Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 23:15

 

Non, non, je vous assure, vous auriez bien tort de penser que je vous convie au tournage d'une scène de film érotique.

 

 

Nous sommes à Kumartuli, le quartier des sculpteurs de Calcutta, et cet alignement surréaliste de mannequins dévêtus est le fruit du travail de ces artisans qui préparent d'arrache-pied un prochain festival.

 

 

Etant donné que l'Inde doit détenir le record du monde du nombre de célébrations festives au cours d'une même année, le travail assurément ne manque pas et il régne toujours une grande activité dans ce quartier si particulier.

 

 

De prime abord on est un peu surpris quand on aborde le quartier par cet ensemble hétéroclite de barraques dont la plupart ne sont qu'un assemblage fragile de bambous et de toiles de tente.

 

 

Mais qu'on ne s'y trompe pas, c'est d'un gros business qu'il s'agit là et les commandes affluent de toutes parts: festivals, cérémonies religieuses de toutes confessions, ornementation des temples et églises, commandes publiques et privées, expéditions dans le monde entier car la diaspora indienne couvre les cinq continents.

 

 

Et ici, on est éclectique et tout à fait capable de s'adapter à une demande extérieure aux représentations codifiées des dieux et déesses du panthéon hindouiste.

 

 

 

Mais revenons aux jolies déesses qui nous avaient troublées d'entrée. Tout est parti d'un squelette en bambou que le sculpteur a recouvert d'un assemblage de paille et d'argile pour lui donner la forme que la statue devra, selon des codes précis, recouvrer une fois achevée.

 

 

Ensuite viendra le stade du séchage.

 

 

 

Auquel succédera, passé le temps nécessaire, l'opération de mise en peinture.

 

 

C'est alors qu'interviendra la phase du maquillage. Les sculpteurs se transmettent leur savoir-faire de génération en génération, mais c'est généralement au plus ancien que reviendra l'honneur d'effectuer cette opération.

 

 

Enfin, viendra le temps des dernières retouches,avant que les effigies ne soient parées et revêtues de saris somptueux.

 

 

Une fois achevées, les jolies déesses ( en l'occurence des représentations de Lakshmi  l'épouse de Vishnu, reconnaissables à la chouette qui leur tient compagnie), seront prêtes à recevoir l'hommage éperdu et fervent de leurs fidèles.

 

 

Avant de quitter ce quartier fascinant et de replonger dans le maëlstrom du trafic de Calcutta, jettons encore un oeil indiscret sur quelques échoppes alentour où se côtoient les créations les plus diverses.

 

 

 

Mais là, dans ce recoin, en attente de finition, ne serait-ce pas Dûrga chevauchant une lionne, Dûrga l'inaccessible, à la beauté surnaturelle, Dûrga la Déesse Mère, aux huit bras et aux trois yeux, guerrière terrible mais aussi garante de la paix dans l'Univers ?

 

 

 

Dûrga est vénérée partout en Inde, mais plus encore au Bengale et particulièrement à Calcutta, où les célébrations qui se déroulent en automne en son honneur donnent lieu à une fête énorme, inoubliable, la Dûrga Puja.

Elle devrait faire l'objet d'un prochain article.

 

oooOOOooo

Les Sculpteurs de déesses.
Repost 0
Published by Jean-François - dans Voyages
commenter cet article
4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 16:05

Cela faisait des lustres que je rêvais de visiter le palais Chhota Imambara à Lucknow dans le nord de l'Inde, cette capitale de l'état de l'Uttar Pradesh bien souvent ignorée des circuits touristiques.

Vu du bassin central, il faut reconnaître que l'architecture du palais, de style indo-islamique, est indéniablement élégante.

 

 

Flanqué de deux mini reproductions en plâtre blanc du Taj Mahal, l'ensemble dégage sans conteste une certaine grandeur.

 

 

 

La façade, ornée de superbes calligraphies en arabesques de marbre est admirablement sculptée.

 

 

Mais, direz-vous, pourquoi ce palais plutôt qu'un autre, dans ce pays qui regorge de monuments plus merveilleux les uns que les autres ?

La réponse est simple, je suis un inconditionnel du LUSTRE !

 

 

A peine franchi le seuil (inutile de lustrer ses chaussures pour l'occasion, il faut les laisser à l'extérieur..) on pénétre sous une voûte scintillante faite de dizaines et de dizaines de lustres, chandeliers et luminaires en tous genres.

 

 

Dans toutes les pièces, une cascade, que dis-je, une cataracte de perles de verre, de gouttelettes, de chapelets, de stalactites, de boules cristallines, de tentacules opalescents est déversée depuis le plafond sur le visiteur abasourdi.

 

 

 

Et comme on est en Inde, patrie incontestée de la couleur, l'oeil se perd dans un chatoiement multicolore, kaléidoscope qui fait écho aux couleurs vives des tapis, des murs et du plafond du palais.

 

 

Pour couronner le tout, des miroirs aux encadrements d'or fin, placés au coin de chaque pièce, renvoient à l'envie, l'image de ce déferlement scintillant.

 

 

 

Et n'oublions pas les appliques murales, plus discrètes, qui égrennent leurs perles brillantes dans les recoins, les encoignures, qui auraient autrement échappé au déluge cristallin ambiant.

 

 

Ce palais, on le comprend aisément, a été souvent décrit comme 'le Palais des Lumières'. Sa construction a démarré en 1838, à l'initiative du nabab - éclairé - Mohammed Ali Shah, l'un de ces seigneurs musulmans d'origine shiite persane qui contrôlèrent la région à partir du déclin des princes moghols... avec la bénédiction des autorités britanniques.

 

   

 

Il se trouve qu'en 1838, une effroyable famine sévissait dans la région. Le mérite revient à l'illustre nabab d'avoir instauré avant l'heure un programme 'Travail contre Nourriture' qui permit à des milliers d'ouvriers employés à la construction de l'ouvrage - et à leur famille - de ne pas mourir de faim.

 

 

Il convient de préciser toutefois qu'alors que les simples ouvriers travaillaient le jour quand la température flirtait allégrement avec les 50°, les gens de plus noble extraction travaillaient eux la nuit.. à la fraiche.

 

 

Ceci dit, le palais fut achevé en 1842 et servit en fin de compte de mausolée au nabab dont le tombeau, ainsi que ceux de son épouse et de ses enfants, se trouve dans le palais même.

 

 

Entretemps , ce seigneur épris de luxe et de lustres avait eu l'idée lumineuse de faire venir d'Europe (principalement de Belgique nous dit-on) ces chandeliers extraordinaires et multicolores.

 

 

On imagine sans peine les fêtes somptueuses qui ont pu se dérouler dans cet éblouissant environnement.

 

 

Allons, un dernier lustre pour la route ??

 

 

oooOOOooo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un Palais qui a du lustre
Repost 0
Published by Jean-François - dans Voyages
commenter cet article

Présentation

  • : Mémoire de Rivages
  • Mémoire de Rivages
  • : Pourquoi ce blog? Pour ne pas oublier tous ces rivages, proches ou lointains, que j'ai connus, pour faire partager ces regards, ces visions, ces impressions fugaces, ces moments suspendus et qui ne se reproduiront plus, pour le plaisir de montrer des images et d'inventer des histoires, pour rêver tout simplement..
  • Contact

Profil

  • Jean-François
  • Amoureux invétéré des voyages, des tropiques, des bords de mer, des jardins, de la nature, de l'art etc.. etc..
  • Amoureux invétéré des voyages, des tropiques, des bords de mer, des jardins, de la nature, de l'art etc.. etc..

Recherche

Catégories