.

 

309

 

Bancs à la campagne attendant la sortie de l'école.

 

Un banc pour observer les baleines - Hermanus, Afrique du S

 

Banc attendant le retour des pêcheurs.

 

P1060719

 

Bancs attendant la fonte des neiges.

 

013b (3)

 

Banc zen attendant l'illumination.

 

P1000671

 

Banc camouflé attendant la fin des hostilités.

 

P1000473

 

Banc sur son trente et un, attendant que la fête commence.

 

P1010090

 

Banc timide, s'attendant à être grondé.

 

P1020699

 

Banc attendant que le brouillard se dissipe.

 

673

 

Banc attendant le retour - improbable - de son occupant.

 

P1010408

 

Banc n'attendant plus rien ...

 

oooOOooo

Repost 0
Published by Jean-François - dans Photographie - Voyages
commenter cet article
7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 19:05

 

A en croire les dictionnaires, l'eau est un liquide transparent, insipide, inodore et... INCOLORE.

Et bien, sachez que l'on vous trompe !!

 

P1030733

 

Au Musée de Roubaix, lorsque la grande verrière, traversée par le soleil, se reflète dans le bassin central, oseriez-vous prétendre que l'eau est incolore ?

 

P1040961

 

Lorsque cette même eau dessine des arabesques folles au fond de la piscine, pourriez-vous soutenir encore qu'elle n'a pas de couleur ?

 

013d (3)

 

Si vous vous penchez à l'automne au bord de la rivière, ne trouvez-vous pas que l'eau se pare de teintes chatoyantes ?

 

P1040644

 

En hiver, lorsque de liquide elle devient solide, ne brille t'elle pas toujours de mille reflets dorés ?

 

Portofino 14

 

Et la Méditerranée, elle n'est pas bleue peut-être la Méditerranée ?

 

0053

 

Au port, l'eau offre un miroir multicolore et mouvant aux façades qui s'y mirent.

 

P1040896 

 

Le moindre frémissement de sa surface y fait naître des formes extravagantes.

 

DSCN0873

 

Dans le discret bassin d'un parc, elle offre aux statues impudiques la chance de s'y contempler.

Miroir, mon beau miroir ...

 

P1020621 

 

Ailleurs, ce sont des palmes échevelées qui disputent aux poissons rouges et aux nénuphars, l'honneur d'imprimer leur image sur la  surface liquide. 

 

P1020894

 

La mer, quant à elle, aux mille couleurs changeantes, efface inlassablement sur le sable.. etc. etc.

 

052 (1)

 

Allons, je sens que vous commencez à douter sérieusement de l'absence de couleur de l'eau.

 

P1030211 

 

Il est vrai qu'elle s'y entend, l'eau, pour brouiller les pistes. La Mer Noire peut très bien devenir rouge au crépuscule, et la Mer Rouge s'assombrir sous un ciel d'orage...

 

La Défense 53

 

En conclusion, croyez-moi, laissez de côté les dictionnaires et regardez l'eau d'un oeil neuf.

Vous en verrez sûrement de toutes les couleurs !!

oooOOOooo

 

Repost 0
Published by Jean-François - dans Photographie - Voyages
commenter cet article
4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 19:15

 

 

Giverny 006-copie-1

 

Printemps à Giverny

 

Un banc au paradis - Bird Island, Seychelles

 

Eté à la plage (Seychelles)

 

512-copie-1

 

Automne en fôret de St.Germain

 

P1060738

 

Hiver à Paris (Parc Monceau)

 

Et dire que certains pensent que les bancs sont casaniers...

Repost 0
Published by Jean-François - dans Photographie - Voyages
commenter cet article
10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 18:35

 

Dans le vent de la plage, un danseur immobile

 

DSCN0915

 

esquisse un entrechat, araignée malhabile.

 

Imploration

 

Il danse pour ses frères, emprisonnés au loin.

 

530b

 

Il danse pour tous ceux qui se convulsent en vain.

 

DSCN1072

 

Etrangers à ces rives, arrachés à la terre,

 

DSCN1074

 

Squelettes abandonnés, épaves solitaires.

 

P1000526

 

Ils ont été forêt, ils ont été feuillage.

 

DSCN0921

 

La mer les a jeté, blanchis, sur le rivage.

 

DSCN1078

 

Ballotés par les flots et repris par les vagues,

 

P1000535

 

Ils ont échoué là où la raison divague.

 

DSCN1076

 

S'ils implorent le ciel en gestes pathétiques,

 

DSCN1065

 

Le sable emporte au loin leur muette supplique.

 

P1000531

 

Ils n'ont plus de mémoire, nul ne connait leur âge.

 

029

 

Ils servent de perchoir aux oiseaux de passage.

 

DSCN0960

 

Le vent assourdissant rend leur plainte inaudible.

 

DSCN0915

 

Le danseur, seul, poursuit ses ébats impossibles.

 

oooOOOooo

 

Mise à part la photo n°2, prise dans le quartier de la Défense à Paris, toutes les photos illustrant ce (mauvais) poème ont été prises sur une plage de Bird Island aux Seychelles.

 

 

 

Repost 0
Published by Jean-François - dans Photographie - Voyages
commenter cet article
29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 19:25

 

Nous avions laissé notre héron voyageur parcourir le monde en rêve et s'émerveiller de ses découvertes.

 

P1010162-copie-1

(héron cendré des Galapagos)

      D'une curiosité insatiable, il avait poursuivi son périple et, têtu comme peut l'être un héron, il s'aventurait toujours plus loin.  

 

P1010114

(paysage de la cordillère orientale, Equateur)

      Il avait ainsi franchi des montagnes..

 

DSCN0297

(réserve de Samana, Rép. Dominicaine)

      .. et manqué se perdre dans d'inextricables mangroves.                                                          

 

P1000554

(désert du Namib, Namibie)

      C'est après avoir survolé un désert rougeoyant qu'il se trouva soudain confronté à de bien dures réalités.

 

DSCN1013

(rassemblement de sternes avant leur migration annuelle, Seychelles)

      La sécheresse avait sévi sur d'immenses territoires et des populations entières avaient été déplacées.

 

DSCN1009

 

Des camps de réfugiés avaient bien été mis en place à la hâte...

 

220

 

.. mais de nouveaux arrivants affluaient sans cesse.

 

Oiseaux1

(calaos au Kenya)

      La distribution de nourriture par les ong en place donnait lieu à un indescriptible chaos..

 

P1040284

(aigrettes et cormorans au Pantanal, Brésil)

      Ailleurs, sévissait la ségrégation et blancs et noirs ne se mélangeaient guère.

 

451

(vol de frégates aux Seychelles)

Ailleurs encore, il y avait la guerre, et la menace venue du ciel était constante.

 

DSCN0904

(noddi bruns, espèce endémique aux Seychelles)

      Les survivants se terraient dans les décombres

      020

 

      ..  car les snipers rendaient toute sortie aventureuse.

 

DSCN1039

(bébé phaéton aux Seychelles)

      Les orphelins tremblaient d'effroi dans des refuges improvisés

 

DSCN1057

(noddi brun, Seychelles)

      .. et chacun s'abritait des projectiles comme il le pouvait..

 

P1030322

(réserve de Betty's Bay, Afrique du Sud)

      Le régime dictatorial en place avait transformé des îles au large en colonies pénitentiaires.

 

Pélican

(pélican en Rép. Dominicaine)

      Les abords en étaient sévèrement contrôlés.

 

P1010226

(pélican des Galapagos)

      Partout des miradors.

 

P1010246

(fous à pattes bleues, Galapagos)

      Partout d'inflexibles vigiles.

 

P1030179

(pingouins du Cap à Boulders Beach, Afrique du Sud)

      Les détenus traînaient leur ennui au long de jours interminables.

 

P1030336

(pingouins du Cap à Betty's Bay, Afrique du Sud)

      et toute tentative d'évasion par la mer était vouée à l'échec.

 

P1010254-copie-1

(héron blanc aux Galapagos)

      Notre héron se dit alors que, même si le vaste monde regorgeait de merveilles, rien ne valait au fond la douce sécurité d'un chez-soi bien tranquille.  

 

P1010237-copie-1

(héron des rochers aux Galapagos)

C'est au moment où, intriguée sans doute par la présence en ces lieux d'un insolite étranger, une hérone indigène le dévisageait avec insistance - ce qui, entre nous, eut pu faire évoluer l'histoire sur un mode fort différent -  le héron de cette histoire fut tiré brutalement de sa longue rêverie

 

Camoglie 62

(port de Camoglie, Italie)

      La pause terminée, le port de pêche bruissait à nouveau d'une intense activité..

 

Camoglie 32bis

(Camoglie, Italie)

Tout en feignant la somnolence, le chat, dans la barque à côté, s'était dangereusement rapproché, or notre héron,   malgré sa taille imposante, n'avait qu'une confiance relative dans la gent féline. Les chats, n'ayant pas à ce jour ratifié le pacte de non-agression à l'encontre des espèces à plumes, le héron jugea opportun d'aller se dégourdir ailes et pattes en un autre lieu..  

 

213

(héron cendré des Galapagos)

      Il quitta donc à regret son emplacement favori et s'en retourna contempler la mer.

 

Camoglie 86

(Camoglie, Italie)

      Mais serait-ce la conséquence de son étrange rêve, à compter de ce jour, il ne jalousa plus les oiseaux de mer pour la facilité qu'ils ont à parcourir les océans et à se reposer sur les flots

 

oooOOOooo

 

Repost 0
Published by Jean-François - dans Photographie - Voyages
commenter cet article

Présentation

  • : Mémoire de Rivages
  • Mémoire de Rivages
  • : Pourquoi ce blog? Pour ne pas oublier tous ces rivages, proches ou lointains, que j'ai connus, pour faire partager ces regards, ces visions, ces impressions fugaces, ces moments suspendus et qui ne se reproduiront plus, pour le plaisir de montrer des images et d'inventer des histoires, pour rêver tout simplement..
  • Contact

Profil

  • Jean-François
  • Amoureux invétéré des voyages, des tropiques, des bords de mer, des jardins, de la nature, de l'art etc.. etc..
  • Amoureux invétéré des voyages, des tropiques, des bords de mer, des jardins, de la nature, de l'art etc.. etc..

Recherche

Catégories