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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 18:36

 

La belle déesse Durgâ, Durgâ Mâ, la Déesse Mère, déesse de l'énergie et du pouvoir, est vénérée partout en Inde et la grande fête qui lui est consacrée à l'automne, la Durgâ Pûjâ, donne lieu à de grandes célébrations festives, mais c'est dans l'Etat du Bengale et particulièrement dans sa capitale, Calcutta (Kolkata), que ces célébrations revêtent une ampleur et une intensité inégalées.

 

 

 

Bien des mois avant l'événement, les sculpteurs ont rivalisé d'adresse et d'ingéniosité pour réaliser des effigies, toutes plus belles les unes que les autres, qui sont ensuite recouvertes d'habits somptueux et parées de paillettes et de bijoux étincelants, et la rivalité est grande entre quartiers, à qui possédera la plus belle, la plus grande et la plus resplendissante des déesses.

 

 

Les effigies, une fois réalisées, sont exposées, pendant la période festive, dans les différents quartiers de la ville, soit dans des structures permanentes, soit dans des installations temporaires, souvent des tentes, les pandals, qui seront démontées après la fête. On prétend qu'ii y a jusqu'à 2000 pandals à Calcutta pendant la Durgâ Pûjâ.

 

 

C'est en famille, le soir de préférence, quand la ville resplendit sous un déluge de guirlandes lumineuses qui dévalent en cascade de la plupart des bâtiments, que l'on se rend dans les principaux pandals, au milieu d'une joyeuse bousculade, pour admirer les plus belles réalisations.

 

 

Bien sûr, tous les quartiers ne peuvent pas s'offrir ces extraordinaires effigies, mais la vénération dont Durgâ Mâ fait l'objet et la ferveur avec laquelle elle est partout honorée font du moindre petit autel de rue un lieu d'intense recueillement.

 

 

ll y a bien longtemps de cela, un horrible démon, Mahishâsura, massacrait les Dieux et mettait en péril leur souveraineté et l'équiibre de l'Univers. Comme il ne pouvait être vaincu que par une puissance féminine, les Dieux firent apparaître Durgâ et la dotèrent d'armes terribles afin de lui permettre de vaincre le démon et les pulsions du mal. Tous contribuèrent  Shiva fournit le trident, Vishnu, le disque magique, le Dieu du Feu, la lance, le Dieu du Vent, les flèches...Himalaya, le Dieu des Montagnes, offrit à la belle guerrière un superbe Lion pour l'aider dans son entreprise. 

 

 

 

Chevauchant le lion rugissant et brandissant ses armes avec ses bras multiples, Durgâ triompha du démon dont elle transperça finalement le coeur avec son trident, ramenant ainsi la Paix, l'Harmonie, la Joie et l'Amour dans l'Univers.

 

 

Belle et séduisante, incarnation divine au féminin, à la fois combattante et Mère suprême, elle est aussi gentille épouse, symbole de l'unité familiale et est couramment implorée pour remèdier aux dfficultés de la vie quotidienne. C'est pour toutes ces raisons que les femmes la vénèrent tout particulièrement.

 

 

Aussi, avant que les idoles ne soient amenées au Fleuve au dernier jour de la Fête, les Femmes, de tous âges et de toute condition, revêtent leur plus beau sari et se rendent aux lieux où sont exposées les idoles, pour déposer des offrandes à leurs pieds et appliquer sur les représentations de la déesse et des divinités qui l'accompagnent (Ganesha à tête d'éléphant, le Seigneur des Obstacles, n'est jamais bien loin), des marques de sindur,la poudre vermillon.

 

 

On peut voir alors, un peu partout, les femmes mariées exprimer leur joie, danser, et s'appliquer généreusement des marques de vermillon sur le front et les joues, censées conférer bonheur et longévité à leur condition d'épouse et de mère.

 

 

Au cinquième jour, la déesse est conduite en procession vers le Fleuve où elle sera immergée.

 

 

Les idoles les plus importantes sont transportées à dos d'homme sur des perches de bambou, souvent accompagnées d'une fanfare, au milieu d'une joyeuse bousculade, mais.la grande majorité d'entre elles arrive des différents quartiers sur des camions, en une file ininterrompue qui se prolongera tard dans la nuit.

 

 

Chaque idole est accompagnée de ses fervents adorateurs et, une fois le camion parvenu en haut des marches qui mènent à l'Hooghly, un bras du Gange qui arrose Calcutta, le déchargement de la déesse donne lieu à des scènes d'effervescence et de liesse

 

 

 

 

A peine déchargées des camions, les porteurs des idoles leur font accomplir cinq tours traditionnels au milieu d'une foule enthousiaste, tandis qu'au son du tambour, les femmes exécutent quelques pas de danse.

 

 

 

 

Vient ensuite la descente des marches jusqu'au fleuve, qui donne lieu à une belle bousculade, chacun tentant  d'immortaliser l'image de la Déesse avant qu'elle ne bascule dans les flots 

 

 

 

L'excitation est à son comble et on s'efforce de toucher une dernière fois le visage de la divinité avant qu'elle n'entreprenne son voyage.

 

 

Pendant ce temps, un peu plus loin, avec d'infinies précautions, les hommes ont déposé une effigie géante sur une embarcation. Parvenue au milieu du fleuve, ils la font basculer dans l'eau limoneuse au moyen de longues perches de bambou. En un instant elle a disparu et une longue clameur salue le départ de Mâ Durgâ pour le voyage qui la raménera auprès de ses parents, là-bas dans les montagnes de l'Himalaya.

 

 

Sur la rive  l'émotion étreint les spectateurs. On prie pour que Durgâ, après son court séjour parmi les hommes, revienne à nouveau l'an prochain pour triompher du Mal et apporter à tous santé et prospérité.

 

 

Entre deux arrivées d'idoles, on va s'immerger dans le fleuve et on s'asperge copieusement d'eau sacrée.. au grand dam des caméras qui fixent la scène.

 

 

 

Déjà une autre idole étincelante est prête pour le grand voyage aquatique, bientôt suivie par le gentil et fidèle Ganesha, le compagnon de toujours.

 

 

En se faufilant hardiment dans la mêlée et en jouant habilement des coudes, on a encore une petite chance d'entrevoir ce monde merveilleux et coloré de dieux et de déesses avant qu'il ne s'abîme définitivement dans l'eau trouble.

 

 

Demain, les pandals auront été démontés. Au carrefour, l'Homme - Cheval attendra comme chaque jour, avec résignation, d'hypothétiques clients.

 

 

Sur les murs rongés d'humidité, des panneaux publicitaires rappeleront la grande fête célébrée en l'honneur de la Déesse aux yeux immenses qui revient chaque année à l'automne pour sauver le Monde du chaos.

 

 

oooOOOooo

Et le cinquième jour, Durgâ s'en retourna au Fleuve
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Published by Jean-François - dans Voyages - Inde
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