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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 18:33

 

Dans le merveilleux Jardin Exotique de Monaco, il est tout-à-fait possible d'imaginer qu'un coup de baguette magique vous a soudain transporté au cœur désertique du Nouveau Mexique.

Un Nouveau Mexique sans crotales, serpents cracheurs, scorpions et autres tarentules, et où la température diurne serait devenue miraculeusement plus conforme à nos conceptions d'une chaleur supportable.

Le Jardin Exotique de Monaco, nul ne l'ignore tant il est mondialement connu, abrite la plus belle collection qu'il soit possible de rêver, de ces plantes que l'on désignait autrefois vulgairement sous le vocable de 'plantes grasses' et que l'on nomme désormais plus délicatement, des succulentes.

Un monde d'agaves, d'aloès, de yuccas, de cierges, d'euphorbes, d'échinocactus et de melocactus et de tant d'autres espèces, un monde à donner le tournis au plus aguerri des cactophiles.

Et, cerise sur le gâteau - pardon, floraison sur le cactus - cette explosion épineuse déroule langoureusement ses fastes sur les pentes d'un impeccable jardin de rocailles.

Un lacis d'allées, de passerelles et d'escaliers offre à chaque instant, et de vertigineuse manière, ce que les dépliants touristiques appelent communément 'des vues à couper le souffle', sur la Grande Bleue scintillante, la sublime baie de Monte Carlo, et le célèbre rocher d'un Prince qui aimait tant la mer que, vu de loin, il donne l'impression qu'à son tour il va larguer les amarres et suivre les blancs paquebots qui croisent sous le soleil.

Les images ce cette vidéo ne sont pas une présentation à proprement parler du Jardin Exotique, mais une suite d'impressions visuelles, d'éblouissements, de sensations, et surtout de regards scrutant la texture, la géométrie étrange de ces plantes fascinantes et mystérieuses dont l'originalité ne cesse de surprendre.

 

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Au Jardin Exotique de Monaco
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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 18:06

 

On ne fait pas la grasse matinée dans la plus grande volière au monde !

Dans le Pantanal, à peine les premières lueurs de l'aube ont-elles commencé à dissoudre l'obscurité, que des milliers et des milliers d'oiseaux, des grands, des petits, des minuscules, des ras sur pattes ou au contraire juchés sur d'interminables échasses, décident brusquement, mais dans un désordre absolu, de participer à la grande cérémonie quotidienne : l'ouverture symphonique et cacophonique célébrant la naissance du jour..

 

jacquespoulardphoto.fr

 

Dans le cadre d'une compétition destinée sans aucun doute à démontrer que, dans le tintamarre général, il est toujours possible de surpasser son voisin, c'est à qui chantera, pépiera, sifflera, jacassera, caquetera ou trompettera le mieux et le plus fort..

Cependant, dès que le jour prend de la vigueur, la competition des ramages cède peu à peu la place à la confrontation des plumages. 

Il serait vain de décrire ici la diversité des livrées de tous ces volatiles tant est riche la palette de coloris dont ils se parent et qu'aucun nuancier ne parviendrait à assembler.

 

 

photo tourisme-brazil.com

 

Aigrettes neigeuses à la blancheur immaculée, spatules roses, ibis rouges ou verts, pénélopes bleues, toucans bicolores, moucherolles vermillon, paroare à tête écarlate et bec jaune, aras multicolores, la gamme est vaste jusqu'à l'emblématique ara hyacinthe, devenu rarissime, dont le bleu profond aurait rendu Yves Klein lui-même vert de jalousie. 

 

blogdestinomundo.com

 

Tout ce beau monde va désormais se livrer à l'activité commune à tous les animaux de la création : la quête continue et obsessionnelle de nourriture.

Une recherche tellement importante aux yeux de l'impatient hocco qu'il en oublie toujours de se coiffer avant de partir déjeuner !

 

photo tourisme-bresil.com

 

C'est au beau milieu de cette effervescence matinale que dame caîman était venue prendre position, surveillant sans en avoir l'air les déplacements d'une colonie de piranhas. 

On aurait pu croire qu'il s'agissait d'une branche dérivant à la surface de l'eau tant son immobilité était parfaite.

 

 

C'est alors qu'apparut sur la berge un magnifique cheval blanc.

Il était seul et resta lui aussi un long moment immobile, plongé sans aucun doute dans ses pensées équestres.

Notre caîmane en resta bouche bée, ce qui, après tout, n'est pas une attitude si inhabituelle que cela pour un caïman.

Elle ne pouvait simplement pas détacher son regard de cette blanche apparition.

 

 

Dire que ce fut un coup de foudre serait un bien faible mot, car longtemps qprès que le cheval eut disparu, elle demeura comme paralysée, oubliant même - fait exceptionnel - son petit déjeuner de piranhas.

Dès lors, elle n'eut plus qu'une idée en tête, revoir au plus vite le beau cheval blanc ..

 

 

 

Elle se mit à le guetter lorsqu'il se reposait dans son enclos.

Elle avait repéré les heures auxquelles il avait l'habitude de venir boire.

Elle se cachait alors et le contemplait de loin, dissimulée derrière un tapis de plantes aquatiques.

 

 

 

Puis, s'enhardissant peu à peu, elle se rapprocha chaque jour davantage jusqu'à venir s'immobiliser en face du groupe de chevaux qui se désaltéraient.

 

 

 

Elle pouvait passer ainsi des heures et des heures sans bouger, bien après que le groupe de chevaux se fut éloigné, repassant dans sa tête la blanche apparition.

Elle en vint même à le suivre quand il transportait des touristes en balade dans le marécage.

 

 

photo hiddenpousadasbrazil.com

 

Une telle situation ne pouvait passer longtemps inaperçue.

Le Pantanal a son concierge, le kamichi à collier, un gros oiseau un peu balourd, par ailleurs excellent nageur et planeur de haut vol, qui passe le plus clair de son temps juché au sommet des arbres à surveiller les allées et venues des habitants de ce domaine lacustre.

Rien ne lui échappe, ce qui, à l'occasion, présente l'avantage d'avertir tout le monde d'un danger immédiat, son cri tonitruant s'entendant à des kilomètres à la ronde.

 

 

Le kamichi avait bien entendu remarqué le manège de la caïmane.

On ne tarda donc pas à jaser dans les branchages.

 

 

Le grand héron cendré se tordit le cou pour avoir trop voulu observer une affaire aussi insolite.

 

 

Le milan des marais s'apitoya sur le comportement déplorable de l'infortunée caïmane qu'il voyait passer et repasser sous son perchoir.

 

 

Les palmipèdes bien-pensants s'offusquèrent.d'une situation aussi contraire aux bonnes moeurs.

 

 

Toute entière à sa poursuite du beau cheval blanc, notre caïmane en était arrivée à délaisser son nid, une faute impardonnable compte-tenu du nombre de prédateurs potentiels ravis de profiter d'une telle négligence. 

 

 

C'en était trop pour la famille qui décida de réunir un grand conseil auquel assistèrent même de lointains cousins venus des quatre coins du grand marécage.

 

photo tourisme-brazil.com

 

L'adulation de l'espèce chevaline n'entrant pas dans les normes comportementales habituelles des caïmans, la coupable fut vertement réprimandée et priée, sous peine d'exclusion définitive de la communauté, de s'en tenir aux us et coutumes de l'espèce.

Tout rentra donc dans l'ordre, et la vie au Pantanal put reprendre son cours normal.

 

 

A la saison humide, quand le soir descend à nouveau sur les prairies inondées et que l'obscurité commence à estomper les contours du paysage, on peut apercevoir, si on éclaire la surface de l'eau avec une torche, des dizaines de petits points lumineux qui vont par paires.

 

 

Ce sont les yeux des caïmans.

Il n'est pas inconcevable que, dans l'un de ces regards, subsiste encore l'image lumineuse d'un beau cheval blanc qui avait un temps jeté le trouble dans l'âme innocente d'une jeune caïmane.

Elle avait fini par admettre que les chevaux et les caïmans ne peuvent entretenir de liens affectifs durables.

 

 

 

(N.B. C'est toujours à dos de cheval - et non à califourchon sur un caïman - que les touristes découvrent le Pantanal et s'émerveillent de la beauté sauvage de ce site que l'on a qualifié de 'tableau vivant' ...)

 

 

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(photos de l'auteur, sauf indications contraires)

 

Le Caïman amoureux (2)
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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 22:10

 

Je m'en vais vous conter une histoire à laquelle il vous sera peut-être difficile d'adhérer.

Il était une fois une dame caïman - une caïmane si vous préférez - qui était tombée amoureuse d'un beau cheval blanc.

Tout à fait abracadabrantesque, penserez-vous.

Je vous rétorquerai qu'il n'y a pas si longtemps de cela, vous aviez fini par admettre qu'en dépit des difficultés, un petit oiseau et un petit poisson pouvaient fort bien s'aimer d'amour tendre.

 

Patrick O'Reilly - 'Chacun y trouve son compte' bronze - 2003

 

Alors, pourquoi pas une caïmane et un beau cheval blanc ?

La scène se passe au Brésil, dans le Pantanal, une immense zone inondable, grande comme la Belgique et plate comme une galette, qui se trouve dans le centre/sud-ouest du pays, à la limite de la Bolivie et du Paraguay.

 

 

 

Pendant 4 à 6 mois de l'année, durant la saison des pluies, les fleuves, notamment le rio Cuiaba et le rio Paraguay, débordent.

Le Pantanal est alors complétement noyé sous les eaux,

C'est la plus grande zone humide de la planète, et y parvenir à cette époque, ou immédiatement après, n'est pas une mince affaire.

 

 

 

Si toutefois vous parvenez à destination, vos yeux émerveillés découvrent un paradis originel, une extraordinaire réserve de flore et de faune sauvage que l'on a parfois surnommée :

le 'diamant vert du Brésil'

 

photo mauriciotravels.com

 

 

Pour ne parler que de la faune, songez que pas moins de 650 espèces d'oiseaux ont été répertoriées là,

Une liste, même incomplète, des innombrables espèces animales, allant du minuscule moustique au jaguar, qui ont élu domicile dans ce marécage géant, prendrait des pages et des pages..

Il convient tout de même de préciser que la probabilité de rencontrer un moustique est infiniment supérieure à celle de se trouver nez à nez avec un jaguar.

On peut très bien passer une vie entière dans le Pantanal sans apercevoir ne serait-ce que l'ombre de la moustache de ce noble félin.

 

                                                                                                                     ara bleu

 

                                                                                                                                                                                               tapir

 

                                                                                                                                                                                         capivara

 

Mais notre propos n'étant pas de parler des tapirs, tamanoirs, paresseux, capivaras, loutres géantes, anacondas et autres singes hurleurs qui peuplent ce paradis perdu, revenons donc à notre surprenante histoire.

Quand l'eau commence à transformer les prairies en lacs et que la décomposition des organismes végétaux donne aux marigots une étrange coloration rougeâtre, il y a deux catégories d'animaux qui deviennent incontournables dans le Pantanal :

les chevaux et les caîmans

 

 

 

 

Dans ce monde où l'on ne sait plus très bien où commence l'eau et où finit la terre, le cheval -  mis à part le bateau bien sûr - demeure le moyen de locomotion le plus commode.

Il n'est pas rare de rencontrer en chemin, les pantaneiros qui accompagnent leurs troupeaux, véritables centaures qui semblent ne faire qu'un avec leurs montures.

 

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photo wwf.org.br

 

Quant aux caïmans, on ne peut pas les manquer, ils sont partout !

Alors qu'en saison séche ils s'enterrent dans la boue pour noyer leur chagrin, dès qu'arrive la saison des pluies, ils ne se sentent plus de joie et envahissent allégrement cet immense et providentiel terrain de chasse. 

 

 

 

Les caïmans du Pantanal n'ont rien de commun avec leurs cousins les crocos africains, ces gros monstres qui passent le plus clair de leur temps la gueule ouverte, à attendre qu'un oiseau obligeant ait la bonté de venir leur nettoyer les crocs.

 

photo DDEA EDO photography

 

A côté de ces rescapés de la préhistoire, dans le gotha des sauriens, les caïmans font figure d'aristocrates, plus fins, plus racés, plus subtils, avec ce soupçon d'ironie qui leur donne l'air en permanence de se moquer du monde.

 

photo intolatinamerica.com

 

Ils ne sont que modérément dangereux pour l'homme, étant entendu qu'il est préférable que les jeunes enfants ne prennent pas la berge pour un terrain de jeux.

Le Pantanal n'est pas vraiment fait pour les petits enfants. mais qui aurait d'ailleurs l'idée saugrenue d'ouvrir une garderie au coeur du Pantanal ?

La nourriture favorite des caïmans, ce sont les piranhas.

Personne à ce jour n'a exprimé la moindre plainte à ce sujet. 

 

 

photo intolatinamerica.com

 

Deux espèces de caïmans fréquentent assidument le Pantanal, 

Il y a les caïmans à lunettes. Ils sont ainsi nommés, non parce que leur vue déficiente les oblige à porter cet accessoire, mais en raison d'une protubérance osseuse entre les yeux qui évoque vaguement la forme d'une monture.

Leurs proches parents, les jacaré, ont les dents du dessous qui ressortent lorsqu'ils ont la gueule fermée.

On les surnomme caïmans piranhas, c'est tout dire ! 

 

 

Le décor étant posé et les acteurs étant en place, il serait peut-être temps à présent d'en arriver à notre histoire de passion entre une dame caïman et un beau cheval blanc.

Mais voici que tout à coup la nuit tombe sur le Pantanal ...

 

photo tourisme-bresil.com

 

 

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(photos de l'auteur, sauf indication contraire)

 

à suivre ...

Le Caïman amoureux (1)
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