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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 19:04

 

Si l'Eloge de la Lenteur' n'avait pas déjà été écrit,

il faudrait absolument l'écrire à propos de la 

'Flâneuse du Nil'

 

C'est le nom d'une dahabieh, le bateau traditionnel à fond plat

et à deux voiles latines qui, jusqu'au XIXème siècle

constituait l'unique mode de navigation sur le Fleuve Roi.

 

 

Aidée d'un petit remorqueur ou, lorsque les conditions sont favorables,

naviguant tranquillement à la voile,

la dahabieh est le moyen de transport idéal

pour jouir pleinement du spectacle offert par les rives. 

 

 

Tout à bord respire le calme, pas de bruit de moteur.

On ne perçoit que le clapotis du fleuve.

Bercé par le lent et hypnotique défilement de la rive,

on se sent peu à peu gagné par un délicieux engourdissement.

 

 

En des temps moins troublés, 

des centaines de gros bateaux, rutilants et motorisés,

chargés à ras bord de leur cargaison de touristes pressés,

faisaient, en un va-et-vient incessant, la navette entre Louxor et Assouan. 

Leur sillage érodait chaque jour un peu plus des berges

qui, il y a bien longtemps, regardaient passer la barque du Pharaon.

 

 

La baisse de la fréquentation touristique a fait que le flux s'est notablement réduit

et l'habile capitaine peut désormais surveiller d'un oeil expert 

des manoeuvres rendues peut-être moins délicates.

 

 

Lorsque le soleil disparaît derrière l'horizon et que retentit tout près

l'appel à la prière, les lumières s'allument dans la coursive.

Reviennent alors en mémoire les moments forts des escales du jour :

accueil chaleureux des habitants d'un village perdu de Nubie

ou magie de la découverte d'un temple plusieurs fois millénaire.

 

 

La vidéo qui suit se déroule au rythme de la navigation.

Les rives du fleuve y défilent lentement,

entrecoupées d'images, souvenirs éblouis de merveilleuses visions

d'une civilisation raffinée 

qui naquit un jour des eaux originelles.

 

Une vidéo à ne surtout pas regarder si vous êtes pressés par le temps ..

 

 

oooOOOooo

 

Au Fil du Nil
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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 19:45

 

 

Il n'est pas question ici de l'Egypte des Pharaons

aussi sublime soit-elle.

Il n'est pas question non plus de l'Egypte des grands hôtels internationaux.

Cette Egypte, c'est l'Egypte des ruelles du vieux Caire,

l'Egypte des villages écrasés de soleil de la vallée du Nil

où les murs racontent des histoires.

Une Egypte d'ombres et de lumières.

Une Egypte pudique, oubliée des touristes.

Chaque instant y est précieux.

Chaque scène fugitive y est un moment de grâce. 

Cette Egypte là révèle l'ouverture, la curiosité, la générosité,

la très grande gentillesse d'un peuple attachant.

Ces quelques clichés n'auraient pas été possibles sans la présence

aux côtés de notre petit groupe du photographe Denis Dailleux,

amoureux inconditionnel de ce pays.

Il a su nous faire partager sa passion

et nous en dévoiler un peu la face cachée.

 

Je lui exprime ici toute ma reconnaissance.

 

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Lumières d'Egypte
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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 23:52

 

Lorsqu'on descend le cours d'un fleuve et que l'on regarde la rive défiler lentement sous nos yeux, on a toujours l'impression que ce sont les berges qui glissent doucement, comme dans un film, alors que ce sont le fleuve et le bateau qui bougent.

Il nous semble que les gens sur la berge, les animaux, les maisons, les montagnes au loin se déplacent dans le sens contraire de notre marche, alors qu'ils sont immobiles.

En fait, ce sont les gens sur la berge, les animaux, les maisons, les montagnes au loin qui nous regardent passer.

Ils continueront à regarder le fleuve, même quand nous aurons disparu.

Nous aimerions aller à la rencontre de ces gens sur la berge, voir de près ces animaux, ces maisons, ces montagnes au loin, mais le fleuve ne s'arrête jamais. Il nous emporte et nous poursuivons inexorablement notre voyage.

 

La vidéo jointe déroule, au rythme lent du Fleuve, quelques souvenirs de beaux voyages effectués dans divers pays d'Afrique, d'Amérique et d'Asie.

 

" Tout ce que l'on voit passe avec le temps et rien de ce que nous voyons n'est stationnaire.

Le nom du Fleuve reste, mais l'eau s'est écoulée "   (Sénèque)

 

 

 

 

Au Fil du Fleuve
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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 08:34

 

Pour célébrer dignement mon arrivée dans la communauté des 'Bancs d'ici et d'ailleurs'  j'ai cru bon de rééditer un article publié il y a 3 ans, avant qu'Overblog ne nous prive du plaisir des partages communautaires.

J'espère,qu'il fera sourire les amoureux de ces complices de nos méditations et de nos balades.

 

Monsieur de la Pallice n'aurait pas manqué de le rappeler, les chaises et les bancs ont été créés pour que l'on s'assoie dessus.

 

Banc dans un parc

Banc dans un parc à Melbourne

 

A la différence de la grande majorité des animaux qui posent leur derrière n'importe où, les hommes partagent avec les grands primates la faculté de s'asseoir d'une manière agréable sur ces précieux auxiliaires mis à notre disposition pour notre confort.

 

singe assis

Singe assis, photo de Sandra Moreira, publiée dans l'Internaute du 15/09/2007

 

Il est un fait avéré que nous passons une très large partie de notre vie en position assise, mais croyez-vous vraiment que le Penseur de Rodin aurait pu méditer aussi profondément s'il était resté debout ??

 

le penseur de Rodin

'le Penseur', exemplaire de la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague

 

Bien sûr, il y a des cas extrêmes et nul n'est contraint de s'asseoir dans des conditions aussi inconfortables que celles représentées dans les célèbres photos prises par Charles Ebbets dans les années 1930 à l'occasion de la construction des premiers gratte-ciel new-yorkais.

 

la pause déjeuner

Charles Ebbets, 'la pause déjeuner', 29/09/1932

 

Le seul fait de regarder ces images ne vous met-il pas le coeur à l'envers.?

 

l'homme-planche

Charles Ebbets, 'l'homme-planche', 1932

 

Non, c'est plutôt lorsque, autour de soi, la vie ressemble à un vaste tourbillon, qu'il est bon de se poser un peu pour reprendre ses esprits.

 

P1080899

Melbourne, Hosier lane

 

Si la multiplication des suggestions du monde moderne vous déroute, alors rien de tel qu'un petit somme sur un banc pour redonner un sens à la vie.

 

'Solitude' - Banc public à La Défense.

Paris, quartier de la Défense

 

Si les ennuis quotidiens vous dominent de leur hauteur monstrueuse, une petite pose téléphone sera la bienvenue. .

 

P1080870

Melbourne, Hosier lane

 

Ces jeunes et accortes personnes l'ont bien compris, l'usage du portable est tout de même plus commode en position assise.

 

Océanie 3 140

Melbourne, le jour du Derby

 

Mais quand l'heure d'une retraite heureuse a sonné, un moment de repos bien mérité, au soleil, sur un rebord de pierre sera l'occasion d'une paisible confrontation avec ses souvenirs.

 

Camoglie 63

Italie, Camogli (GE)

 

Alors, si d'aventure un banc vous invite clairement à échapper, ne fut-ce qu'un instant, aux turpitudes de la vie de tous les jours, s'il vous plaît n'hésitez pas, asseyez-vous, et regardez autour de vous le monde poursuivre inlassablement sa course folle.

 

Bancal1

Paris, quartier de la Défense

 

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Du bien fondé d'être assis
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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 21:40

 

Ce serait un euphémisme de dire que les images dont l'Actualité nous abreuve quotidiennement, ne reflètent pas une vision particulièrement sereine du Monde qui nous entoure.

Notre Terre recèle pourtant d'infinies beautés dont la seule contemplation suffit à nous apaiser.

Ces quelques illustrations, fruit de mes pérégrinations à travers le Monde, n'ont pour objectif que de transmettre l'impression de sérénité que leur vision confère, moments suspendus, alors qu'autour tout n'est que bruit, agitation et fureur.

 

Brésil, sur le Rio Negro

 

 

Coucher de soleil sur les dunes du Namib

 

 

Petit matin dans la forêt amazonienne

 

 

Jour tranquille dans la région de Montpellier

 

 

Départ pour la pêche dans le golfe de Gênes

 

 

Birmanie, pêcheur sur la lac Inle

 

 

Chine, sur la Grande Muraille

 

 

Baleine à bosse au large de l'Afrique du Sud

 

 

Bali, le bain des chevaux au crépuscule

 

 

Laos, le repas des moines

 

Soirée paisible à Moorea, Polynésie française

 

 

Prairie ensoleillée et ruisseau quelque part en France

 

 

Italie, le lac Trasimène

 

 

Birmanie, retour de rizière

 

 

Chine, sur la rivière Li

 

 

Afrique du Sud, dans le jardin botanique du Cap

 

 

Tanzanie, crépuscule dans le parc de Chobe

 

 

Sérénité bouddhique dans un temple laotien

 

On pourrait ainsi multiplier à l'infini les exemples de la beauté du Monde. Il ne faudrait pas pour autant verser dans l'angélisme et ne regarder que le bon côté des choses,  car toute médaille a son revers qu'il serait bien imprudent et inconscient d'ignorer.

Le but de ces quelques images était simplement de montrer qu'il est toujours possible de trouver un peu de sérénité en contemplant le Monde, tout en sachant que derrière le plus paisible des paysages peut souvent se cacher une réalité bien cruelle.

 

 

Brésil, caîman dans un marécage du Pantanal

 

 

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Images d'un Monde Serein
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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 18:55

 

En visite dans les Parcs Nationaux de l'Ouest américain, après avoir admiré les beautés naturelles de Zion, s'être immergé dans la magie d'Antelope Canyon ou cheminé au coeur de la forêt pétrifiée de Bryce, on serait un peu tenté de douter que Mère Nature puisse encore nous laisser béats d'admiration..

Elle nous réserve pourtant la surprise de découvrir la plus extraordinaire, la plus gigantesque, la plus fantastique, la plus incroyable des merveilles ;

le Grand Canyon.

 

 

Le Grand Canyon, on a tous l'impression de déjà le connaître, tant son image est familière, mais lorsqu'il apparaît au détour de la route, on ne peut qu'avoir le souffle coupé.

 

 

On l' imaginait ocre, brun et rouge brique, et voilà que tout le paysage baigne dans une douce lumière bleutée dont les nuances délicates se fondent, à la limite du champ visuel, en un voile subtil qui nimbe les lointains reliefs.

 

 

Partout où le regard porte, ce ne sont qu'amoncellements de roches qui se chevauchent et s'entrechoquent. Des canyons débouchent sur d'autres canyons, à l'infini, dans ce qui semble être le résultat complexe d'un bouleversement minéral des premiers âges de la Terre.

 

 

Le Grand Canyon est immense, et l'on ressent vraiment sur place cette écrasante impression d'immensité.

Le Parc National, dans le Nord-Ouest de l'Arizona, couvre une superficie deux fois supérieure à celle du Luxembourg. et le Canyon principal s'y étire sur une longueur totale de 446 kilomètres. On estime que les roches les plus anciennes qui constituent son socle et affleurent en plusieurs endroits au fond du canyon, joliment qualifiées de 'shistes de Vishnou', sont âgées de 1 milliard 700 millions d'années !!

 

 

A titre de comparaison, la Colorado river, responsable du travail de sape qui l'a conduite à serpenter en un brillant ruban émeraude, prés de 2 kilomètres plus bas, n'est âgée que de 60 millions d'années, née après le soulèvement des Montagnes Rocheuses, alors que les ptérodactyles voletaient encore au-dessus des énormes herbivores et des méchants tigres à dents de sabre.

 

 

 

 

 

 

Façonné par la mer, la pluie, le vent et les fleuves, le Grand Canyon a aussi connu les soulèvements tectoniques, les secousses sismiques (45 tremblements de terre, rien qu'au 20ème siècle) et même les éruptions volcaniques (la dernière remontant tout de même au haut Moyen-Age, le nôtre, pas celui géologique).

 

 

Le résultat de tout cela est un mille-feuilles de 40 couches géologiques bien visibles, véritable livre ouvert sur l'histoire de la Terre, pour la plus grande joie des spécialistes..

 

 

C'est par égard sans doute pour l'âge vénérable de cet environnement minéral que bien des arbres, au bord du vide, se découvrent respectueusement.

 

 

 

Un spectacle aussi impressionnant et grandiose a naturellement donné naissance à des superstitions et des croyances, et les noms donnés à certaines formations remarquables reflètent l'imaginaire qu'a pu susciter leur aspect : Temple d'Isis, Pyramide de Chéops, Temple de Buddha, Ranch Fantôme ...

 

 

On pourrait croire, devant la majesté des lieux, tant, à l'échelle humaine, la disproportion est évidente, que jamais l'Homme ne pourra porter atteinte à une telle merveille de la Nature. Ce serait oublier que l'homme est un apprenti-sorcier.

Le Grand Canyon est incroyablement riche en minerais précieux et stratégiques. Dans les années 50/60, au plus fort de la Guerre Froide, 800,000 tonnes d'un minerai à très forte concentration d'uranium ont été extraites d'une mine située sur la rive Sud du Canyon. Les ouvriers, en majorité indiens, étaient descendus par benne dans des conditions acrobatiques et travaillaient dans l'excavation sans protection particulière. 

 

 

Les communautés indiennes, d'abord favorables à l'implantation des mines en considération des bénéfices procurés, ont ensuite pris conscience des risques sanitaires encourus et des pollutions engendrées, notamment concernant l'eau potable. Des analyses, effectuées sur des échantillons d'eau de la Colorado River, n'ont pas été particulièrement rassurantes !

 

 

Si la mine de la rive Sud, ainsi d'ailleurs que beaucoup d'autres, a été depuis démantelée, il en existe toujours plusieurs en activité, et le débat fait toujours rage entre défenseurs et opposants à une extension de l'extraction. Ce débat connait des hauts et des bas en fonction des fluctuations des marchés et du désir temporairement plus ou moins aigu d'indépendance énergétique.

 

 

Le site du Grand Canyon est inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO et reçoit chaque année près de 5 millions de visiteurs.

Dans la partie Ouest du Canyon, une grande passerelle à plancher de verre, en forme de fer à cheval, le 'Skywalk', surplombe le vide afin de donner aux touristes le grand frisson et l'illusion de planer 2 kilomètres au-dessus du Colorado. Cette construction dénature d'autant plus le site qu'il est prévu d'y adjoindre un hôtel-restaurant et un casino, mais, mis à part cette exception notoire, il faut admettre que, dans le reste du Parc, - et il est grand - l'impression d'un contact privilégié avec une Nature d'une extraordinaire beauté est toujours bien réelle.

 

 

Les visiteurs qui communient chaque soir à la Grand Messe du coucher du soleil sur ces témoins des origines de la Terre, ont-ils conscience que l'Homme, dans sa quête frénétique de Puissance et de Profit, pourrait bien, au final, libérer les démons qui sommeillent depuis tant de millions et de millions d'années au plus profond d'une aussi belle Nature ? 

 

 

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Grand Canyon. Les Premiers Matins du Monde.
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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 10:24

 

Erosion, érosion, que de folies commises en ton nom !

L'Ouest des Etats-Unis, c'est un fait reconnu, est prodigue en délires géologiques de tous ordres, mais là où cela frise la démence c'est bien dans Bryce Canyon, au Sud-Ouest de l'Utah.

Ce n'est pas à proprement parler un Canyon, mais plutôt une succession d'amphithéâtres s'étirant sur plus de 20 kilomètres, dans lesquels s'aligne un gigantesque jeu de quilles qui semble avoir été mis en place pour le divertissement de géants mythologiques.

 

 

Encore une fois, c'est la mer, dont nous sommes tous issus, qui est à l'origine de cette parade minérale. 

La mer, c'est connu, monte et descend, puis remonte et redescend, indéfiniment, Elle a fait cela au cours des ères géologiques alors qu'elle recouvrait puis abandonnait  la région, déposant à chaque fois une nouvelle couche de sédiments.

 

 

Après que la mer, il y a environ 40 à 60 millions d'années, eut fait place à des lacs intérieurs recouvrant ce qui était toujours un plateau, se déroula un phénomène que les éminents spécialistes ont qualifié de 'formation géologique de Clarion' consistant en dépôts successifs de roches sédimentaires, sables argiles et calcaires friables.

 

 

Quand le plateau se retrouva asséché, les deux compères que sont la pluie et le vent, qui n'attendaient que cela, se ruèrent  sur les parties les plus tendres de cet appétissant mille-feuilles et le grignotèrent à belles dents, patiemment, aidés en cela par l'alternance de froids et de chaleurs extrêmes qui faisait éclater des pans entiers de roche.

 

 

Etant donné que la partie supérieure du mille-feuilles est constituée par une roche plus dure, qui de ce fait sert de parapluie aux couches inférieures, l'érosion a sculpté ces étranges colonnes que, dans nos régions, on désigne sous le vocable de 'cheminées de fées' et auxquelles les américains ont donné le drôle de nom de 'hoodoos'.

 

 

Pas évident de saisir la subtilité du mot 'hoodoo'. Le verbe to hood signifie encapuchonner, ce qui pourrait le relier à l'aspect décidément phallique de certaines 'cheminées'. Mais 'hoodoo' ou 'oodoo' signifie aussi 'vaudou' et là, on entre dans une toute autre dimension, celle de l'aspect magique du site. 

 

 

Les indiens Paiute, qui habitaient la région avant l'arrivée des colons blancs, considéraient que ces rochers bizarres étaient les restes pétrifiés d'anciens êtres, punis pour avoir mal agi.

Nul doute que les fautifs devaient être bien nombreux, vu l'étendue du site. Quant à la blanche 'reine Victoria', il est tout de même improbable qu'elle ait été changée en pierre pour fautes commises au cours de son interminable règne !

 

 

Le charpentier Ebenezer Bryce qui, en 1875, s'établit dans la région et devait par la suite donner son nom au site, se souciait, lui, fort peu du prétendu mauvais sort qui entourait ces étranges formations. Avec le bon sens terre-à-terre des paysans, il aurait déclaré :

" Foutu endroit pour perdre une vache"

 

 

Dans la lumière du matin, les hoodoos, puisqu'il faut les appeler ainsi, revêtent, pour la plupart d'entre eux, une forte coloration rougeâtre due à la présence d'hématite, alors que d'autres adoptent des teintes allant du jaune soutenu au blanc diaphane en fonction de leur composition chimique..

 

 

L'envie devient alors pressante, puisqu'un arbre semble indiquer le chemin, d'aller voir en bas quelle magie se dissimule dans les méandres d'un tel labyrinthe.

 

 

La descente est longue, avec, chemin faisant , l'arrière-pensée qu'il faudra ensuite remonter dans la chaleur de midi, le souffle court, car on est quand même à 2000/2500 mètres d'altitude.

 

 

 

En bas, le spectacle est saisissant lorsqu'on se faufile entre les gigantesques hoodoos dont certains peuvent atteindre 35 mètres.

 

 

En approchant de la partie basse de l'amphithéâtre, la végétation, d'abord incapable de rivaliser avec les géants de pierre, finit par se mélanger à ceux-ci pour créer un paysage chaotique où le vert des feuillages vient atténuer quelque peu le grand chambardement minéral.

 

 

 

On pourrait croire ce paysage figé à jamais. Il n'en est rien. A une échelle sans commune mesure avec nos pauvres petites existences, l'érosion continue inlassablement son travail de sape. Les arches que l'on aperçoit dans la muraille ceinturant le site finiront par s'écrouler, libérant de nouveaux hoodoos, qui viendront s'ajouter à l'immobile parade de leurs congénères, tandis que de vieux hoodoos, autrefois majestueux, connaitront la déchéance et finiront simples monticules.

 

 

Ainsi va la vie géologique ! Mais la magie est bien réelle. Les êtres pétrifiés suivent de leur regard de pierre ces drôles de randonneurs assoiffés qui parcourent le fascinant décor, cet incroyable dédale que l'on croirait sorti tout droit d'une BD fantastique.

 

 

Et le fantastique est bien là. Tapi au plus profond du Canyon, un dragon veille. Il n'est pas franchement intimidant ce dragon, qui bat des ailes comme un chapon et dont les flammèches qu'il crachouille auraient bien du mal à déclancher un feu de brousailles, même par temps de grande sécheresse.

 

 

Qui peut pourtant prétendre qu'une fois l'obscurité venue, le petit dragon ne se transformera pas en un fabuleux animal ailé et qu'il ne s'en ira pas rejoindre les âmes errantes pétrifiées dont la plainte est parfois entendue au cours des nuits sans lune ?

 

 

Les hoodoos de Bryce Canyon font partie de l'imaginaire américain. Reconstitués en béton armé et peints de couleurs vives, ils constituent le décor de la plus célèbre des attractions des parcs Disneyland à travers le monde, la 'Big Thunder Mountain', des montagnes russes parcourues à une allure démente par un train fou qui emmène ses passagers épris de sensations fortes à travers une mine hantée, peuplée de bébêtes inquiétantes.

Magie toujours ...

 

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Les photos illustrant cet article sont de l'auteur, à l'exception de la dernière, qui est un cliché de Jeff Bergman. pris sur le site du parc Disneyland d'Orlando (Fl) et que l'on peut retrouver à l'adresse suivante:

www.dadsguidetowdw.com/big-thunder-mountain-railroad.html

 

Le Dragon de Bryce Canyon
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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 22:17

 

Les regards vides des fenêtres-miroirs reflètent un paysage de collines chauves sous un ciel sans nuages.

 

 

La lumière est crue en ce début d'été, l'air est sec et le chaleur de midi paraît engourdir ces étranges maisons de bois éparpillées un peu partout aux alentours.

 

 

Qu'on ne s'y trompe pas cependant. La belle saison est ici, sur les contreforts de la Sierra Nevada en Californie, de courte durée. On est à 2.500 m d'altitude. Les hivers sont rudes et il arrive parfois qu'il tombe tellement de neige que la seule route d'accès devienne totalement impraticable.

 

 

Bodie, la plus célèbre des cités minières fantômes de l'Ouest des Etats-Unis, lorsque les derniers touristes ont regagné leurs véhicules, se mure dans un épais silence, troublé seulement par le sifflement du vent, descendu des collines sans arbres qui l'entourent de toutes parts.

 

 

Les derniers habitants de Bodie (ils étaient 3 en 1943) abandonnèrent la ville dans les années 1940, mais le déclin avait commencé bien avant, dès la fin du 19ème siècle alors que l'annonce de la découverte de nouveaux filons dans d'autres régions incitait nombre de mineurs à miser ailleurs sur leur bonne étoile.

Au plus fort de l'exploitation aurifère, dans les années 1870, la ville comptait près de 10.000 habitants et comportait environ 2.000 maisons. Aujourd'hui, 170 bâtiments, plus ou moins de guingois, plus ou moins branlants, sont encore debout. 

 

 

A la grande époque, la rue principale, qui s'étirait sur 2 kms, ne comptait pas moins de 65 saloons !! Il y avait une banque, un bureau de poste, 4 postes de pompiers volontaires, une école, des boutiques, des magasins, des ateliers, un gymnase, une voie ferrée, une centrale électrique, un journal, une prison, les bureaux des syndicats, un cimetière très fréquenté, une salle de bal, un quartier chinois, et bien sûr des tripots et des bordels...mais pas d'église.

D'où le mythe longtemps entretenu de la petite fille qui, apprenant que ses parents décidaient de déménager pour Bodie, avait ajouté à ses prières du soir ; "Adieu Seigneur, nous partons pour Bodie"..

 

 

Ce n'est qu'en 1880 que fut érigée l'église Méthodiste, qui est toujours visible. Sa construction eut lieu alors que la ville recouvrait un aspect plus familial après le départ des 'mineurs d'un jour' attirés par les nouvelles découvertes et leurs prometteuses pépites.  

 

 

Il faut dire que la réputation de Bodie, archétype d'un Ouest sauvage et sans foi ni loi n'était plus à faire. Meurtres, agressions en tous genres, vols à main armées, attaques de banques et de diligences (il fallait bien transporter l'or qui était extrait) étaient monnaie courante, sans compter la prostitution et les ravages de l'alcool, de l'héroïne et de l'opium.

Une plaisanterie courante à San Francisco était de dire qu'il était impossible de traverser une rue de Bodie sans qu'une balle aille transpercer votre chapeau. Le panneau 'Shell' à la station d'essence porte encore aujourd'hui des traces d'impact !

 

 

Si, à la différence d'autres lieux comme Tombstone ou Dodge City, Bodie n'eut pas le "privilège" de voir un Wyatt Earp ou Doc Holliday arpenter les rues de la ville et dégainer plus vite que son ombre, elle fut à l'origine d'une expression, le "Bad Man from Bodie" qui, dans toute l'Amérique désigna bientôt un individu peu recommendable, truand, ruffian, bagarreur et éventuellement meurtrier de sang froid.

 

 

Aujourd'hui, on peut traverser la ville désertée sans essuyer le feu d'un tireur embusqué. En 1962, Bodie a été déclarée Parc Historique d'Etat et maintenue dans un état de 'délabrement arrêté', l'intérieur des bâtiments étant laissé tel que lors de son abandon.

 

 

Les grands chariots et les élégantes calèches ne brinquebalent plus à travers la ville en soulevant des nuages de poussière.

 

 

 

A travers les vitres salies, on distingue d'émouvants vestiges, objets du quotidien pour lesquels le temps s'est arrêté et que personne n'ose toucher, comme si une catastrophe nucléaire était soudain venue éradiquer toute vie à la surface de la terre. 

 

 

 

 

 

 

Les fenêtres-miroirs regardent des rues vides et leurs rideaux dépenaillés semblent évoquer les fantômes du passé.

 

 

Ces fantômes, je crois qu'ils rôdent toujours autour des bâtisses dont les planchers craquent sous les pieds de manière inquiètante, à commencer par Wakeman S. Body, l'un des quatre prospecteurs qui découvrirent en 1868 le premier filon en ce lieu qui, avec une légère déformation, portera par la suite son nom. Il s'était construit une barraque dans ce qui devait devenir Green Street. On retrouva son corps congelé peu de temps après pour avoir tenté de s'approvisionner dans une agglomération voisine un jour de méchant blizzard.

 

 

Comment ne pas évoquer Madame Mustache, flamboyante tenancière de tripots et accessoirement pourvoyeuse de filles de joie, de son vrai nom Eleanor Dumont, d'origine française, ainsi nommée parce qu'une fine pilosité ornait sa lèvre supérieure. Elle avait traîné ses guètres dans tout l'Ouest sauvage et acquis une solide réputation de femme généreuse. On disait qu'elle terminait ses parties de cartes en offrant un verre de lait au malheureux joueur qui se mesurait à elle et le faisait raccompagner jusqu'à son domicile où il devait affronter son épouse. 

 

 

Au soir du 9 Septembre 1879, Madame Mustache eut un gros revers de fortune dans l'établissement 'Le Magnolia' qu'elle gérait à Bodie. Elle sortit et marcha en direction des collines. Au petit matin, on retrouva son corps, auprès duquel il y avait un flacon d'héroine avec un petit mot disant qu'elle en avait assez de vivre.

 

 

Les habitants de Bodie étaient plutôt blasés en matière d'enterrements mais celui de Madame Mustache dépassa de loin en grandeur tout ce qui avait été fait auparavant. On fit spécialement venir pour l'occasion un superbe corbillard de Carson City à plus de 200 kms de là et l'assistance à la cérémonie fut exceptionnelle.

Et Rosa May, la prostituée au grand coeur, fille d'immigrés irlandais. Son fantôme aussi doit errer la nuit dans le vent des collines. Elle soigna sans relâche les mineurs durant une terrible épidémie avant d'être elle-même emportée par la maladie pendant l'hiver 1911/1912.

 

 

Bien des fantômes hélas ne sont pas recommendables, tel ce bon à rien de Washoe Pete dont l'histoire fut rapportée en 1878 dans le 'San Francisco Argonaut'. Hâbleur, bagarreur, sortant Colt ou couteau pour un rien, il s'en prit un jour, dans l'un des multiples saloons de Bodie, à un petit expert des Mines, chétif et timide, qui buvait tranquillement sa bière sans rien demander à personne. Tout Bodie en fit des gorges chaudes lorsque le petit expert envoya le malotru au tapis d'un magistral uppercut et offrit ensuite à l'assistance une tournée générale.

 

 

Le 15 Janvier 1878, John Bresnan et James Blair inauguraient la longue série des homicides en s'entretuant mutuellement. Des centaines et des centaines devaient suivre, faisant de Bodie la ville maudite dont la réputation sulfureuse allait bientôt dépasser de très loin les frontières de l'Etat.

 

 

A présent, le silence et le vent ont pris la place des réglements de comptes, mais la légende de Bodie perdure et les superstitieux croient toujours percevoir la présence d'âmes errantes dans ce qui reste de la mythique ville-frontière du temps de la ruée vers l'or.

 

 

Certains parlent même de la 'Malédiction de Bodie' qui voudrait que quiconque ramasse un objet-souvenir, même un clou, au cours de la visite du site, encourt ensuite les pires calamités.

Les rangers qui assurent la sécurité et l'entretien des lieux, admettent recevoir régulièrement des lettres, accompagnées de paquets, dans lesquelles d'anciens visiteurs s'excusent sincérement de leur larçin et retournent de menus objets 'collectés' lors de leur passage, avec l'espoir de mettre ainsi fin à la série de malheurs qui n'a cessé de les frapper depuis.  

 

 

Quoi qu'il en soit, Bodie, la ville-fantôme, demeure un endroit fascinant qui marque l'esprit de toute personne qui le visite. C'est un lieu magique qui ne laisse pas indifférent et où l'impression de temps suspendu fait qu'on s'attend, à chaque instant, à voir apparaître, au détour d'un bâtiment décrépi, quelques uns de ces personnages hauts en couleurs,que le cinéma a rendu familiers et qui firent les beaux jours de l'Ouest sauvage.

 

 

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Les photos de cet article ont été prises par l'auteur sur le site.

Je suis en outre redevable à l'historien américain Michael H. Piatt, spécialiste de Bodie, pour les anecdotes concernant quelques personnages qui vécurent plus ou moins brièvement à Bodie. Il est l'auteur d'un ouvrage intitulé :' Bodie "The Mines are Looking Well".

La photo d'époque représente Warren Loose, propriétaire de la première des 9 usines de concassage du minerai d'or de Bodie, et sa femme. Elle est datée de 1903 et figure dans l'ouvrage de M.H.Piatt...

 

Les Fantômes de Bodie
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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 18:30

 

De l'extérieur, on ne soupçonne même pas son existence. On est au mois de Juin, sur le territoire de la nation Navajo, au nord de l'Arizona. Il fait chaud, le ciel étale un bleu intégral au-dessus d'un paysage semi-désertique.

 

 

Et pourtant, là-dessous se trouve une merveille géologique, une cathédrale de l'érosion, le réseau de failles le plus photographié au monde, que des milliers et des milliers de touristes, dûment chapitrés par leurs guides indiens, parcourent chaque année, émerveillés de réussir des clichés aux couleurs tellement irréelles qu'elles semblent le produit d'un usage irraisonné de Photoshop.

 

 

Après s'être glissé dans une fente de la roche que rien ne semble particulièrement distinguer, voilà qu'on se retrouve, quelques mètres plus bas, au beau milieu d'un incroyable chaos minéral où la lumière, en cette fin de matinée, versée depuis le sommet de la fente, éveille d'infinies nuances de jaune, d'orangé, d'ocre, de mauve et de violet.

 

   

 

Mais ce qui frappe le plus, c'est la douceur des formes. La pierre, en fait un grès particulier, le 'Navajo soft stone', est polie à l'extrême, paraît littéralement onduler, couler, refluer, se lover en vagues sensuelles.

 

 

 

 

 

 

L'air, à l'intérieur du canyon, est incroyablement sec, il faut s'hydrater continuellement, et cependant l'impression dominante est celle d'une immersion dans un monde sous-marin où la clarté venue de la surface crée d'improbables irisations.

 

 

Les plongeurs en eau profonde doivent ressentir des sensations similaires. On a peine à imaginer que c'est pourtant l'eau, une eau tumultueuse et dévastatrice, qui, au long de millions et de millions d'années, a sculpté ces vagues immobiles et ces tourbillons figés.

 

 

 

Si le mois de Juin est normalement celui où l'hygrométrie est la plus faible, il n'en va pas de même le reste de l'année. La région connait de fréquents orages qui peuvent éclater soudainement avec une rare violence. Les pluies torrentielles qui en résultent remplissent d'abord les réservoirs naturels qui, une fois saturés, déversent brutalement un flot impétueux dans les canyons que ces mêmes pluies ont patiemment façonné dans la roche tendre au cours des millénaires.

 

 

Ce phénomène a un nom. On appelle cela des 'flash floods', des crues subites. Elles peuvent survenir alors que l'orage a frappé a des kilomètres de distance. Un flot boueux, chargé de débris, dont on a dit qu'il avait la couleur et la densité du chocolat, submerge alors ces canyons à fente, poursuivant sa route vers le lac Powell proche, sapant et érodant un peu plus à chaque passage les obstacles rocheux, jusqu'à leur donner cet aspect fantasmagorique et ce poli extrême propre à faire douter de la réalité minérale de ces épanchements aux couleurs subtiles.

 

 

Ces crues subites sont bien sûr un réel danger. A l'entrée du 'Lower Canyon', une plaque commémorative rappelle le tragique accident survenu le 12 Août 1997 où un groupe de 12 personnes fut surpris à l'intérieur du canyon par un tel événement. Il y eut 11 morts, dont sept touristes français et 2 corps ne furent jamais retrouvés. Depuis, les précautions sont extrêmes et l'accès au site est interdit en cas de menace d'orage.

 

 

C'est donc en toute sécurité que les touristes d'aujourd'hui peuvent parcourir ces étroits passages et s'émerveiller des couleurs irréelles que la lumière fait naître sur les parois, hautes, dans le 'Upper Canyon', jusqu'à 35 mètres. Il parait qu'il y a bien longtemps, des troupeaux d'antilopes vagabondaient dans les parages et empruntaient ces boyaux pour aller se désaltérer dans le lac Powell, d'où le nom. 

 

 

A l'approche de la sortie, les teintes subtiles sont gommées par le dur soleil, et la magie s'efface. On émerge enfin, tout étourdi par cet incroyable spectacle donné par la Nature et que rien ne laissait présager dans ce paysage âpre et désolé.

 

 

On a prétendu que le Lower Canyon fut découvert accidentellement en 1931 par une bergère indienne partie à la recherche d'un mouton égaré. Il semble infiniment plus vraisemblable que les Navajos connaissaient l'existence de ces canyons depuis fort longtemps et qu'ils considéraient ces merveilles de la nature comme des endroits sacrés. Ils nomment d'ailleurs dans leur langue le Upper Canyon 'Le Lieu où l'eau coule à travers les rochers' et assurent toujours avec le plus grand respect l'entretien des sites.

 

 

On peut imaginer sans peine la crainte admirative qui étreignait les premiers Navajos lorsqu'ils pénétrèrent dans ces lieux magiques où l'âme, comme la roche, est mise à nu, 

 

 

lls y retrouvaient peut-être le lien originel qui les reliait au Grand Créateur, celui qui animait les arbres, les roches, la terre, l'eau et le ciel. La nuit venue, tout disparaissait, mais, quand le lendemain le soleil revenait à l'aplomb des fissures, le prodigieux spectacle était renouvelé, merveilleux témoignage de la grandeur d'une Nature avec laquelle ils se sentaient si proches,  

 

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Antelope Canyon
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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 18:48

 

De ce côté-ci du monde, trois jeunes garçons ont pris pour habitude de se retrouver sur les rochers au bord du rivage et de regarder la mer.

 

Three boys on the shore - Aquarelle et gouache de Winslow Homer - 1873

Ils peuvent ainsi passer de longues heures à contempler le mouvement des vagues et les continuels changements de la couleur de l'eau, au gré des caprices du ciel et des nuages.

 

Voilier dans le port de Gênes

On les trouve aussi souvent sur les quais du port, en arrêt devant les beaux voiliers à l'ancre dont les flancs rebondis sont à eux seuls une irrésistible invitation au voyage.

 

Les Devoirs - Aquarelle de Winslow Homer - 1874

Chacun d'eux a lu et relu les récits des hardis navigateurs partis explorer les territoires inconnus des Mers du Sud à la recherche des derniers cannibales. Ils ont répété cent fois ces noms magiques évocateurs de lagons émeraude et de palmes bruissant au vent des alizés : baie de l'Astrolabe, péninsule de la Gazelle, archipel de Nouvelle Bretagne....

 

Masque-casque du Vanuatu - île de Malekula

Ils ont couru voir au Musée ces drôles d'objets que des intrépides voyageurs ont rapporté des îles de cendre et de corail.

 

La Korrigane - Navire de l'expédition d'Etienne de Ganay - 1935

Tandis qu'ils regardent la mer, leur imagination les embarque à bord de ces élégantes goëlettes que de fringants aristocrates ont menées au bord du monde connu.

 

Mouillage à Moorea

Ils abordent à leur tour des rivages parfumés où l'eau transparente laisse entrevoir des poissons aux couleurs extravagantes.

 

 

Paysage à Moorea

Ils découvrent la douceur de vivre au beau milieu d'une végétation luxuriante.

 

Paysage aux Samoa

Des sources bienfaisantes abondent dans les forêts que des oiseaux multicolores animent de leurs chants tandis que des papillons géants virevoltent dans la canopée.

 

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Costume de danse rituelle de l'archipel Bismarck

Des danseurs masqués, autrefois mangeurs d'hommes, débarquent à l'aube sur la grève  et partent en procession pour d'étranges cérémonies...

 

Trois garçons au bord de la mer - Aquarelle de J.J.Chen - 1997

Alors que nos amis rêvent d'Océanie, de l'autre côté du monde, trois jeunes garçons ont pris pour habitude de se retrouver dans une pirogue abandonnée au bord du rivage et de regarder la mer.

Ils peuvent ainsi passer de longues heures à contempler le mouvement des vagues et les variations de la couleur de l'eau, au gré des caprices du ciel et des nuages.

 

Sur les quais de Sydney

Ils ont lu dans les magazines qu'il existe des villes où les maisons sont hautes comme des montagnes.

 

Times Square - New York

Il parait même que dans ces villes l'activité ne s'arrête jamais et que la nuit les rues sont une débauche de lumière et de bruit.

 

Alexandre Kossolapov - 'Times Square - Lenin - Coca Cola' Huile sur toile - 1999

Là-bas, tout le monde possède une voiture et on peut trouver à chaque coin de rue tout ce qui est nécessaire pour rendre la vie plus facile, du réfrigérateur au Coca Cola.

 

​Alain Bublex - 'Plan Voisin de Paris - V2 circulaire secteur' (det)

Les gens habitent dans des grandes tours où ils disposent de toutes sortes d'équipements modernes qui accomplissent à leur place les tâches quotidiennes.

 

Wuhan - Chine

De leur fenêtre, ils peuvent avoir une vue d'ensemble sur la ville qui s'agrandit et s'agrandit toujours jusqu'à contenir des millions d'habitants...

 

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Sur la côte thailandaise

La mer est une belle insensible. Elle pousse inlassablement ses vagues à l'assaut de villes tentaculaires ou d'ilôts perdus d'archipels oublés

 

Australie - détroit de Bass

Elle poursuit indéfiniment ses voyages d'une extrêmité du monde à l'autre et les rêves qu'elle charrie se croisent au large dans l'immensité indifférente.

 

Australie - côte de l'état de Victoria

Peu d'entre eux parviendront à bon port, mais tant que la mer poursuivra ses voyages, il y aura toujours, à une extrêmité du monde, un jeune garçon qui se rendra sur le rivage et regardera l'horizon.

 

'Waiting for Dad' - Aquarelle et gouache de Winslow Homer - 1873

Il pourra rester ainsi des heures à contempler le mouvement des vagues et les variations de la couleur de l'eau, au gré des caprices du ciel et des nuages.

 

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Les garçons qui regardent la mer
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